Loeb: "Ogier ? On m'a demandé mon avis"

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Loeb: "Ogier ? On m'a demandé mon avis"
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Sébastien Loeb s'est exprimé ce mercredi lors du bilan de fin de saison de Citroën sur son huitième sacre de champion du monde, "peut-être le plus dur sportivement" à aller chercher selon lui. L'Alsacien revient également sur les tensions vécues avec Sébastien Ogier et qui ont conduit au départ de son coéquipier, remplacé par Mikko Hirvonen.

Sébastien Loeb s'est exprimé ce mercredi lors du bilan de fin de saison de Citroën sur son huitième sacre de champion du monde, "peut-être le plus dur sportivement" à aller chercher selon lui. L'Alsacien revient également sur les tensions vécues avec Sébastien Ogier et qui ont conduit au départ de son coéquipier, remplacé par Mikko Hirvonen. Sébastien, le huitième titre est en poche mais cela a été dur jusqu'au bout. Que gardez-vous de cette saison 2011 ? Ça a plutôt bien démarré mais c'était très serré avec trois, quatre pilotes à se battre pour la victoire alors que les dernières saisons étaient plutôt sous forme de duel. Il a fallu aller chercher ces victoires. Il a fallu repartir de zéro après la France. J'étais confiant mais je savais qu'on pouvait perdre le titre à tout moment et j'ai donc essayé de faire abstraction de toute cette pression. Jusque-là, je retenais vraiment deux titres, le premier car c'était l'aboutissement du rêve et celui de l'an dernier où l'on assure le titre en France devant notre public, nos amis. Celui-là a peut-être été le plus dur sportivement. Où réside votre envie de continuer malgré ces huit titres consécutifs ? Je ne sais pas. J'aime ce que je fais, je prends du plaisir en rallye. Quand je suis au départ d'une spéciale, j'ai un esprit de compétition, j'ai envie de gagner parce que, quand je fais quelque chose, je le fais correctement. Je n'ai pas besoin de motivation particulière. Durant la saison, j'ai pris conscience que j'avais toujours les moyens de gagner, la possibilité de faire des performances. On balayait la route, était pénalisé par ça et malgré cela, j'arrivais à être devant les autres. Arrêter était peut-être un peu tôt, gâcher aussi mon talent. Ça me plait toujours. Mais, bien sûr, je préfèrerais arrêter en haut que de le faire trop tard. Peut-être que ce sera le cas à la fin de la saison prochaine, on n'est jamais sûr de rien. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il n'y a jamais eu de lassitude, d'envie d'arrêter ? Si bien sûr, mais comme tous les ans à un moment donné, au bout de quatre, cinq rallyes. Ça disparait ensuite. Selon vous, quel a été votre adversaire le plus dur à battre pour conquérir un de ces huit titres ? Difficile à dire car chacun avait ses qualités. Marcus Grönholm, niveau vitesse, était très dur à battre par moment. Mikko Hirvonen a toujours été très constant. Peut-être que Marcus était quand même le plus dur à battre. Mais, sur un championnat complet, il a toujours fait plus de conneries que moi et cela compte. Tous les deux ans, c'est une année difficile. 2007, 2009, 2011. La polémique cette année n'a rien changé au fait que ce titre a été dur à aller chercher. Cette lutte interne avec Ogier vous a-t-elle encore rendu plus fort ? Je ne sais pas. C'est sûr qu'il y a eu des moments de tension où il a fallu faire abstraction pour pouvoir se battre devant en étant concentré sur sa propre course. Je ne pense pas sinon que ça ait changé grand-chose. "Des paroles pas très sympathiques" Auriez-vous pu lâcher prise à un moment donné, agacé par ce climat ? A quoi cela m'aurait-il servi ? A rien. Donc, non. Au contraire, j'ai essayé de faire de mon mieux jusqu'au bout pour être le plus rapide possible. Cette tension a aussi toujours été extrapolée. Avec Ogier, on a toujours réussi à manger l'un en face de l'autre sans se jeter assiettes et verres sur la tronche ! Comment expliquer son départ ? Pourquoi ne pouviez-vous pas continuer ensemble au sein de l'équipe ? Je ne dis pas que ça ne pouvait pas continuer mais il y a tout de même eu des paroles dites cette année qui n'étaient pas très sympathiques, des tensions. Vivre dans ces tensions ne me plaisait pas. J'ai toujours eu l'habitude d'avoir mon équipe à 100% derrière moi. Cette année, c'était plus compliqué et c'est tout de suite beaucoup moins marrant. Vous a-t-on consulté sur son départ ? (Soupir) On m'a demandé mon avis. N'est-ce pas un gâchis de voir un pilote d'un tel niveau quitter l'écurie ? Au vu de la manière dont cela s'est passé cette saison, je ne suis pas sûr que cela soit un gâchis. C'est un très bon pilote mais se battre tous les deux en interne nous a coûté des points. Au final, Hirvonen a failli en profiter pour devenir champion. Son talent est incontestable mais Hirvonen est rapide aussi. Est-ce qu'on peut donc imaginer qu'il n'y aura pas les mêmes soucis avec Hirvonen ? On n'en sait rien. Ça n'a pas marché avec l'un, on essaye donc avec un autre. "Jamais parlé de son départ avec Ogier" Comment va se passer la collaboration avec lui ? Allez-vous échanger sur les réglages à adopter ? Oui bien sûr. On l'a toujours fait. J'espère bien en tout cas. C'est un pilote avec une grosse expérience de la voiture qui est notre plus grosse rivale sur le terrain. Le premier rallye qu'il fera sera important pour cela, ce sera intéressant aussi de l'écouter. Avec vos huit titres, vous serez forcément le numéro un... Oui mais si sur la route, le numéro deux va plus vite, il passera numéro un. On aura la même voiture, les mêmes chances au départ. Être numéro un peut effectivement avoir un intérêt au milieu de saison au moment de se battre à deux tout seuls et sur la prise de décision qui en découle pour assurer un résultat. Jusque-là, il n'y a pas de numéro un ou deux. J'étais au courant mais je n'ai pas donné mon avis sur son arrivée. Quand avez-vous su qu'Ogier allait partir ? Ça a toujours été un peu le grand secret autour de ça. Même pour moi. Ça fait un moment qu'on en entend parler, environ depuis la fin du rallye d'Allemagne. Mais je ne lui ai jamais posé la question, il ne m'a jamais donné de réponse. On n'en a pas parlé. Le départ d'Ogier est désormais acté, est-ce le premier d'une série au sein de l'équipe (on parle d'un possible départ du directeur de Citroën Racing, Olivier Quesnel, ndlr) ? Le prochain départ en ce qui me concerne est le Monte-Carlo... Non, je ne sais pas. Vous avez parlé de garantie au moment de resigner votre contrat. Était-ce à propos de votre statut de premier pilote ? C'était la garantie qu'on ne se tirerait plus dans les pattes l'année prochaine, essayer de tout remettre dans le bon sens pour optimiser nos chances. Si la nouvelle règle visant la saison prochaine à limiter le balayage avait été appliquée dès cette année, pensez-vous qu'elle vous aurait permis d'être sacré plus tôt ? Il est clair qu'on a laissé de points en balayant comme en Grèce où clairement j'étais le plus rapide mais où je ne gagne pas car les stratégies ont fait qu'on a perdu (au profit d'Ogier, un épisode qu'il n'a pas digéré, ndlr). Sur l'ensemble de la saison, je n'ai pas fait de calcul. Mais il est clair que je l'ai payé. Est-ce que cette règle va changer la face du rallye, faciliter votre tâche ? Ce n'est jamais facile. C'est difficile à dire. On saura au moins que ce sera notre faute, qu'on n'aura pas réalisé un bon temps en qualifications et donc que le fait de balayer viendra de nous. Avez-vous eu l'occasion de parler avec votre nouveau coéquipier, Mikko Hirvonen ? Non, on n'en a pas beaucoup discuté. "Volkswagen, un challenge intéressant" Aujourd'hui, la meilleure écurie se nomme Citroën, championne du monde depuis 2007. Est-ce à dire que la carrière d'Ogier vient de se briser pour quelques phrases lâchées à votre encontre en Allemagne ? C'est comme ça. Dans toutes les disciplines, les pilotes tournent. Il n'y a que moi qui ne bouge pas (rires). Avez-vous imaginé une seconde qu'Hirvonen puisse être champion du monde et arriver chez Citroën avec le numéro 1 sur sa voiture ? Oui, je savais avant le Pays de Galles que c'était bien parti pour qu'il nous rejoigne. Mais je n'ai pas pensé au coup de ce numéro ! Rien n'était confirmé. La piste Volkswagen, avec qui vous avez eu des contacts durant l'été, était-elle une option sérieuse ? A un moment donné oui même si ce moment n'a pas été très long. Ça pouvait être un nouveau challenge, découvrir autre chose mais c'était au prix de casser ce qui a été construit depuis dix ans avec Citroën, juste pour une fin de carrière car je n'allais pas repartir pour cinq ans. Après réflexion et au vu de la détermination mise par Citroën pour me conserver, le choix de rester était préférable. Justement, si vous étiez Ogier maintenant, à ce moment précis, choisiriez-vous Ford ou le nouveau défi proposé par Volkswagen ? Je ne sais pas ce qu'on propose à Ogier. Je pense que Ford va continuer. Je ne sais pas ce que Ford même va faire mais je pense que la structure va continuer. Je ne les vois pas arrêter du jour au lendemain. Personnellement, j'étais plus motivé pour aller chez Volkswagen parce que ça parait sympa mais je ne sais pas ce qu'on lui propose. Je n'ai pas de conseil à donner. Choisir Volkswagen implique toutefois de sacrifier la saison 2012 consacrée au développement de la nouvelle Polo... Oui, et c'est quelque chose que je pouvais peut-être plus me permettre que lui...