Loeb-Ogier, ça a explosé !

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Loeb-Ogier, ça a explosé !
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La guerre des nerfs bat son plein chez Citroën. Plus qu'un problème de riches, la rivalité exacerbée entre Sébastien Loeb et Sébastien Ogier a connu lundi un point de non-retour, l'Alsacien invitant par voie de presse son coéquipier à quitter l'équipe française. Vainqueur du rallye d'Allemagne ce week-end, Ogier avait poussé un sacré coup de gueule contre des consignes d'équipe favorables à son aîné.

La guerre des nerfs bat son plein chez Citroën. Plus qu'un problème de riches, la rivalité exacerbée entre Sébastien Loeb et Sébastien Ogier a connu lundi un point de non-retour, l'Alsacien invitant par voie de presse son coéquipier à quitter l'équipe française. Vainqueur du rallye d'Allemagne ce week-end, Ogier avait poussé un sacré coup de gueule contre des consignes d'équipe favorables à son aîné. Plus qu'un week-end de simple fête, ç'aurait dû être un rallye historique. Grâce à la victoire de Sébastien Ogier en Allemagne, Citroën Racing a battu le record de victoires en WRC, détenu jusqu'ici par Ford. L'équipe française a décroché son 78e succès en 10 ans de course, alors que l'écurie américaine en a remporté 77 en 23 ans. Problème: l'histoire a été drôlement rattrapée par le présent, avec un épisode de plus de la lutte intestine entre les deux Sébastien, Loeb et Ogier. Cette fois, une goutte d'eau a vraiment fait déborder le vase. Des consignes auraient été passées au soir de la première journée, afin de figer les positions alors que Loeb ne comptait que... 7"4 d'avance sur son coéquipier. Le Gapençais n'a pas supporté. Mais alors, pas du tout. "Il va aller pleurer, dire qu'il faut des consignes car il va se faire embêter par son petit équipier", déclarait-il ainsi vendredi soir, devant les caméras de TF1. Ogier ne s'en est d'ailleurs pas laissé conter et a attaqué samedi, jusqu'à la crevaison de Loeb qui lui a ouvert un boulevard vers la victoire. Olivier Quesnel, le patron de l'équipe, a assumé, comme en témoignent ses propos rapportés lundi par L'Equipe. "Si c'était à refaire, je le referais car, sans consignes, la victoire nous aurait peut-être échappé (...) Mon rôle n'est pas de favoriser un pilote par rapport à l'autre, mais de défendre l'image de Citroën." Trop tard, le ressort s'est cassé et provoque sans aucun doute l'une des plus grandes rivalités entre coéquipiers, dans l'histoire récente du WRC. Loeb: "Je lui avais déjà dit d'aller voir ailleurs" Toujours dans les colonnes de notre confrère, Daniel Elena en a rajouté une sacrée couche. Le co-pilote du septuple champion du monde a convoqué aux débats la cuisine interne de l'équipe Citroën, en évoquant les barbecues qu'il organisait régulièrement chez lui entre les deux équipages français. "Organisait", car c'est désormais du passé: "C'est fini, tout ça. Pas de souci pour inviter Julien Ingrassia (ndlr, le co-pilote d'Ogier), mais pas Ogier ! On ne se parle plus (...) Il nous a traités de pleureuses ! Mais nos sept titres, nous ne les devons à personne !" Sébastien Loeb, pas avare de petites piques savamment distillées tout au long du week-end, a lui aussi définitivement déterré la hache de guerre, dans un entretien accordé aux Dernières Nouvelles d'Alsace: "Ce n'est pas à moi de décider. Mais je lui avais déjà dit avant qu'il vienne chez Citroën d'aller voir ailleurs. Ce serait plus simple..." La sentence est lâchée, et Ogier lui-même est bien sûr de plus en plus favorable à ce scénario. "Les portes des autres équipes sont grandes ouvertes, je dois éclaircir ma situation chez Citroën et finir la saison, indiquait-il ainsi dimanche soir au micro de RTL. Après, on verra." Difficile de donner tort ou raison à qui que ce soit. La réaction d'Ogier apparaîtra sans doute excessive à bon nombre, mais il y a des antécédents. En Jordanie, la saison passée, Loeb n'avait pas hésité à pousser son coéquipier à la faute pour remporter l'épreuve, alors que son benjamin le devançait. Cette année, rebelote au Mexique, où l'Alsacien a carrément contraint Ogier à l'abandon en plein coeur d'une lutte acharnée. Là aussi, ce dernier était en tête. Dernière anicroche en date avant l'Allemagne, l'autre Sébastien avait ensuite volontairement perdu du temps au rallye de l'Acropole, il y a un peu plus de deux mois, pour laisser Loeb ouvrir la piste et balayer. Ce week-end, la cocotte-minute a explosé. Le record paraît tellement loin des esprits qu'on l'oublierait presque. Surtout, Citroën risque d'oublier bien vite le nom de celui qui lui a pourtant permis d'entrer dans l'histoire.