Llodra: "Rien à perdre"

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Llodra: "Rien à perdre"
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Devant son public, le gaucher parisien a signé mercredi une vraie performance en se débarrassant de John Isner. Michael Llodra a fait chuter l'Américain grâce notamment à un excellent retour. Egalement redoutable au service, le Français s'est imposé 6-3, 6-4 et préparé le duel qui l'attend jeudi face à Novak Djokovic, tenant du titre, comme un petit avant-goût de la finale de la Coupe Davis.

Devant son public, le gaucher parisien a signé mercredi une vraie performance en se débarrassant de John Isner. Michael Llodra a fait chuter l'Américain grâce notamment à un excellent retour. Egalement redoutable au service, le Français s'est imposé 6-3, 6-4 et préparé le duel qui l'attend jeudi face à Novak Djokovic, tenant du titre, comme un petit avant-goût de la finale de la Coupe Davis. Isner a réussi son premier ace à 3-1 dans le second set et ne s'est procuré aucune balle de break. Comment avez-vous fait pour jouer aussi bien ? Je me sentais très bien ce matin, j'avais de bonnes jambes, de bonnes sensations à l'échauffement. Je me suis échauffé à Poliveau (un gymnase dans le 5e arrondissement, ndlr) avec Arnaud (Clément). J'ai décidé de retourner recouvert et de mixer un peu. Surtout contre un gars comme ça, il ne faut pas se frustrer. Tu peux être dessus, la balle rebondit haute, cela va vite. Je suis content de moi aujourd'hui, je n'ai pas fait de fautes bêtes. Après ce qui s'est passé en Asie et à Bâle (élimination au 1er tour), est-ce que ce changement vous étonne ? Les choses sont allées très vite. Les sensations peuvent revenir très vite. Je n'avais pas de bon feeling en arrivant ici. Contre Starace (au 1er tour), j'ai joué un niveau moyen mais j'ai pu changer mon attitude. Aujourd'hui, j'ai très bien servi et c'est typique de mon jeu. Je peux changer rapidement. En Asie (Tokyo et Shanghai), les conditions de jeu étaient lentes, j'étais fatigué, même si la semaine précédente c'était le cas. Après Bâle, j'ai stoppé. Et contre Isner, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien sur le court et j'espère que ce sera le cas jeudi contre Djokovic. Est-ce aussi parce que vous avez très envie de bien faire ? Oui, j'ai faim de victoires. La tournée asiatique était assez délicate, je n'ai pas de coach en ce moment alors peut-être que je me suis laissé aller. Avec l'année que j'ai faite, inconsciemment, j'avais envie d'embrayer pour les deux derniers objectifs de l'année: Bercy et la Coupe Davis. Aujourd'hui, c'est positif, c'est la première fois que je gagne deux matches de suite à Bercy. Demain (jeudi) je joue Djokovic, le tenant du titre, tout le monde le voit m'écrabouiller. Ça va être un bon match. Comment l'imaginez-vous ? C'est simplement un match de plus, un autre match. Vous allez dire que c'est un match spécial à cause de la Coupe Davis. Je sais ce que vous pensez. Et franchement, ce sera une partie intéressante. Comme je l'ai dit hier (mardi), Bercy et la Coupe Davis sont deux choses bien différentes. En Coupe Davis, vous devez jouer avec le meilleur des cinq. Cette semaine à Bercy c'est complètement autre chose. Je n'ai rien à perdre jeudi. Je peux aborder ce match relâché. Mais quand vous portez le maillot de l'équipe de France, vous avez une certaine responsabilité vis à vis du groupe, vous représentez votre pays. L'approche est différente. Cette surface à Bercy correspond à votre jeu. Sera-ce un avantage contre Djokovic ? Chaque match est différent. Cela ne veut pas dire que jeudi, il ne va pas super bien jouer. Contre Isner, je pensais que j'allais souffrir pour le retourner. Il ne s'agit pas simplement d'avoir une surface rapide, il faut sentir le jeu vers l'avant. Je devrais m'en servir contre Djokovic car c'est un gros client en retour. Je n'ai rien à perdre, je vais l'agresser, lui proposer un jeu différent. La finale de la Coupe Davis approche et on se rend compte que les récents duels entre Serbes et Français ne sont pas à votre avantage. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Ça n'a pas d'impact. La première chose que je peux dire, c'est qu'ils sont bons. Djokovic est troisième mondial, il est super fort. Et ils ont Troicki et Tipsarevic. Troicki est monstrueux sur cette fin de saison, il aurait pu battre Djoko à l'US Open ; Nadal à Tokyo, il vient de gagner à Moscou et fait une demie à Bâle. Il n'a rien à envier aux mecs du Top 10. Mais il faut être en forme les 3, 4 et 5 décembre.