Llodra: "On peut rentrer la tête haute"

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Llodra: "On peut rentrer la tête haute"
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Bien que sévèrement battu par Viktor Troicki (6-2, 6-2, 6-3), dimanche, lors du match décisif de la finale de la Coupe Davis, Michaël Llodra ne voit pas tout en noir. Réconforté par ses partenaires, le Parisien pense que les Bleus peuvent être fiers d'eux, de leur parcours dans l'épreuve cette année mais aussi de leur prestation à Belgrade. Et il donne déjà rendez-vous pour les années à venir.

Bien que sévèrement battu par Viktor Troicki (6-2, 6-2, 6-3), dimanche, lors du match décisif de la finale de la Coupe Davis, Michaël Llodra ne voit pas tout en noir. Réconforté par ses partenaires, le Parisien pense que les Bleus peuvent être fiers d'eux, de leur parcours dans l'épreuve cette année mais aussi de leur prestation à Belgrade. Et il donne déjà rendez-vous pour les années à venir. Michaël, vous avez vécu la même chose que Paul-Henri Mathieu en 2002, lors de la finale perdue contre la Russie, à Bercy. Que ressent-on ? Tout un monde s'écroule d'un seul coup ? Non, pas tout un monde. Aujourd'hui, je suis tombé contre un joueur plus fort que moi tout simplement. On savait hier (samedi) avec les copains que ce n'était pas fini, même en menant 2-1 après le double. On était bien, mais ce n'était pas fini et on le savait. Les Tchèques en savent quelque chose eux-aussi. Ils avaient été dans la même situation que nous en demi-finale et ils avaient perdu. On est forcément très, très déçus, mais cela n'enlève pas tout le boulot que l'on a accompli cette année. On a commencé à Toulon. On a donné le meilleur de nous-mêmes à chaque rencontre. Je restais sur six matches sans défaite cette année en Coupe Davis, et voilà je suis tombé contre un grand Troicki aujourd'hui. Je n'ai pas su trouver les solutions, il a été tout simplement plus fort que moi, du premier au dernier point. On est forcément tous déçus. On éprouve forcément des regrets, mais on peut être fiers de nous. On peut rentrer en France la tête haute. On a tout donné, les uns comme les autres. Ça se passe comme ça, c'est souvent la loi du sport. Qu'est-ce qui s'est dit après dans les vestiaires ? Vous avez d'abord été entourés par tous vos copains quand vous étiez en larmes. Que vous ont-ils dit pour vous consoler ? Y a-t-il eu des mots forts ? C'est vrai qu'on a la chance d'être tous très potes. On sent depuis quelque temps que la mayonnaise prend. On est tous solidaires, même dans la défaite. Comme disait «Jo» (Tsonga), on gagne en homme, on perd en homme. On est une équipe. C'est souvent dans les défaites que l'on apprend et que l'on voit si un groupe est solidaire. Aujourd'hui, on a démontré que l'on était une grande équipe même si on a perdu. On peut être fiers de nous. C'est vrai que Guy (Forget) a su trouver les bons mots pour me réconforter. Cela restera entre nous parce que ce sont des mots qui sont touchants aussi. Aujourd'hui, on est déçus, l'aventure s'arrête, mais on peut tous être fiers de nous. "Je pourrai me regarder dans la glace demain" Viktor Troicki a fait un match exceptionnel aujourd'hui, mais il y a aussi la pression de l'enjeu qui a dû un peu vous perturber ? Bien sûr, mais qui n'aurait pas eu de pression quand on arrive à 2-2 ? Ce n'est jamais simple. J'ai essayé de tout donner avec les armes du moment, mais malheureusement, cela n'a pas suffi. J'aurais aimé être meilleur, faire un match monstrueux, mais ça n'a pas été le cas. C'est la dure réalité du sport. Tu peux être bon un jour et moins bon le lendemain. Et même si aujourd'hui tout n'a pas été parfait, j'ai eu le mérite de m'accrocher du premier au dernier point et je pourrai me regarder dans la glace demain. Est-ce qu'un joueur avait déjà, dans le passé, aussi bien relancé votre service que Troicki ? Il a fait un match tout simplement impeccable. Il a su lire mon service incroyablement bien. Cela m'a bien perturbé. Je n'ai pas l'habitude d'affronter de tels relanceurs, qui retournent si bien tout au long d'une partie. C'est tout à son honneur d'avoir réussi un gros match aujourd'hui. L'équipe de France forme un groupe d'avenir... Oui, c'est un groupe d'avenir, même si avec Arnaud (Clément), on est les plus vieux de l'équipe. Mais je sens qu'il y a un gros potentiel. Dans les prochaines années, on peut aller le chercher ce Saladier d'argent. Je ne sais si ce sera avec ou sans moi, mais cette équipe de France a de l'avenir. Pourquoi ? Parce que l'on est tous solidaires. On reste unis même dans la défaite. Ce sont des signaux qui ne trompent pas. L'an passé, on s'est serrés les coudes à Maastricht. Cette année, on a réalisé une grosse campagne. On a aussi subi les forfaits de «Jo», de «Bennet'» (Benneteau) qui peuvent être utiles dans ce genre de rencontres. Cette équipe a un gros potentiel, et je suis sûr que dans les années à venir, on arrivera à le soulever ce Saladier d'argent.