Lille, l'automne et après ?

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Lille, l'automne et après ?
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Champion d'automne pour la première fois depuis 1949, avec un match en retard au compteur, Lille s'affiche plus que jamais comme un sérieux prétendant au titre. Emmenée par Moussa Sow, la formation de Rudi Garcia continue sa progression, entamée il y a déjà quelques années, mais dans le Nord, à défaut de vouloir viser trop haut, joueurs et dirigeants restent prudents.

Champion d'automne pour la première fois depuis 1949, avec un match en retard au compteur, Lille s'affiche plus que jamais comme un sérieux prétendant au titre. Emmenée par Moussa Sow, la formation de Rudi Garcia continue sa progression, entamée il y a déjà quelques années, mais dans le Nord, à défaut de vouloir viser trop haut, joueurs et dirigeants restent prudents. Doucement, mais sûrement. Sans se presser, Lille s'enracine chaque année un peu plus dans la cour des grands. Cette saison, les Nordistes semblent être arrivés à maturité et avoir définitivement troqué leur costume d'outsider pour enfiler celui de prétendant au titre. Malgré le résultat nul décevant concédé au Stadium contre Saint-Etienne (1-1) lors de la dernière journée de la phase aller, le Losc, avec un match en retard, a coiffé ses adversaires au poteau pour glaner le titre honorifique de champion d'automne, pour la première fois depuis 1949. Les coéquipiers de Rio Mavuba confirment ainsi la dynamique impulsée par Rudi Garcia depuis trois saisons. Spectacle, esprit offensif et efficacité sont ainsi souvent au rendez-vous lors des matchs des Lillois. Récompensé pour son allant offensif, le Losc présente actuellement la meilleure attaque de Ligue 1, emmenée par l'innarrêtable Moussa Sow, déjà auteur de deux triplés. Le Sénégalais, arrivé cet été en provenance de Rennes, occupe la tête du classement des buteurs, avec 14 réalisations au compteur, devant le Parisien Nenê. Garcia: "Le titre, ce n'est pas pour nous, pas maintenant" Ses somptueuses performances éclipseraient presque celles de Gervinho et d'Eden Hazard. Grand artisan du bon début de saison lillois, l'Ivoirien, certainement l'un des joueurs les plus complets et réguliers du championnat, présente un bilan plus qu'honorable avec 7 buts et 5 passes décisives, tandis que le Belge, capable d'éliminer ses adversaires grâce à une technique au dessus de la moyenne, a été tout simplement royal à plusieurs reprises. Dans le Nord, il en faudra toutefois plus pour enflammer les esprits. S'il reconnaît que son équipe peut jouer les trouble-fêtes, Rudi Garcia, sobre et lucide, préfère rester prudent. "On sait que c'est un titre honorifique mais cela couronne quand même la première partie de saison et notre parcours. Il ne faut pas s'arrêter là. On est obligé de penser au titre. Parce qu'il faut avoir des rêves et parce que ça permet d'avancer. On a le droit de rêver mais normalement ce n'est pas pour nous, pas maintenant" assure l'entraîneur nordiste dans un entretien accordé à L'Equipe. Un problème avec les gros ? Une méfiance qui contraste avec la qualité de jeu affichée et les performances proposées. Mais qui gagne en crédit lorsqu'on analyse de plus près cette première partie de saison. Si Lille mérite amplement son titre de champion d'automne, il n'est pas négligeable de souligner les performances en demi-teinte des « cadors » du championnat. Marseille, à l'image de Gignac, affiche un terne visage et peine à trouver le rythme, tandis que Lyon, malgré sa montée en puissance, a laissé échapper d'innombrables points en début d'exercice. Le PSG quant à lui n'a jamais su saisir les occasions qui lui ont été offertes pour prendre la tête du classement. Avec seulement deux défaites en 18 matches, plus petit total qui soit, le Losc vit donc au rythme des champions. Mais cette louable statistique se transforme vite en bémol, ces deux revers ayant été concédés contre Lyon et Marseille, deux concurrents directs pour le titre. Conscient du statut souvent décisif de ces confrontations, Rudi Garcia est lucide quant aux progrès qui restent à effectuer. "C'est le cap qu'on a à franchir. Si on garde notre régularité, après effectivement, il faudra être capable de faire un résultat. Si on est performants contre toutes les autres équipes et qu'on arrive à progresser sur les confrontations avec les gros, peut-être que cela se jouera là".