Lille a-t-il digéré ?

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Lille a-t-il digéré ?
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Auteur du doublé Coupe-Championnat au printemps dernier, le Losc aborde la nouvelle saison avec un statut à assumer. Désormais attendue comme l'équipe à battre, Lille est parvenue cet été à bien compenser les départs de Gervinho, Rami et Cabaye par les arrivées de Payet, Basa et Pedretti. Reste que pour la formation du Nord, au budget moindre que le PSG, l'OM et Lyon, il sera difficile de faire aussi bien que lors de l'exercice précédent.

Auteur du doublé Coupe-Championnat au printemps dernier, le Losc aborde la nouvelle saison avec un statut à assumer. Désormais attendue comme l'équipe à battre, Lille est parvenue cet été à bien compenser les départs de Gervinho, Rami et Cabaye par les arrivées de Payet, Basa et Pedretti. Reste que pour la formation du Nord, au budget moindre que le PSG, l'OM et Lyon, il sera difficile de faire aussi bien que lors de l'exercice précédent. LA SAISON DERNIERE Lille attendait un titre de champion de France depuis 1954, année du deuxième sacre des Lillois dans la défunte première division. En obtenant un match nul (2-2) à Paris, le 21 mai lors de la 37e journée de Ligue 1, le Losc voyait sa fabuleuse saison récompensée par le titre suprême dans l'Hexagone, succédant au palmarès à l'Olympique de Marseille qu'il devançait au final de huit longueurs au classement. Un bonheur ne venant jamais seul, les joueurs de Rudi Garcia avaient posé, une semaine plus tôt, les bases d'un doublé en empochant la Coupe de France grâce à un court succès obtenu devant le Paris Saint-Germain (1-0). Ce deuxième doublé Coupe-Championnat, 65 ans après le premier, Lille a été le chercher sur la base d'un jeu tourné vers l'offensive et souvent spectaculaire. Meilleure attaque de Ligue 1 (68 buts), grâce notamment à ses artificiers Sow (25 buts) et Gervinho (15), l'équipe du président Seydoux a séduit l'ensemble des observateurs. Et personne n'a pu remettre en cause leur suprématie. LE RECRUTEMENT Malgré son excellente saison, Lille n'a pas été dépouillé l'été venu. Seulement trois des cadres des champions de France sont partis voir si l'herbe est plus verte hors des frontières. Adil Rami avait déjà paraphé un contrat avec Valence avant même la fin de la saison tandis que Gervinho a ensuite été vendu pour 12 millions d'euros à Arsenal et Yohan Cabaye a aussi opté pour la Premier League, avec Newcastle. Les départs de Pierre-Alain Frau et Jerry Vandam (Caen), Emerson (Benfica) et Stéphane Dumont (Monaco), sans leur faire offense, sont un peu plus anecdotiques. En remplaçant Rami par Marko Basa, Cabaye par Benoît Pedretti et Gervinho par Dimitri Payet, le Losc a, sur le papier, compensé ses principaux départs. "Les nouveaux se sont bien intégrés, confie Rudi Garcia à Reuters. Ils apportent de la fraîcheur, ce sont des garçons que nous suivions depuis un moment, nous savons où nous allons avec eux." Le gardien international nigérian Vincent Enyeama, Laurent Bonnart et l'espoir Ronny Rodelin, en provenance de Nantes, sont également venus étoffer un effectif qui n'aura qu'assez peu bougé. Même si Rudi Garcia attend encore deux nouvelles recrues, un défenseur polyvalent et un joueur offensif. LE JOUEUR A SUIVRE La star à Lille est et restera cette saison Eden Hazard, lequel pourrait bien rejoindre un grand club européen l'été prochain. Mais Dimitri Payet, l'une des trois recrues majeures du Losc à l'intersaison, est très attendue chez les champions de France. Révélé l'an dernier sur la base d'un mois de septembre étincelant, le milieu offensif, qui a connu un coup de pompe en hiver une fois son transfert à Paris avorté, doit franchir un palier en passant de Saint-Etienne à Lille. Joueur très à l'aise techniquement et doté d'un bon sens du but, le Réunionnais de 24 ans, auteur de 13 réalisations en Ligue 1 la saison dernière, aspire à grandir encore. "J'ai été séduit par le projet du club sur la durée, explique celui qui s'est engagé pour quatre saisons. Un nouveau stade dans un an, une équipe compétitive: ici, il y a tout pour réussir." Une réussite dans son nouveau club pourrait aussi lui permettre de s'installer durablement en équipe de France. L'ENTRAINEUR Il a été élu par ses pairs, assez logiquement, meilleur entraîneur de la saison écoulée. Rudi Garcia s'apprête à s'asseoir pour la quatrième saison sur le banc du Losc. Et il semble loin le temps où, en juin 2009 après des résultats pourtant probants, il avait failli être écarté avant d'être rappelé par le président Seydoux. Aujourd'hui, Rudi Garcia a obtenu une vraie légitimité. Elle lui permet de travailler sereinement à la tête d'un club qui souhaite s'inscrire dans la durée. Son discours, bien que mesuré, transpire l'ambition. "On veut vivre une nouvelle aventure avec un nouveau groupe, renouvelé, c'est vrai, parce que nous ne sommes pas capables économiquement de conserver tous nos joueurs mais nous avons anticipé le recrutement et nous sommes ambitieux", déclare-t-il. Comme pour ses joueurs, la saison qui s'ouvre sera celle de la confirmation pour cet entraîneur de 47 ans. L'OBJECTIF "Faire mieux, ça va forcément être compliqué", annonce d'emblée Rudi Garcia. A moins de conserver ses deux titres et d'y ajouter un beau parcours en Ligue des Champions, Lille ne peut que faire moins bien cette saison. A un an d'investir son nouveau stade, le club souhaite néanmoins s'installer parmi les places fortes du football français. "Nous entendons bien être présents et vivre encore une grande saison, sans savoir où elle nous mènera", poursuit l'entraîneur des Dogues. Avec son budget de 75 millions d'euros, le Losc ne rivalise pas avec les clubs les plus riches que sont le PSG, l'OM et Lyon. Il entend néanmoins, avec un effectif assez peu chamboulé, défendre son titre becs et ongles. Même si une place sur le podium comblerait certainement les dirigeants. LE PRONOSTIC DE LA REDAC Difficile de ne pas placer le champion en titre parmi les grands favoris de la saison. Compte-tenu du marché des transferts et de son propre recrutement, Lille paraît en mesure de rivaliser avec Marseille et Paris, les deux équipes qui apparaissent les mieux armées dans la lutte pour le titre. Avec dans ses rangs le meilleur joueur de Ligue 1 (Eden Hazard) et pouvant s'appuyer sur un collectif déjà bien huilé, le Losc devrait être de suite compétitif. Sa capacité à jongler entre les joutes nationales et la Ligue des Champions sera sans doute la clé de son succès. Mais le Losc pourrait très bien encore jouer le premier rôle jusqu'au printemps prochain.