Lièvremont: "Une bonne étoile"

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Lièvremont: "Une bonne étoile"
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Balayant tout reproche ou toute objection quand à la qualité du match produit par ses joueurs, Marc Lièvremont ne voulait retenir que la victoire et la qualification (9-8) de l'équipe de France ce samedi, à l'Eden Park, pour la finale de la Coupe du monde. S'il concède qu'il existe peut-être une bonne étoile favorable à ces Bleus, le sélectionneur tricolore se contente de ce résultat qui suffit à son bonheur. Pour l'instant. Car il l'affirme: "On va être champions du monde."

Balayant tout reproche ou toute objection quand à la qualité du match produit par ses joueurs, Marc Lièvremont ne voulait retenir que la victoire et la qualification (9-8) de l'équipe de France ce samedi, à l'Eden Park, pour la finale de la Coupe du monde. S'il concède qu'il existe peut-être une bonne étoile favorable à ces Bleus, le sélectionneur tricolore se contente de ce résultat qui suffit à son bonheur. Pour l'instant. Car il l'affirme: "On va être champions du monde." Marc, l'équipe de France s'était qualifiée pour ses deux premières finales de Coupe du monde au prix de matches superbes en demi-finales, cette qualification est un peu moins brillante, faut-il y voir un bon présage ? On l'espère bien sûr (sourires). Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le contenu de ce match ? Je vais vous dire un truc: je m'en fous complètement que le match n'ait pas été beau, qu'on ait eu de la réussite, que peut-être les Gallois le méritaient plus que nous. On est en finale et c'est tout ce qui compte. Si on doit être champions du monde en jouant le même rugby, alors on sera champions du monde en jouant le même rugby. On a tout de même la sensation que cela manque un peu de maîtrise ? Depuis quelques mois, on manque de beaucoup de choses, sauf qu'on est en finale de la Coupe du monde. (A l'adresse de la salle) Cachez votre enthousiasme surtout, messieurs... Parce qu'on ne s'est pas découvert, parce qu'on n'a pas voulu, parce qu'on n'a pas osé ou parce que certainement, le fait de jouer à quinze contre quatorze nous a crispés et qu'on s'est contentés de peu, certes, mais ce peu a suffi. Les Gallois jusqu'au bout auront imposé une terrible pression sur votre défense... En tout cas, je crois que la moindre des choses, c'est rendre hommage à cette sélection galloise, qui a joué l'ensemble du match à 14 contre 15, et qui a fait preuve d'un courage extraordinaire. Seulement voilà, il se trouve qu'il y a certainement une petite étoile en faveur de l'équipe de France et on a souvent vu une équipe en supériorité numérique qui déjoue, d'une certaine manière, sauf qu'on assuré l'essentiel, à savoir la victoire et une place en finale de la Coupe du monde. Sans bouder notre plaisir, pourquoi une telle frilosité de la part de vos joueurs ? On a mal démarré le match, cette entame de match ne nous a pas permis de nous mettre en confiance. C'est vrai que très vite, on a joué à 15 contre 14 et effectivement, on a joué un rugby assez frileux, qui, malgré tout, nous a permis de l'emporter. Pour moi, c'est tout ce qui compte. Ce qui compte, c'est qu'on se soit battus, c'est qu'on ne se soit pas désunis quand les Gallois sont revenus au score en marquant cet essai, et que les joueurs aient fait preuve d'une solidarité extraordinaire. Et encore une fois, qu'on soit en finale de la Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande. Pour ceux qui manquent un peu de mémoire, je vous rappelle qu'on est partis il y a quatre mois avec une bande d'éclopés, qui sont tous sur le terrain, et qu'on est en finale de la Coupe du monde de rugby. Et je ne vais pas bouder mon plaisir et celui de mes joueurs, sous prétexte que le match a été de petite qualité. "Je serai toujours supporter des All Blacks" Quel regard avez-vous sur la décision de M.Rolland d'infliger un carton rouge à Sam Warburton ? On peut regretter pour une demi-finale qu'elle soit très vite déséquilibrée, mais vous avez vu le plaquage comme moi, c'est un plaquage appuyé, qui peut être extrêmement dangereux et à mon sens, il y a carton rouge. Vous atteignez cette finale de Coupe du monde en ayant concédé déjà deux défaites dans ce tournoi. Qu'est-ce que cela dit sur le caractère de votre équipe ? Eh bien qu'elle en a beaucoup et qu'on va être champions du monde... Qu'attendez-vous de l'autre demi-finale qui opposera dimanche les All Blacks à l'Australie ? Il me tarde d'assister à ce match, apaisé, détendu, heureux d'être en finale, nul doute que ce sera un énorme match. Dans nos rêves les plus fous, on s'est toujours vus jouer la finale contre la Nouvelle-Zélande. On sait que si c'est le cas, l'Eden Park ne sera pas pour la France. Mais en même temps, j'aime énormément, et je crois que c'est le cas de beaucoup de mes joueurs, je serai toujours supporter des All Blacks, sauf si on les joue, évidemment, la semaine prochaine en finale. Vous étiez de la Coupe du monde 1999 et de la finale perdue face à l'Australie. La finale ne doit pas être une finalité, selon vous... Forcément, la finalité, c'est le titre. Evidemment, le contenu de notre match, remporté au courage, va nous aider quelque part à le préparer. Je pense qu'on s'est un peu grillés physiquement durant la semaine parce que les joueurs étaient heureux de participer à une demi-finale. Il va falloir bien gérer physiquement durant la semaine, une semaine de huit jours (la finale a lieu dimanche prochain, ndlr), donc ne pas vouloir trop en faire pour arriver avec de la fraîcheur physique et mentale. L'époque des éclopés, un parcours difficile... Vous n'hésitez pas à affirmer que vous serez champions du monde, est-ce à dire que vous avez dans l'idée que c'est votre destin ? Je suis tout sauf quelqu'un de superstitieux, mais il faut quand même reconnaître qu'on revient de loin et qu'on est présents malgré tout en finale. Peut-être pas en pratiquant le rugby le plus spectaculaire, mais on est là. Il faut croire dans le destin de cette équipe et on va préparer cette finale avec de la sérénité et beaucoup de joie. On est bien conscients qu'on est des privilégiés et cette finale, on va la jouer pour la gagner.