Lièvremont: "Je subis ça..."

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Lièvremont: "Je subis ça..."
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Au terme d'un week-end, où ses accrochages successifs avec la presse française auront pris le pas sur l'analyse de la défaite concédée face aux All Blacks, Marc Lièvremont reste droit dans ses bottes. Persuadé, n'en déplaise à certains, qu'il conserve la confiance de son groupe, le coach tricolore se résout à faire le deuil d'une relation constructive et apaisée avec une partie de la presse.

Au terme d'un week-end, où ses accrochages successifs avec la presse française auront pris le pas sur l'analyse de la défaite concédée face aux All Blacks, Marc Lièvremont reste droit dans ses bottes. Persuadé, n'en déplaise à certains, qu'il conserve la confiance de son groupe, le coach tricolore se résout à faire le deuil d'une relation constructive et apaisée avec une partie de la presse. Marc, comment vivez-vous ce climat de plus en plus délétère, où l'on vous sent sans cesse agressé, autour de vos interventions en conférence de presse ? Paradoxalement, je ne me suis jamais senti aussi serein, à savoir que je n'y pense pas. Par rapport aux premières années, où il m'arrivait de mal dormir par rapport aux annonces d'équipes, je m'en fous complètement. Et c'est vrai qu'en même temps, c'est une frustration parce que j'en sors agacé, parce que je sens ce climat, parce que je connais la presse, même si je ne veux pas faire d'amalgame entre tous. Je sais que certains se régaleraient de me voir perdre parce qu'ils l'ont tellement annoncé que je ne sais pas comment ils feraient si on devait avoir un bon résultat. Et que forcément, c'est eux qui engendrent une dynamique vis-à-vis du grand public, qui n'existe pas. Ne craignez-vous pas que les conséquences de cette tension latente finissent par rejaillir sur la vie du groupe ? J'aurais préféré avoir un climat de convivialité et d'échange. J'ai toujours aimé parler du jeu et j'ai essayé de le faire depuis deux, trois ans, mais là, ce n'est plus possible. Je subis ça, j'essaie de faire en sorte que ça ne pollue pas mon groupe, mon discours, surtout, mon message envers le groupe, ce qui est l'essentiel. Est-ce que cette défiance peut servir de ressort dans la dynamique de votre groupe, qui se retrouverait dans un état d'esprit du style « seul contre tous » ? Les joueurs ne sont pas dupes, non plus. Les joueurs aussi en ont ras le bol, ils préféreraient évoluer dans un autre climat aussi et se sentir soutenus. Ça n'a jamais rien coûté d'être un petit peu chauvin quand on est à l'autre bout du monde, quand on est dans l'adversité, de voir que les joueurs, même s'ils sont maladroits, qu'ils sont méritants et qu'ils se battent. Il me semble que c'est la moindre chose. Ce que je regrette, c'est que certains, dans leur volonté de nuire, nuisent surtout à l'équipe. Je m'en fous des critiques vis-à-vis de moi, mais forcément, cela ne nous fait pas évoluer dans un climat vraiment confortable. Ce qui est important, c'est ce qui se passe en interne et au sein du groupe.