Lièvremont: "J'ai toujours confiance"

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Lièvremont: "J'ai toujours confiance"
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Recentrage à tous les étages. A moins de huit mois de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, le XV de France s'apprête à défendre son titre, et son Grand Chelem, dans le Tournoi des VI Nations 2011. L'occasion de rebondir après la terrible défaite essuyée face à l'Australie en novembre dernier (16-59). Les hommes, le jeu, l'Australie, le Tournoi, sa reprise en main, le sélectionneur Marc Lièvremont s'explique.

Recentrage à tous les étages. A moins de huit mois de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, le XV de France s'apprête à défendre son titre, et son Grand Chelem, dans le Tournoi des VI Nations 2011. L'occasion de rebondir après la terrible défaite essuyée face à l'Australie en novembre dernier (16-59). Les hommes, le jeu, l'Australie, le Tournoi, sa reprise en main, le sélectionneur Marc Lièvremont s'explique. Un discours recentré S'il ne le dit pas ouvertement, Marc Lièvremont souffre parfois des critiques sans "jamais avoir été débordé par cette fonction". Touché par certains messages de soutien en fin d'année, le sélectionneur a lui-même adressé ses meilleurs voeux aux journalistes, tout en souhaitant "des relations de confiance, de sérénité et de franchise" avec la presse, reconnaissant que des bons résultats du XV de France aideront - "si besoin en était", précise-t-il - à améliorer ces relations. Son choix de se présenter seul désormais en conférence de presse participe également à cet effort. "Le fonctionnement général, le choix des joueurs, la construction du jeu, se font de manière collégiale, rappelle-t-il. Mais on a voulu recentrer le discours, le clarifier. J'avais le sentiment qu'il s'était un peu dilué, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur." Et Lièvremont de citer Antoine de Saint-Exupéry : "Un chef est celui qui a besoin des autres." Une manière de ménager la susceptibilité de ses adjoints, à commencer par celle d'Emile Ntamack qui verra ses prérogatives réduites aussi sur le terrain. "Je vais m'impliquer beaucoup plus auprès des trois-quarts. Par sensibilité, par affection, par le fait que j'ai joué devant et que j'étais certainement plus proche des avants, j'ai certainement failli", concède le sélectionneur. "C'est à moi de maintenir ce lien entre avants et trois-quarts, d'avoir un discours recentré sur moi, sur le message, de la même manière que sur le terrain j'ai aussi beaucoup délégué avec plutôt un rôle d'observateur." Bastareaud, le grand perdant "Ces 30 joueurs ont été retenus pour disputer le Tournoi pas la Coupe du monde même si ce groupe est sans doute très proche de celui qui sera annoncé pour la Coupe du monde." Aux yeux de Marc Lièvremont, tous les oubliés pour le Tournoi des VI Nations 2011, les blessés comme Jérôme Schuster, Romain Millo-Chluski ou Dimitri Szarzewski ou ceux qui gravitent encore autour de l'équipe de France comme Fabrice Estebanez, Louis Picamoles, Julien Malzieu ou Jean-Baptiste Poux, ont encore des raisons d'espérer participer à la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande. Pas Mathieu Bastareaud sur lequel le sélectionneur semble avoir fait une croix définitive. "J'ai le sentiment de ne pas avoir été entendu, qu'il ne se donne pas les moyens d'être compétitif. Il y a meilleur que lui, on peut le regretter eu égard à son immense potentiel", a-t-il confié mercredi, précisant qu'en cas de blessure d'un deuxième centre, Aurélien Rougerie ou David Marty, il ferait appel en premier lieu à... Malzieu pour replacer Clément Poitrenaud au centre avant d'éventuellement faire appel à... Florian Fritz. Autre révélation du Tournoi 2010 absente, Benjamin Fall est lui à cours de forme. Mais Lièvremont ne l'a pas oublié. Quels critères de sélection ? "Je n'ai jamais dit que David Skrela était trop vieux." Comme pour appuyer son discours, Marc Lièvremont ne s'est pas contenté de rappeler l'ouvreur toulousain, 31 ans, mais quelques autres anciens glorieux : Clément Poitrenaud (28 ans), Sylvain Marconnet (34 ans), Vincent Clerc (29 ans). L'âge et l'expérience, un critère au goût du jour à l'approche de la Coupe du monde ? Le sélectionneur s'en défend. S'il loue "l'expérience, la polyvalence, l'esprit compétiteur" de Marconnet, le sélectionneur insiste sur les performances en club du vétéran du BO, "même si ce n'est plus le Marconnet d'il y a 10 ans". Comme Vincent Clerc n'est plus "le match winner du passé". Ou Yannick Jauzion, jugé "plutôt bon" en club (ça veut tout dire !), n'a plus les jambes de ses 20 ans. Et pourtant, ils sont là. Pourquoi eux et pas Florian Fritz ou Julien Malzieu pour ne citer qu'eux. Au premier, le sélectionneur préfère David Marty, "un joueur en qui j'ai confiance", et dont la "complémentarité et le vécu commun avec le groupe" ont pesé. Le second a été jugé "performant ballon en mains, moins sans ballon". Si ces deux derniers ne sont pas loin du groupe, comme Fabrice Estebanez, le premier réserviste en cas de blessure d'un premier centre, Lièvremont dit avoir sélectionné tout simplement "les meilleurs à leur poste". Pas de révolution De la tournée automnale, conclue faut-il le rappeler sur une fessée mémorable face à l'Australie (16-59), 24 des 30 joueurs présents sur cette liste pour le Tournoi y étaient. Deux, François Trinh-Duc et Maxime Mermoz, sont de retour de blessure... Ceux qui attendaient une révolution resteront certainement sur leur faim. "Je n'avais pas 30 joueurs compétitifs capables de les remplacer", souffle Marc Lièvremont. Pour ce dernier, la défaite face à l'Australie, un "accident" de parcours, pourrait s'avérer constructive et lui permettre d'être "plus exigeant et plus explicite", une réponse aux critiques émises de l'intérieur entre autres par Thierry Dusautoir et Sébastien Chabal qui ont avoué ne pas toujours tout comprendre aux entraînements proposés. "S'il y a des non-dits ou des incompréhensions, j'espère qu'ils vont continuer à s'exprimer", se félicite le sélectionneur, refusant pour autant de qualifier le projet de jeu tricolore de trop ambitieux. "Ces sont des conneries", tempête celui qui dit avoir compris très tôt les raisons de l'échec australien : "une faillite de certains et une faillite collective". "On a donné le bâton pour se faire battre", regrette-t-il. La charnière, qui était composée de Morgan Parra et Damien Traille, ont été montrés du doigt pour ne pas avoir respecté les consignes. Allez comprendre, ils sont toujours là, le second ayant même été déclaré "essentiel aux 22" (donc sur la feuille de match) par sa "super-polyvalence" qui peut lui permettre de jouer à l'ouverture comme au centre ou à l'arrière. Rien n'a changé. Et surtout pas la "trame générale". Objectif : gagner S'il n'a pas procédé qu'à des retouches au sortir d'une année 2010 contrastée entre victoire dans le Tournoi 2010 et désillusions cruelles contre l'Afrique du Sud (17-42), l'Argentine (13-41) et l'Australie (16-59), Marc Lièvremont est persuadé que son équipe est capable de défendre son titre du Grand Chelem et surtout de rivaliser lors de la Coupe du monde. "Si je suis optimiste, c'est que j'ai toujours confiance en mon groupe" dans lequel il n'y a pas "de brebis galeuses", rappelle-t-il. "Je sens un gros appétit de tous pour bien préparer et gagner ce Tournoi", ajoute-t-il. Et si le message n'était pas encore bien compris, le sélectionneur insiste: "J'ai envie d'un groupe de compétiteurs qui a l'ambition de gagner le Tournoi et d'arriver compétitif à la Coupe du monde. On ne peut pas se contenter d'un comportement de petit garçon qui subit les choses. Je veux que les joueurs retrouvent le dégoût de la défaite et de la médiocrité." Chose que les Bleus avaient oubliée contre les Wallabies assurément...