Lièvremont: "Il faut plus..."

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Lièvremont: "Il faut plus..."
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Malgré le vent et la pluie, le XV de France a fait le métier samedi à La Beaujoire face aux Fidji pour son premier match de l'automne (34-12). Pas assez pour Marc Lièvremont, passablement frustré par la prestation de ses joueurs qui, s'ils n'ont pas démérité, se sont contentés, pour lui, de gérer. Le sélectionneur met un bémol à ce constat, conscient des conditions climatiques difficiles et satisfait de la semaine d'entraînement précédant le match.

Malgré le vent et la pluie, le XV de France a fait le métier samedi à La Beaujoire face aux Fidji pour son premier match de l'automne (34-12). Pas assez pour Marc Lièvremont, passablement frustré par la prestation de ses joueurs qui, s'ils n'ont pas démérité, se sont contentés, pour lui, de gérer. Le sélectionneur met un bémol à ce constat, conscient des conditions climatiques difficiles et satisfait de la semaine d'entraînement précédant le match. Marc, ça pouvait être un match piège. Que retenez-vous de cette victoire ? Je me suis levé ce matin en me disant que je serai difficilement comblé ce soir, vu les conditions météo. Je savais que ce match nous laisserait sur notre fin. J'ai deux sentiments un peu opposés. D'un côté la satisfaction d'avoir passé l'obstacle, notamment pour les nouveaux capés, d'avoir été solidaires, d'avoir assuré l'essentiel. Et puis en deuxième mi-temps, avec moins de suspense et de stress liés au sort du match, j'aurais voulu un peu plus. J'ai rarement été aussi énervé que lors de la fin de la seconde période. J'ai bien conscience que ce n'était pas simple, que c'est le premier match d'une saison internationale. Il y a un ensemble de frustrations liées aussi au fait qu'il y aura beaucoup de changements pour le match contre l'Argentine et que j'aurais voulu que plus de joueurs se mettent en évidence. Mais les conditions ne l'ont pas permis. Peut-on tirer des enseignements d'un tel match ? Peu, d'où ma frustration. Aussi pour le public nantais. On ne vient pas si souvent à Nantes. C'est comme ça, le rugby est un sport d'extérieur et il faut savoir jouer, et surtout gagner, dans ces conditions. Donc forcément, il y a de la déception... J'ai commencé à m'agacer en fait à la sortie d'Imanol, parce qu'elle n'était pas prévue. Il y a eu un léger bug en termes de communication entre la loge et la pelouse. C'est une des raisons pour lesquelles je me suis énervé. Malgré la frustration, y a-t-il des joueurs qui sont sortis du lot ? Guilhem (Guirado) et Jérôme (Schuster) se sont farci quelques kilos de viande pendant 80 minutes. Ils s'en sont tirés plus qu'honorablement. Jérôme (Porical), à l'arrière, dans des conditions vraiment pas évidentes, a rendu une très belle copie. Fulgence Ouedraogo, par son investissement devant, et Jérôme derrière par la qualité du rugby, méritent peut-être des mentions spéciales. "Il faudra très vite corriger ce qui n'a pas été" Les conditions, qui n'ont pas permis à certains de s'exprimer, notamment Estebanez et Arias, peuvent-elles vous amener à changer le groupe envisagé pour la prochaine rencontre face à l'Argentine ? Ça doit être dur de les juger sur un tel match ? C'est aussi une raison de mon courroux et de mon agacement. Mais encore une fois, il faut que l'on soit exigeant. On sait qu'individuellement et collectivement, ce groupe a du potentiel. Une victoire dans la douleur, pour un premier match, qui aurait pu être un piège, on ne doit pas se contenter de ça. Surtout pas. Et même si ce sont de jeunes joueurs, ce sont des joueurs à fort potentiel. Il faut vouloir beaucoup plus. (Ce que l'on a produit) nous permet d'avoir assuré la victoire et que ça reste un bon souvenir pour certains jeunes joueurs. Mais il faudra très vite corriger ce qui n'a pas été et être plus ambitieux, en termes de maîtrise, de sérieux, de concentration. A mon sens, on s'est contenté de gérer. Et il faut plus. Allez-vous modifier votre groupe pour l'Argentine au vu de ce bilan ? Non, je ne crois pas. Vous regrettez que vos joueurs se soient contentés de gérer. Qu'avez-vous pensé de la charnière ? (Il souffle) Je suis content de la charnière d'une manière générale. C'est collectivement, et donc aussi individuellement, qu'à mon sens on s'est contenté de gérer. Il y a eu des soucis de concentration individuels et collectifs qui fait que je ne suis pas satisfait. Je ne parle pas de prises d'initiative parce que vu les conditions, on n'avait pas les moyens de faire beaucoup plus. Mais le haut niveau, c'est une somme de petits détails. Si les joueurs ont du mérite d'avoir gagné dans ces conditions, je ne suis pas totalement satisfait. Qu'avez-vous pensé de la performance de Damien Traille ? Je suis content de Damien même si tout n'a pas été parfait. Mais je mets un bémol à ma petite amertume et au fait que je sois grognon parce que la semaine a été sérieuse, je parle de l'investissement de Damien, de son sérieux, de son implication aux entraînements. Malgré les enseignements limités sur ce genre de match, j'engobe cette semaine d'entraînement. Même si rien ne remplace la compétition, c'est un tout et on pourra aussi s'appuyer sur ça. Qu'est-ce qui vous a empêché de jouer plus souvent sur les extérieurs, à part les conditions météo ? C'était très difficile de se faire quatre passes sur les extérieurs devant la défense. C'était une des consignes d'avant-match. Il y avait la pluie, plus le vent. On l'a fait à une ou deux occasions. Je me souviens d'une contre-attaque hasardeuse de Max (Médard) sur laquelle on a failli prendre un contre ou d'un turnover mal négocié et qui aurait pu être une occasion d'essai. Mais c'était difficile de se faire beaucoup plus de passes.