Leynaud: "Une alerte"

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Leynaud: "Une alerte"
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Au lendemain de la défaite de l'équipe de France face au Brésil (26-22), Amandine Leynaud revient sur cette deuxième période catastrophique, qui a vu les Bleues se liquéfier totalement. Pour la gardienne tricolore, ce genre de contre-performance ne peut que faire grandir le collectif, toujours aussi motivé pour atteindre la finale.

Au lendemain de la défaite de l'équipe de France face au Brésil (26-22), Amandine Leynaud revient sur cette deuxième période catastrophique, qui a vu les Bleues se liquéfier totalement. Pour la gardienne tricolore, ce genre de contre-performance ne peut que faire grandir le collectif, toujours aussi motivé pour atteindre la finale. Amandine, quel est votre sentiment après cette défaite face au Brésil ? Il est mitigé, partagé. On fait d'abord une belle première mi-temps, mais en deuxième mi-temps, elles nous ont posées énormément de problèmes. On est forcément déçues, mais on a l'impression qu'il y a deux matches. C'est dommage de perdre un match dans lequel on est si bien entrées. L'ambiance du groupe ne s'est pas détériorée pour autant ? Non, je pense qu'au contraire, ça nous alerte. Ça nous remet en question. Je pense que tous les jours, quand on fait du sport du haut niveau, il faut se remettre en question. Quand on s'entraîne autant, qu'on joue des matches aussi importants, il faut savoir se remettre en question. Et il vaut mieux que ça arrive maintenant que lors des huitièmes de finale. C'est une alerte, et vu les problèmes qu'elles nous ont posés, en attaque notamment, on va pouvoir regarder la vidéo, et trouver des solutions. Y a-t-il eu une influence de l'ambiance dans la salle, avec un public brésilien derrière son équipe ? On savait qu'à partir du moment où elles allaient commencer à y croire, ça allait être difficile. Il y a eu aussi quelques décisions arbitrales quelque peu litigieuses, mais qui sont dans le sens du match. Sur la fin, on ne fait pas grand-chose pour qu'ils sifflent de notre côté. L'ambiance joue forcément car elles jouent chez elles, et se transcendent dans ces moments-là. Après on doit réussir en première mi-temps à leur mettre la tête sous l'eau, pour qu'elles n'y croient plus du tout. On a pu voir que les Brésiliennes ont été plus agressives en défense, est-ce une déception de ne pas avoir pu en faire de même dans cette deuxième période ? C'est vrai qu'elles ont vraiment vraiment augmenté leur agressivité en deuxième mi-temps. Moi la sensation que j'ai eu, c'est qu'on a commencé à douter en attaque, et derrière on s'est mis à douter en défense, alors que c'est notre point fort. On aurait dû se reposer sur ça. Là, on n'a pas été capables de le faire et c'est dommage. Il va falloir se servir de ça pour avancer. "Pour aller en finale il faut éliminer les gros" L'équipe a-t-elle manqué d'un leader, pour sortir de cette mauvaise période ? Je pense que ça a été un échec collectif. Même s'il y en avait une qui avait été formidable, on n'aurait quand même pas réussi parce qu'on a vraiment péché en défense, et on s'est mises en difficultés toutes seules sur ce point de vue. Et après en attaque, ça a été un engrenage. Vous allez affronter Cuba, est-ce plus facile de replonger dans la compétition face à une équipe a priori plus faible ? Certes, elles apparaissent comme bien inférieures, mais ce sont toujours des jeux atypiques. Ce sont toujours des matches chiants à jouer. Ce sont des joueuses atypiques, que l'on n'a pas l'habitude de rencontrer. Après forcément si on gagne largement, ça nous redonnera un petit peu de confiance. En tout cas, pour notre part, il faut retrouver notre jeu, et notre défense, que ce soit face à une équipe forte, ou plus faible. Je pense que le collectif a envie d'être sérieux et de continuer à travailler. Y a-t-il déjà un regard vers la poule D, et votre potentiel adversaire ? On se doute bien que désormais on aura un plus gros en face. Après, pour aller en finale il faut éliminer les gros, donc il faut positiver. Maintenant c'est fait, il faut aller de l'avant. Que ce soit une grosse équipe ou une plus faible ça reste des matches où tout le monde a envie de se transcender. Ça sera à nous de montrer qu'on veut aller le plus loin possible, et qu'on est capable de le faire. On se dirige vers un quart de finale qui risque d'être face à la Russie, c'est frustrant ? Bah comme ça, on ne jouera pas en finale contre la Russie ! (rires) Oui, si derrière le huitième on tape la Russie et on gagne, au niveau capital confiance il n'y aura pas mieux, même si ça peut être à double tranchant. On savait avant qu'il fallait forcément éliminer un gros pour aller en finale, que ce soit la Russie, la Norvège ou l'Allemagne. Ce sont de très grosses équipes, et il va de toute manière falloir les battre pour passer. Au final, le groupe reste toujours aussi motivé pour décrocher cette qualification pour Londres ? Bien sûr ! Ce n'est pas parce qu'on fait une mauvaise deuxième mi-temps qu'il faut tout remettre en question. On a fait des choses très bien face au Brésil. C'était moins bien en deuxième mi-temps, mais je pense vraiment que ça peut nous faire grandir pour la suite.