Leur cabane au Canada

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Leur cabane au Canada
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Une semaine après avoir fait dans l'à-peu-près face au Japon, le XV de France doit se construire un succès pour durer dans cette Coupe du monde, dimanche à Napier face à de surprenants Canadiens. Du solide et du fondateur pour, qui sait, signer au passage un nouveau succès bonifié et s'éviter toute frayeur, en mettant un pied en quarts de finale avant même le choc face aux All Blacks.

Une semaine après avoir fait dans l'à-peu-près face au Japon, le XV de France doit se construire un succès pour durer dans cette Coupe du monde, dimanche à Napier face à de surprenants Canadiens. Du solide et du fondateur pour, qui sait, signer au passage un nouveau succès bonifié et s'éviter toute frayeur, en mettant un pied en quarts de finale avant même le choc face aux All Blacks. "La France n'est pas la Nouvelle-Zélande." C'est par ce genre de constat révolutionnaire, que Marc Lièvremont a conclu samedi matin la préparation de la nouvelle levée des Bleus dans cette Coupe du monde, face au Canada. Et motivé ses joueurs à sa façon: "Je ne suis pas sûr que, même avertis après notre match peu abouti de la semaine dernière, on soit capable comme l'ont fait les Néo-Zélandais (ndlr, victoire 83-7 face au Japon) de faire preuve de la même constance sur un match qu'ont pu le faire les Blacks." Il y a une semaine, avant d'affronter et de friser la correctionnelle face au Japon, l'équipe de France avait laissé percevoir un manque d'investissement qui faillit lui coûter cher face aux Nippons, à l'occasion d'une fin de semaine d'entraînement bâclée. Suffisant pour mettre la puce à l'oreille du sélectionneur tricolore. A l'heure d'affronter Jamie Cudmore et ses fiers Canucks à Napier - cette charmante cité de bord de mer, où l'on se pince pour deviner qu'on accueille ici une Coupe du monde de rugby - ce n'est cette fois pas tant de la part des Tricolores que l'on craint un relâchement. Encore qu'on ne soit plus sûr de rien avec cette équipe... D'ailleurs, Lièvremont notait samedi: "Il y a eu une bonne semaine de travail, avec de la concentration. On espère que ce sera mieux." Sous la férule d'Aurélien Rougerie, nouveau capitaine à l'enthousiasme et au dynamisme communicatifs, les Bleus ont d'autant plus intérêt à y mettre l'engagement et le combat attendus à ce niveau de compétition que les Canadiens, fidèles à leur réputation de bûcherons rugueux, seront à l'affût pour châtier tout manquement français. Pour peu que les forces ne finissent pas par manquer aux 22 acteurs de la victoire surprise face aux Tonga (25-20), que Kieran Crowley (le sélectionneur néo-zélandais du Canada et ancien All-Black) a choisi de reconduire comme un seul homme quatre jours plus tard. Le huitième de finale est avancé Un succès qui suffit à lui seul à redessiner les contours de cette poule A, où Lièvremont avait imaginé - un peu vite - disputer la deuxième place aux joueurs du Pacifique, au final loin du compte. "A la faveur d'une victoire contre le Canada, on ne serait pas loin d'une qualification pour les quarts de finale, mais ça ne change rien sur nos ambitions de réaliser un bon match ce week-end d'une part, et de réaliser deux bons matches dans la continuité", se doit de constater le coach des Bleus, qui serait en effet quasiment assuré de rejoindre les huit meilleures équipes du tournoi en cas de succès bonifié. Avant ça, le huitième de finale de ces messieurs est avancé. Et la cote des Canadiens, face auxquels les états de service du XV de France ont plutôt de quoi rassurer (voir encart), sera pourtant montée en flèche toute cette semaine. "Je suis étonné par la victoire du Canada, son organisation et ses joueurs de qualité, qui ne s'échappent pas au niveau de l'engagement, avoue l'ouvreur François Trinh-Duc. Ce sera un match âpre." Trinh-Duc, un des quatre joueurs, avec Servat, Rougerie (déplacé à l'aile) et Clerc, à enchaîner une seconde titularisation. A l'inverse, ils seront sept - Ducalcon, Guirado, Millo-Chluski, Ouedraogo, Picamoles devant, Mermoz et Traille derrière, en tribunes la semaine dernière - à risquer de manquer de rythme, un mois après leur dernière rencontre en bleu. Autant de candidats dans l'obligation de soigner la manière, pour espérer décrocher un aller direct pour l'Eden Park, théâtre dans une semaine du choc face aux Blacks. "Il y a des places à gagner pour la suite de la compétition, tout le monde en est conscient", résume ainsi le deuxième ligne Pascal Papé. Si fragile, le collectif tricolore doit enfin construire sur du solide. Et enfin assumer le statut de l'équipe de France, au milieu de ce flot de discours prudents et teintés d'un début de sinistrose, qui pointe à l'horizon après le départ de Skrela et l'annonce de la blessure de Mas. Un pessimisme que Lièvremont entretient, lorsqu'il entre dans ce jeu des comparaisons: "Je veux parler de cette différence qu'il y a entre une équipe néo-zélandaise qui montre son respect, d'une certaine manière, et jusqu'à la dernière seconde - en écrabouillant son adversaire - face à des comportements plus latins qui font que très vite, sur un match jugé plus facile et avec une entame de match qui l'est tout autant, on est plus léger. C'est comme ça. J'espère qu'au-delà de la victoire, on saura être plus propre sur les contenus." On préfèrera s'en remettre au discours de Jean-Baptiste Poux, soldat de l'ombre: "Le Canada est plus physique que le Japon et possède aussi des joueurs talentueux. Cette équipe joue bien, mais on a un statut à démontrer. C'est bien beau d'annoncer des choses, maintenant il faut aussi le prouver sur le terrain." On n'aurait pas mieux dit...