Les vérités de Lloris

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Les vérités de Lloris
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Au lendemain de l'élimination de Lyon en huitièmes de finale de la Ligue des champions par le Real Madrid (3-0 au retour), Hugo Lloris s'est invité au point presse du jour jeudi pour confier sa déception. D'habitude mesuré, le gardien de but de l'équipe de France, apparu agacé mercredi soir après le match, a fait part de sa frustration devant la campagne européenne de l'OL.

Au lendemain de l'élimination de Lyon en huitièmes de finale de la Ligue des champions par le Real Madrid (3-0 au retour), Hugo Lloris s'est invité au point presse du jour jeudi pour confier sa déception. D'habitude mesuré, le gardien de but de l'équipe de France, apparu agacé mercredi soir après le match, a fait part de sa frustration devant la campagne européenne de l'OL. Hugo Lloris parle peu à la presse et lorsqu'il décide de le faire, il ne faut en général pas s'attendre à des déclarations tonitruantes ou à des prises de position très tranchées. Jeudi pourtant, alors que Kim Källström était prévu au point-presse du jour, c'est le gardien international qui s'est présenté pour revenir sur le huitième de finale retour de la Ligue des champions perdu la veille à Santiago-Bernabeu (3-0), défaite synonyme d'élimination pour l'OL. Et pour une fois, l'intéressé n'est pas venu pour ne rien dire, se montrant visiblement déçu de la tournure prise par les événements à Madrid, une déception déjà perceptible à l'issue de la rencontre. L'ancien Niçois avait ainsi traversé la zone mixte, où se croisent médias et joueurs, sans lâcher le moindre mot, de peur d'en dire trop ? Interrogé sur cet agacement perceptible, Lloris a répondu jeudi: "C'est la tension du match et bien sûr la déception de se faire éliminer de la sorte, ça fait partie du jeu, mais on ne peut pas toujours sortir d'un match avec la banane." Point de banane pour un joueur qui aura été le seul à évoluer à son niveau face à Benzema et consorts, retardant longtemps l'échéance à force parades et sorties décisives. Pas suffisamment cependant pour empêcher la sortie de route de l'OL, d'où l'amertume de Lloris: "C'est le Real Madrid, une très belle équipe avec un bon entraîneur, mais quand on est gardien et qu'on prend trois buts, ça ne fait pas plaisir." Et le portier des Gones de poursuivre, à l'attention de ses partenaires: "Je pense que tout le monde n'était pas à 200%, on a fait trop d'erreurs pour espérer quoi que ce soit et on sait qu'en Ligue des champions, ça se joue dessus. On aurait dû être plus présents dans le combat, dans l'engagement, notamment dans le premier quart d'heure, pour montrer qu'on était ambitieux." Les fautifs se reconnaîtront et Lloris, lancé, enchaîne à propos du parcours lyonnais en Ligue des champions cette saison: "Il faut être réaliste, sur nos trois derniers déplacements (en Ligue des champions, ndlr), on en prend quatre à Benfica, trois contre Schalke, trois à Madrid, on a montré beaucoup de fébrilité et pas assez de rigueur pour prétendre aller loin dans cette compétition." Les retours de Ribéry et Evra en Bleu ? "C'est une bonne chose" Lyon est donc à sa place aux portes du Top 8 européen pour le gardien de l'équipe de France qui, malgré la déception de voir la C1 lui filer une fois de plus sous le nez (cette déception le poussera-t-elle à aspirer à un départ dans un grand club européen la saison prochaine ?), appelle le groupe à se remobiliser au plus vite: "Le plus important, c'est la solidarité. Il faut se servir de ce match pour grandir. On doit se redresser, car si on veut pouvoir rejouer ces matches-là, il faut atteindre au moins la troisième place. Et nous, les joueurs, on est tous venus à Lyon pour jouer ces matches-là. Il y a un match important qui arrive samedi (face au Stade Rennais à Gerland, ndlr) et il faut se concentrer sur la récupération." Un vrai discours de patron de la part d'un joueur qui, à 24 ans, prend de plus en plus d'importance en dehors du terrain, et s'est même permis pour finir de commenter les retours en équipe de France de Franck Ribéry et Patrice Evra, annoncés en début d'après-midi par le sélectionneur Laurent Blanc: "C'est une bonne chose, ils sont de plus en plus en forme, ce sont de grands joueurs. Il faut repartir de l'avant, on a tous fait des erreurs, mais ça nous a servi de leçon, il faut repartir de plus belle."