Les quatre vérités de Blanc

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Les quatre vérités de Blanc
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EQUIPE DE FRANCE - Laurent Blanc a accordé une interview au Parisien n'éludant aucun sujet.

EQUIPE DE FRANCE - Laurent Blanc a accordé une interview au Parisien n'éludant aucun sujet. Un peu moins d'un mois après sa prise de fonction et sa première conférence de presse en tant que sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc a accordé une longue interview au Parisien - Aujourd'hui en France, publiée mercredi, dans laquelle il revient sur tous les sujets touchant de près ou de loin les Tricolores. Le nouveau patron des Bleus confie notamment être prêt à sélectionner Franck Ribéry et Karim Benzema, même si ces derniers ont été mis en examen dans le cadre de l'affaire Zahia. De même, il n'exclut pas de rappeler sous le maillot tricolore Nicolas Anelka, banni des Bleus après avoir insulté son prédécesseur Raymond Domenech, ou Patrice Evra, capitaine lors du fiasco de la Coupe du monde, si ces derniers ne sont pas soumis à des sanctions disciplinaires. "Profondément triste et choqué" suite aux événements de Knysna, l'ancien entraîneur de Bordeaux avoue être "resté scotché devant (sa) télévision", estimant que "le comportement des joueurs a été inadmissible", ce qui a justifié sa décision de priver les 23 mondialistes du match amical face à la Norvège, prévu le 11 août prochain. "Je me suis demandé s'il fallait punir un ou plusieurs joueurs, notamment ceux qui avaient eu plus de responsabilité que les autres. Et j'en suis arrivé à la conclusion que tout le monde était responsable". Il a donc décidé de "sanctionner sportivement les 23 qui étaient dans le bus". "Je ne serai même pas monté dans le bus" Revenant sur l'épisode du bus, Laurent Blanc estime qu'il n'y serait "même pas monté". Pour lui, la question des insultes de Nicolas Anelka adressée à Raymond Domenech, ce qui avait, rappelons le, entraîné son exclusion du groupe et la grève de ses coéquipiers, aurait dû être traitée en interne : "Ce qui s'est passé à la mi-temps de France-Mexique, je l'ai vu arriver plusieurs fois. Mais ça doit se régler en interne avec beaucoup d'autorité et un peu de dialogue, et surtout cela ne doit pas sortir dans les médias. Si un joueur vous manque de respect, il faut que vous rétablissiez ce respect. Si vous n'y arrivez pas, il y a deux solutions : vous partez ou c'est le joueur qui part". L'occasion pour le champion du monde 98 d'effectuer une mise au point sur ses méthodes : "Il faut surtout déterminer un cadre de fonctionnement et faire comprendre au joueur que s'il sort du cadre, il va s'éliminer lui-même. Pas besoin d'une charte écrite ou lue, cela se passera en interne entre eux et moi". Pour Laurent Blanc, "les critères de sélection doivent évoluer, y compris dans les centres de formation. A côté des critères de performance, il faut aussi prendre en compte le comportement et l'éducation. Si le joueur n'a pas un bon comportement, il faut être radical, il faut le dégager". S'il "regrette que cette Coupe du monde n'ait pas permis de dégager cinq joueurs incontournables", Le Président espère trouver une "ossature" composée de "sept ou huit joueurs" et n'entend pas s'enfermer dans une tactique préétablie. "Je veux qu'on soit capable de changer de système par rapport au score ou à l'adversaire". Laurent Blanc aura l'occasion de mettre en pratique ses idées dès le 11 août prochain face à la Norvège. Un match amical disputé à Oslo pour lequel le nouveau sélectionneur a déjà établi sa liste, composée de nombreux joueurs de Ligue 1, ces derniers ayant commencé leur préparation bien avant leurs compatriotes évoluant à l'étranger. Un salaire "entre 1 millions et 1,2 millions d'euros brut par an" Se définissant avant tout comme un "homme de terrain", Laurent Blanc estime par ailleurs que les politiques en "ont trop fait" sur les événements qui se sont déroulés en Afrique du Sud, en organisant notamment des débats à l'Assemblée Nationale. A la fois prudent et réaliste, il estime qu'"il faut un juste milieu" dans les relations entre football et politique. "La récupération ? Ça existe tout le temps ! Et ça existera encore plus parce que les politiques sont très intelligents et très opportunistes. Mais l'amoureux de football que je suis n'oublie pas leur contribution pour l'Euro 2016. Alors il ne faut pas leur demander de se mêler de ce qui les regarde et oublier le soutien qu'ils nous ont apporté". L'ancien international tricolore aux 97 sélections avoue également n'avoir jamais soutenu un parti : "La politique m'intéresse, bien sûr, mais je garde mes opinions pour moi. Les deux camps m'ont déjà sollicité, mais la réponse a été la même pour les deux". Franc sur le thème de la politique, Laurent Blanc l'est tout autant sur la question de l'argent. "Si on analyse les choses froidement, on constate que le football génère des sommes d'argent monstrueuses. Quand on voit le montant des droits télés et les budgets des clubs de Ligue 1, il est tout à fait normal que les joueurs gagnent autant. Sur la question de la suppression des primes versées aux joueurs de l'équipe de France, le nouveau sélectionneur estime que "c'est de la démagogie" : "Quand l'équipe de France joue, elle rapporte de l'argent. Si les joueurs gagnent, il est normal qu'ils touchent une prime". Ainsi, il n'entend pas renoncer à sa double prime de sélectionneur et n'hésite pas à révéler son salaire, "équivalent à celui d'un entraîneur de milieu de tableau en Ligue 1" : "entre 1 millions et 1,2 millions d'euros brut par an". La transparence est désormais de mise en équipe de France où la communication de Laurent Blanc se révèle bien différente de celle de son prédécesseur. Reste désormais à savoir si un changement si radical s'effectuera également sur le terrain.