Les Pumas pour le plaisir

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Les Pumas pour le plaisir
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Si renoncer ne fait pas partie du vocabulaire des Pumas, l'Argentine, qui a déjà rempli son contrat en se qualifiant pour les quarts de finale pour la troisième fois de son histoire, n'aura rien à perdre dimanche contre la Nouvelle-Zélande. Cette affiche sera surtout une superbe occasion pour les anciens de faire leurs adieux et de lancer la nouvelle génération.

Si renoncer ne fait pas partie du vocabulaire des Pumas, l'Argentine, qui a déjà rempli son contrat en se qualifiant pour les quarts de finale pour la troisième fois de son histoire, n'aura rien à perdre dimanche contre la Nouvelle-Zélande. Cette affiche sera surtout une superbe occasion pour les anciens de faire leurs adieux et de lancer la nouvelle génération. "Dimanche soir, je ferai la fête." Martin Scelzo ne sera pas le seul. Quel que soit le résultat obtenu dimanche face à la Nouvelle-Zélande, le pilier de Clermont et les trois autres glorieux grognards de l'Argentine, Rodrigo Roncero, Felipe Contepomi et plus encore Mario Ledesma qui devrait faire ses adieux de joueur à l'occasion de ce quart de finale d'ores et déjà promis aux All Blacks, devraient s'attarder dans la nuit d'Auckland pour étirer autant que possible le plaisir. Celui d'avoir nourri pendant plus de dix ans, 15 pour « Super Mario », les plus belles pages du rugby argentin, dont le point d'orgue restera la troisième place obtenue lors de la Coupe du monde 2007, moment choisi par Agustin Pichot pour refermer sa carrière internationale. Quatre ans plus tard, les anciens fidèles lieutenants du Petit Caporal se sont offert à leur tour une sortie (à moins d'un improbable exploit) de gala en Nouvelle-Zélande. "Affronter la meilleure équipe du monde est un fantastique défi pour nous, confirme Horacio Agulla, l'ailier argentin. Ça va être un match inoubliable. Jouer les All Blacks en Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, c'est le rêve !" Un cadeau (empoisonné), décroché aux dépens de l'Ecosse, qui semble presque suffire au bonheur des Pumas. "Nous sommes très contents d'avoir décroché cette qualification qui était l'objectif que nous nous étions fixé, reconnaît Santiago Phelan, le sélectionneur argentin. Nous avons joué match après match. Je crois que c'est très important pour l'équipe et pour le groupe d'avoir obtenu cette qualification." Tenir en défense et après... Malgré l'absence de Dan Carter, le maître à jouer des All Blacks, l'Argentine peut-elle voir plus loin ? Personne n'ose y croire au pays. Et on irait même plus loin en affirmant que les joueurs eux-mêmes ne l'envisagent pas sérieusement. Mais le Puma est fier et ne rendra les armes qu'après 80 minutes d'un intense combat dont la clé sera sa capacité à résister le plus longtemps possible. "Il faudra être très présents en défense, leur montrer dès le début qu'on est très forts à ce niveau, prendre le dessus en se montrant meilleurs et en ayant moins de points faibles qu'eux", explique Scelzo. "Il ne faut même pas leur donner dix minutes, sinon ils peuvent vous mettre cinq essais. On devra être intelligents et jouer avec passion et avec notre coeur. On doit être concentrés à 100 % et se faire confiance les uns les autres", insiste Agulla. "On ne pourra se permettre aucune erreur. Les All Blacks font partie de ces équipes qui profitent de la moindre petite erreur pour marquer. Donc on devra livrer un match sans faute. Ce sera difficile d'y arriver, mais c'est notre but", ajoute Nicolas Vergallo, le demi de mêlée des Pumas et du Stade Toulousain. Si tant est qu'ils tiennent jusqu'au bout, chose qu'ils n'étaient pas loin de réussir contre les Anglais en ouverture de la compétition, alors les Argentins pourront espérer rivaliser. "Si on arrive à appuyer notre défense et à bien gérer les mêlées et les alignements, on n'est pas faciles à jouer non plus. On va vers l'avant, on a des avants très costauds et mobiles, et des arrières qui savent jouer au rugby", prévient Scelzo. Bref, une équipe, une vraie, qui a réussi sa transition de l'après-2007 et qui par ce quart de finale, quelle que soit l'issue, peu importe les départs programmés de ses derniers dinosaures, s'est ouvert un avenir. Une belle façon de mettre le pied dans le Four Nations, extension du Tri Nations, où un jour, peut-être, battre les All Blacks sera de l'ordre du possible pour les héritiers des Pichot, Ledesma, Roncero et autre Contepomi...