"Les hooligans serbes sont connus"

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"Les hooligans serbes sont connus"
L'Italie et la Serbie risquent des sanctions après les incidents à Gênes.@ REUTERS
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INTERVIEW - Patrick Mignon, sociologue du sport, revient sur les incidents du match Italie-Serbie.

Mardi soir, le match de qualification pour l’Euro 2012 entre l’Italie et la Serbie a été arrêté au bout de six minutes à cause de violents débordements dans le stade. Au total, 16 personnes blessées et 17 supporteurs serbes interpellés. Patrick Mignon est sociologue à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Pour Europe1.fr, il détaille ces incidents.

Comment ces événements peuvent-ils se reproduire à chaque fois ?

C’est la conjonction de deux facteurs : d’une part les liens qui existent entre le hooliganisme et le nationalisme et d’autre part, le manque de préparation autour de cette rencontre. La Serbie venait de perdre contre l’Estonie (3-1) et ses supporteurs étaient très remontés. L’Italie n’a pas suffisamment encadré cette rencontre.
La fédération de football serbe et le gouvernement sont également responsables. La fédération doit connaître ses supporteurs et mieux organiser leurs déplacements. De son côté, le gouvernement doit écarter les personnes dangereuses.
Si vous prenez le cas de l’Allemagne, il existe aujourd’hui à la fédération un responsable qui s’occupe uniquement des questions de supporteurs.

Le hooliganisme est-il un phénomène nouveau en Serbie ?

Depuis la chute du mur de Berlin, les mouvements nationalistes se sont renforcés en Europe de l’Est. Ce nationalisme trouve une traduction dans le football. Aujourd’hui, le hooliganisme est très fort en Serbie. Il existe dans les clubs, on se souvient de la triste histoire de Brice Taton, et autour de l’équipe nationale.
Il y a encore quelques années, quand on parlait de hooliganisme, on pensait immédiatement à l’Angleterre. Aujourd’hui, la Serbie et les pays d’Europe de l’Est figurent tout en haut de ce tableau noir.

Quelles pourraient être les sanctions efficaces ?

Les sanctions existent déjà au niveau de l’UEFA. Elles vont de la suspension d’un terrain jusqu’à la suspension d’une équipe de la compétition en passant par des pénalités.
Si l’UEFA décide de retirer trois points à la Serbie, la fédération va certainement bouger. Mais il faut aussi agir sur plusieurs tableaux. L’Etat doit aussi faire un effort.