"Les gens sont sympas avec moi"

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"Les gens sont sympas avec moi"
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ÉQUIPE DE FRANCE - Le sélectionneur des Bleus se livre dans Psychologies magazine.

ÉQUIPE DE FRANCE - Le sélectionneur des Bleus se livre dans Psychologies magazine.Raymond Domenech a pris l'habitude de communiquer de manière originale. Après avoir choisi d'être interrogé par des personnes du public dans le "Canal Football Club" sur Canal+, le 11 avril dernier, et avant l'annonce de la liste des 23 pour la Coupe du monde, le 11 mai prochain, dans le 20h00 de Laurence Ferrari, le sélectionneur des Bleus passe à confesse dans le numéro du mois de mai de Psychologies magazine.Et Domenech rejette l'étiquette qui lui est souvent accolée de personnalité détestée des Français. "Vous avez fait un sondage ?, interroge-t-il. Parce que je peux vous dire que quand je me balade dans Paris, je ne trouve pas une personne pour m'insulter, mais j'en rencontre des centaines qui veulent me faire signer des autographes..." Et le sélectionneur tricolore de prendre un exemple concret pour appuyer ses dires : "l'autre jour, dans le métro, quand le conducteur m'a vu, il m'a appelé et m'a fait monter dans sa cabine pour faire le trajet avec lui ! Les gens sont vraiment sympas avec moi.""Joueur, j'avais l'impression d'être une sorte de gladiateur"En un mot, comme en cent, Domenech résume : "il y a un immense décalage entre l'image que les médias donnent de moi et la réalité de ce que je vis." Parmi cette réalité, il y a pourtant les nombreux sifflets qui ont accompagné l'annonce de son nom lors des dernières sorties des Bleus. Citant l'anthropologue et sociologue Gustave Le Bon, auteur de Psychologie des Foules, Domenech argumente : "Les gens se laissent bouffer par une ambiance de stade. De groupe. (...) Prenez le métro (décidément...), regardez : quand deux personnes sont ensemble, elles discutent tranquillement ; à trois, elles commencent à parler plus fort. Mais, dès qu'un groupe se forme, c'est à celui qui se fera le plus entendre. Alors, quand il y a quatre-vingt mille personnes réunies dans un stade, forcément, le niveau baisse, et c'est le premier abruti qui parlera fort qui sera suivi."Sous les insultes, Domenech pense avant tout au bien de ses joueurs. "Je m'inquiète seulement de l'impact qu'elles peuvent avoir sur l'équipe, précise-t-il. Je sais que si j'étais joueur avec eux et que j'entendais cela, il ne faudrait pas qu'un adversaire passe à un mètre de moi : je le couperais en deux." D'un naturel violent, Raymond Domenech ? "Joueur, déjà, j'avais cette impression d'être une sorte de gladiateur du temps des Romains : j'étais là pour amuser la galerie, pour leur permettre de se défouler. J'ai toujours été dans une espèce de haine-amour avec le public, avec les journalistes... Je n'ai jamais laissé indifférent." On ne peut évidemment pas le contredire sur ce point.