Les Français jugent Cielo

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Les Français jugent Cielo
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Réunis ce jeudi dans un hôtel proche de Roissy avant de s'envoler pour Singapour où ils seront en stage jusqu'au 20 juillet, date de leur départ pour Shanghai, les nageurs français ont été interrogés sur le cas Cesar Cielo, contrôlé positif à un diurétique. Si certains ont adopté une prudente réserve, d'autres, à l'instar d'Alain Bernard, ont estimé justifiée l'attitude de la FINA qui a fait appel de la faible sanction infligée par la Fédération brésilienne à son nageur.

Réunis ce jeudi dans un hôtel proche de Roissy avant de s'envoler pour Singapour où ils seront en stage jusqu'au 20 juillet, date de leur départ pour Shanghai, les nageurs français ont été interrogés sur le cas Cesar Cielo, contrôlé positif à un diurétique. Si certains ont adopté une prudente réserve, d'autres, à l'instar d'Alain Bernard, ont estimé justifiée l'attitude de la FINA qui a fait appel de la faible sanction infligée par la Fédération brésilienne à son nageur. Il y a ceux qui n'ont rien vu ni rien entendu, ceux qui ont entendu mais n'ont pas grand-chose à déclarer, et ceux qui ont entendu et espèrent bien que l'affaire n'en restera pas là. Moins d'une semaine après l'annonce du contrôle positif à un diurétique du sprinteur brésilien Cesar Cielo et de trois de ses compatriotes, l'affaire a animé en partie la rencontre prévue jeudi dans un hôtel du Bourget entre la presse et les sprinteurs tricolores, en partance le lendemain avec l'équipe de France au grand complet pour Singapour pour le stage terminal en vue des Mondiaux de Shanghai qui, pour la natation proprement dite, débuteront le 24 juillet. Fidèle à la ligne qu'il a vite adoptée sur le sujet, Frédérick Bousquet, il est vrai lui-même contrôlé positif à un stimulant, l'heptaminol, en juin 2010, et (légèrement) sanctionné depuis (deux mois de suspension), a refusé purement et simplement de parler du sujet, renvoyant les curieux dans les cordes: "Je ne tiens pas à m'exprimer sur Cesar, sur ce qui se passe autour de Cesar, ou sur cette histoire tout simplement." Son jeune compatriote, Yannick Agnel, a de son côté fait mine de ne rien savoir, ou si peu: "Je n'ai pas vraiment suivi. Heureusement que j'arrive en équipe de France pour me tenir un peu au courant. Je n'ai pas vraiment grand-chose à dire là-dessus." Avant de se montrer un peu plus loquace devant l'insistance de ses interlocuteurs: "J'aurais envie de vous répondre que l'humanité est parfaite, que les gens sont tous gentils et que dans tous les sports, ils sont tous propres. Malheureusement, ce n'est pas la réalité. C'est malheureux, mais c'est comme ça. Concernant Cesar, c'est à la Fina de décider, de statuer. On peut respecter la présomption d'innocence..." De son côté, Fabien Gilot, qui sera sans doute le plus sérieux rival français de Cesar Cielo à Shanghai sur la distance reine du 100 mètres si ce dernier est autorisé à nager, prenait l'air détaché de celui qui, de toute façon, préfère ne se concentrer que sur son cas: "Je n'y fais pas spécialement attention, parce que c'est une décision qui ne me regarde pas. Je n'ai aucun pouvoir là-dessus. Ça me dépasse. Il y a des gens qui sont compétents pour prendre les décisions concernant les problèmes de dopage. Ils sont plus à même à répondre à cette question que moi." Bernard: "Pour moi, ça paraît louche" Bref, pas grand monde pour commenter le contrôle du double champion du monde du 50 et du 100 mètres et la sanction bien clémente (simple avertissement) que lui a infligée sa Fédération, d'où l'appel déposé mercredi par la Fédération internationale (FINA) auprès du Tribunal arbitral du Sport. C'est finalement du côté du champion olympique Alain Bernard, battu par Cielo lors de la finale du 50 mètres à Pékin, qu'il faut aller chercher une parole discordante: le Provençal, qui s'était déclaré "surpris" au moment de l'annonce du contrôle positif et avait trouvé "clémente" la sanction de la Fédération brésilienne, s'est ainsi montré satisfait de la décision de la FINA de ne pas en rester là: "C'est normal. Ça me paraissait assez clément, assez doux comme sanction de la part de la Fédération brésilienne. Il est tout à fait normal que la Fina se penche sur ce dossier. Et que s'il y a eu cas de dopage qu'elle prenne les mesures adéquates." Et pas question pour Bernard de rapprocher cette clémence de celle qui avait touché Bousquet, qui avait expliqué son contrôle par la prise d'une crème contre les hémorroïdes: "C'est vrai que c'était une suspension clémente mais ça tenait un peu plus debout. Le cas de Fred, il nous l'a expliqué, on s'est vu en interne à Dubaï, il avait le coeur gros comme ça. Ça peut arriver de faire une erreur mais là je pense que ça dépasse le cadre de l'erreur. Pour moi, ça paraît louche." Le Tribunal arbitral du Sport de Lausanne va devoir en tout cas aller vite pour se pencher sur l'appel de la FINA et délivrer, ou non, un visa pour Shanghai à Cielo et ses compatriotes. Cielo ou non, Fabien Gilot conclut en estimant que cela ne changera finalement pas grand-chose au problème: "Ça serait une erreur de se concentrer sur un homme. Pour moi, il y aura sept hommes à battre. Il y a des subterfuges et des finesses que je ne contrôle pas. Ça ne me regarde pas. Et ça serait une erreur de me concentrer là-dessus. En plus, honnêtement, je ne pense pas que ce soit l'homme le plus dangereux aujourd'hui sur 100 mètres. Je fais plus attention à Hayden et Adrian, deux hommes dont vous oubliez souvent de parler." Certes, mais avec un double champion du monde en moins, ça aide à viser plus haut...