Les filles au bord du vide

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Les filles au bord du vide
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2010, une année à oublier pour les joueuses françaises. Un an après la retraite d'Amélie Mauresmo, le tennis féminin français se cherche un leader capable de tirer les autres vers le haut. Avec seulement deux joueuses, Marion Bartoli et Aravane Rezaï, dans le Top 75 mondial à la fin de la saison (contre six en 2009), la crise est bien profonde. Nommée le week-end dernier responsable du haut niveau féminin, Alexandra Fusai, ancienne professionnelle, a du pain sur la planche.

2010, une année à oublier pour les joueuses françaises. Un an après la retraite d'Amélie Mauresmo, le tennis féminin français se cherche un leader capable de tirer les autres vers le haut. Avec seulement deux joueuses, Marion Bartoli et Aravane Rezaï, dans le Top 75 mondial à la fin de la saison (contre six en 2009), la crise est bien profonde. Nommée le week-end dernier responsable du haut niveau féminin, Alexandra Fusai, ancienne professionnelle, a du pain sur la planche. Qu'il semble loin le temps où le tennis féminin français pouvait se vanter de posséder un beau contingent de joueuses évoluant dans le Top 50 de la WTA. Et pourtant, il n'y a pas besoin de remonter bien loin, au début des années 2000, pour trouver trace d'un joli tir-groupé des Françaises dans le haut de la hiérarchie. A l'époque, la jeune Amélie Mauresmo côtoyait les «anciennes» Mary Pierce, Nathalie Tauziat, Julie Halard et Sandrine Testud dans les premiers rangs du classement mondial. La réalité d'aujourd'hui est toute autre. Pour la première fois de la décennie, seules trois joueuses (Marion Bartoli, Aravane Rezaï et Alizé Cornet) figurent parmi les cent meilleures du monde, dont deux seulement, les deux premières nommées, dans le Top 75. Ce net recul, quand six filles appartenaient encore au Top 75 il y a un, est brutal mais vient logiquement sanctionner une saison quasi blanche des représentantes tricolores. Aravane Rezaï, en progression jusqu'au mois d'août avant d'accumuler les contre-performances, est la seule à avoir atteint une finale sur le circuit. La Stéphanoise en a disputé deux, pour deux titres dont celui important de Madrid au printemps. Dix-neuvième mondiale, elle pointe trois rangs derrière la n°1 française, Marion Bartoli, qui a reculé de cinq places malgré son objectif d'intégrer le Top 10. Derrière ? C'est le néant ou presque. Alizé Cornet, qui s'est séparée de son coach Pierre Bouteyre, poursuit sa dégringolade (78e). La Niçoise, 11e mondial en février 2009, est à la recherche d'une confiance que sa fragilité émotionnelle a fini par anéantir. A 20 ans, elle demeure néanmoins l'une des rares Françaises au potentiel affirmé mais le temps commence à se faire long. Mladenovic freinée par les blessures Virginie Razzano, aussi, a un tennis qui n'est pas en phase avec son classement actuel, 114e, conséquence de blessures qui l'ont handicapée une grande partie de l'année. Quant à Mathilde Johansson (103e), Pauline Parmentier (106e) et Julie Coin (215e), le dernier palier semble trop difficile à franchir. Dans ce contexte, la Fédération française de tennis mise beaucoup sur les jeunes pousses dont la chef de file, Kristina Mladenovic (17 ans), fut n°1 mondiale chez les Juniors avant de connaître cette saison un gros coup d'arrêt en raison de blessures (genou et poignet) qui l'ont fait rétrograder à la 351e place mondiale après avoir pointé à la 171e en avril. Cette mission d'accompagner les jeunes vers le plus haut niveau, voilà l'un des axes de travail sur lequel va devoir se pencher Alexandra Fusai, nommée le week-end dernier responsable du haut niveau féminin. L'ancienne joueuse professionnelle, 37e mondiale à l'apogée de sa carrière en 1998, prendra ses fonctions au sein de la Direction technique nationale le 3 janvier prochain. "En étroite collaboration avec Patrice Hagelauer (le DTN), elle aura pour mission principale d'élaborer et de mettre en oeuvre un plan de redressement du tennis féminin, afin que la France retrouve son rang parmi les nations les plus compétitives", indique la FFT. Un sacré challenge, d'autant que l'équipe de Fed Cup, qui a dû disputer les barrages pour se maintenir dans l'élite, devrait encore y avoir droit l'an prochain vu le pedigree de la Russie, son adversaire du premier tour. Mais il sera difficile de faire pire en 2011.