Les crève-coeurs de Skrela

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Les crève-coeurs de Skrela
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Contraint d'annoncer jeudi dernier la mort dans l'âme son départ de Toulouse, David Skrela, libéré par l'officialisation de son transfert à Clermont la saison prochaine, savourait depuis ce mardi matin son statut de remplaçant pour affronter l'Ecosse samedi, au Stade de France. Las. Blessé à l'entraînement, l'ouvreur toulousain doit renoncer, remplacé par Vincent Clerc.

Contraint d'annoncer jeudi dernier la mort dans l'âme son départ de Toulouse, David Skrela, libéré par l'officialisation de son transfert à Clermont la saison prochaine, savourait depuis ce mardi matin son statut de remplaçant pour affronter l'Ecosse samedi, au Stade de France. Las. Blessé à l'entraînement, l'ouvreur toulousain doit renoncer, remplacé par Vincent Clerc. Joueur talentueux, c'est une évidence, David Skrela est aussi, ce qui ne gâche rien, un garçon adorable. Mardi matin, s'il goutait forcément son statut de doublure de François Trinh-Duc à l'ouverture du XV de France pour affronter l'Ecosse samedi, au Stade de France, lui que l'on avait imaginé rayé des listes du sélectionneur, l'ouvreur international avait surtout une pensée pour ses partenaires toulousains, Yannick Jauzion et Vincent Clerc, évincés du groupe et invités à rentrer dans leurs foyers en soirée. Prié de dire s'il était "surpris" de cette mise à l'écart de Jauzion, pourtant fort de 70 sélections, Skrela avait répondu: "Surpris ? Oui, c'est sûr. En plus, moi, je joue avec lui en club, je connais ses qualités. C'est un très grand joueur de rugby, quelqu'un qui m'a fait beaucoup progresser en jouant à ses côtés." "Ça prouve aussi que les joueurs qui vont jouer ont du talent parce que lui en a beaucoup. Comme c'est un grand homme avant tout, il sait prendre du recul et il sera là si on compte sur lui." "On se doutait qu'on n'allait pas être tous dans l'équipe des 23. On est très déçus pour eux (...) Le choix des coaches est ce qu'il est, même si on aurait préféré jouer avec des Toulousains." Un vrai talent, mais aussi un bon camarade, qui ignorait encore que quelques heures plus tard, le sort finirait par le rattraper... Skrela: "Beaucoup de nuits où j'ai peu dormi et pas trop mangé..." Tout heureux ce mardi matin, face à la presse, à Marcoussis, de ce statut de n°2 presque inespéré, Skrela se félicitait de cette présence parmi les vingt-trois. C'est tout bonus. Maintenant, à moi d'y rester et de tout faire, si j'ai la chance d'avoir une minute de jeu, pour montrer que je mérite d'être ici. Une ambition teintée d'une sérénité évidente après plusieurs jours de tension liée à son départ forcé de Toulouse: J'ai passé quinze jours compliqués, je dois l'avouer, beaucoup de nuits où j'ai peu dormi et pas trop mangé. (...) On n'a pas trouvé de terrain d'entente avec le Stade Toulousain, mais à partir d'un moment, il faut faire des choix et prendre ses responsabilités. L'an prochain, ce sera avec le maillot jaune. Ça a été un peu un crève-coeur parce que je suis toulousain de naissance et j'étais bien dans ce club. Maintenant que c'est évacué, j'ai l'équipe de France qui m'attend et une saison à finir du mieux possible avec le Stade Toulousain. Mais avec ce poids en moins, on arrive à rebondir du mieux possible. Une joie gâchée pour un Skrela une fois encore trahi par son physique, contraint au forfait suite à l'entrainement de l'après-midi durant lequel le joueur s'est blessé. Sur une course, le futur Clermontois a ressenti une douleur et déplore une élongation du mollet gauche, qui le contraint à quitter le CNR dès ce mardi soir et à rentrer dans son club y subir des soins. Ecarté par Marc Lièvremont pour ce premier rendez-vous, Vincent Clerc, qui n'aura même pas eu le temps de faire ses bagages, est rappelé dans le groupe, Damien Traille couvrant le poste de n°10. Le malheur d'un Toulousain fait le bonheur d'un autre.