Les cinq choix de Lièvremont

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Les cinq choix de Lièvremont
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RUGBY - L'entraîneur des Bleus a effectué cinq choix très forts en vue du Mondial.

Visiblement assez tendu, Marc Lièvremont a annoncé mercredi sa liste des joueurs retenus pour la Coupe du monde (9 septembre-23 octobre). D'un débit toujours aussi régulier, l’entraîneur des Bleus s'est expliqué sur ce qu'il croit être le meilleur groupe possible pour briller en Nouvelle-Zélande. Et assumé des choix assez forts.

Chabal à la maison. Ce n'est pas faire injure aux autres membres de l'équipe de France, mais Sébastien Chabal, qu'on le veuille ou non, est actuellement la seule star du rugby français. Sa popularité dépasse largement le cadre du monde du sport. En faisant passer le statut d'icône de Chabal au second plan, Marc Lièvremont impose son autorité. Sa décision est-elle justifiée ? Il y aura toujours les pro et les anti-Chabal, ceux qui voient ses qualités de puissance et d'"impact player" et ceux qui soulignent son manque de discipline et de technique. Marc Lièvremont a eu du mal à expliquer son choix. "Ce n'est pas simple, c'est un joueur important au sein du groupe, au-delà de l'aspect médiatique. Nous l'avons jugé uniquement sur des critères sportifs." Autrement dit, sa sortie médiatique sur l'arbitrage dans le Top 14 ne l'a pas handicapé. Mais cela ne l’a sûrement pas aidé au moment où Lièvremont a dû trancher. A lire : Chabal va-t-il manquer à la France

Des cadres mis au ban. En dehors de Chabal (33 ans, 62 sélections), Marc Lièvremont a également choisi de se priver d'autres joueurs d'expérience, comme Jérôme Thion (33 ans, 54 sélections), Yannick Jauzion (32 ans, 73 sélections) ou Clément Poitrenaud (28 ans, 44 sélections). De ces trois joueurs, c'est sans aucun doute l'absence de Jauzion qui est la plus surprenante. Titulaire lors de la défaite historique en Italie en février dernier, le centre toulousain paie-t-il le tournoi des Six Nations raté des Bleus ? "Non", se défend Marc Lièvremont au moment d’expliquer ces choix. "C'est un ensemble de choses. On ne peut pas condamner les joueurs sur un seul match et j'ai regretté mes propos après le match contre l'Italie."

Un groupe ramassé mais… élargi. Marc Lièvremont a décidé d'annoncer mercredi un groupe réduit, à la différence du staff anglais ou de certaines nations du Sud, qui ont pré-retenu 40 ou 45 joueurs. La fédération internationale (IRB) a en effet laissé jusqu'au 22 août aux fédérations pour officialiser la liste des 30 joueurs qui participeront à la Coupe du monde. En resserrant d'entrée son groupe, l'entraîneur des Bleus donne clairement le sentiment de vouloir créer un groupe soudé. Mais il prend aussi le risque de rappeler des joueurs au coup par coup en cas de blessure lors des six derniers matches de la saison de Top 14 (barrages, demi-finales et finale). Pour prévenir ce problème, Marc Lièvremont a décidé de composer un groupe non pas de 30 joueurs mais de 32.

Cinq joueurs blessés. Preuve que Marc Lièvremont a des choix bien arrêtés, il a sélectionné cinq joueurs qui sont actuellement blessés. Maxime Mermoz, opéré de l'épaule en janvier, et Dimitri Szarzewski, opéré du tendon d'Achille en janvier, devraient être opérationnels d'ici le 28 juin. Mais ce n'est pas forcément le cas, en revanche, des deux piliers gauche Fabien Barcella, qui se remet d'une rupture totale du tendon d'Achille gauche, et du Clermontois Thomas Domingo, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. Quant à Aurélien Rougerie, victime d'une luxation de la cheville et d'une fracture de la maléolle gauche samedi dernier contre Toulouse, sa présence dans le groupe est encore plus inattendue...

La surprise Raphaël Lakafia. Un groupe pour une Coupe du monde contient presque systématiquement une surprise. Cela relève de la tradition, comme ce fut le cas en football, en 2006, avec Pascal Chimbonda, ou en 2010, avec Yann M'Vila. Cette fois, il s'agit du troisième ligne biarrot Raphaël Lakafia, qui ne compte pas encore de sélection en équipe de France. "Depuis un an, je vois un jeune numéro 8 extrêmement performant", a expliqué l'entraîneur des Bleus. "Il a réussi l'exploit de pousser Imanol Harinordoquy sur le côté de la troisième ligne à Biarritz. Il est constant, tout comme Louis Picamoles." Plutôt que l'expérience d'un Chabal, Marc Lièvremont a opté pour la fraîcheur. Un choix clairement assumé.