Les candidats ont mangé du crunch

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Les candidats ont mangé du crunch
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LA POLITIQUE EN SHORT - Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou ont assisté au match France-Angleterre.

Dimanche après-midi au Stade de France, 79.596 spectateurs ont assisté à la rencontre de rugby entre la France et l’Angleterre (gagnée 24-22 par le XV de la Rose). Parmi eux, trois spectateurs de prestige, le président-candidat Nicolas Sarkozy, le candidat PS François Hollande et le candidat du MoDem François Bayrou. Mais que faisaient-ils dans le stade ?

En pleine campagne présidentielle, chaque sortie des candidats est longuement réfléchie et calculée. Dans le camp du chef de l’Etat, tout a été fait pour que le président puisse assister au « crunch ». Le début du grand meeting de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, a même été avancé pour que Nicolas Sarkozy ait le temps de se rendre au Stade de France.

Même tactique pour François Hollande qui avait inscrit depuis longtemps la rencontre à son agenda. Son équipe de campagne a fait en sorte de prévoir ne caler aucune interview pendant la durée du match.

« L’image d’une France qui gagne »

Les photographes n’ont pas loupé l’événement. Les trois candidats pour la présidentielle ont été shootés dans tous les sens dans les gradins du Stade de France. Mais pourquoi ont-ils voulu absolument supporter le XV de France dimanche après-midi ? Jean-Daniel Levy, directeur du département Opinion de l’Institut Harris Interactive, avance un premier argument : « il existe des évocations intéressantes autour du sport collectif. C’est l’image d’une France qui gagne ». Pas toujours… puisque la France a été battue sur sa pelouse par l’Angleterre (24-22). Quand la victoire est au bout, ça peut même être une très bonne opération. « Souvenez-vous des cotes de popularité de Jacques Chirac et de Lionel Jospin, en 1998, juste après la victoire des Bleus à la Coupe du monde de foot ».

Mais peu importe la défaite, des hommes politiques dans un stade, « ça donne l’impression qu’ils sont plus proches du peuple », poursuit Jean-Daniel Levy. Dans le camp de François Hollande, on avait d’ailleurs affiché la couleur avant de se rendre au stade. « C'est un supporter normal qui se rendra au match », avait indiqué Pascal Bonnetain, le Monsieur Sport du candidat PS, la semaine dernière.

Bizarrement, les trois candidats à la présidentielle n’étaient pas présents au match de foot entre le France et l’Allemagne, le 29 février dernier. Bizarre ? Pas tant que ça pour Jean-Daniel Levy. « Le rugby devient un sport de plus en plus populaire en France. Il existe dans ce sport une dimension d’engagement et de désintérêt personnel. Ce qui n’est pas le cas pour le foot ».

Enfin, il y avait la symbolique de la rencontre. « S’il y avait un match à ne pas rater, c’était bien le France-Angleterre », conclut Jean-Daniel Levy. Et dans ce match des candidats, Hollande n'a pas manqué sa transformation. En s'affichant dans les gradins de la tribune officielle aux côtés de deux supporters déguisés pour l’occasion, le candidat socialiste a bien réussi son coup.