Les Bleus sans certitudes

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Les Bleus sans certitudes
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Les Championnats du monde d'athlétisme débutent samedi à Berlin. Performante à Paris en 2003 et Helsinki en 2005, l'équipe France a déçu deux ans plus tard à Osaka avec seulement deux médailles d'argent et se présente dans la capitale allemande sans beaucoup de certitudes. Cinq hommes semblent toutefois en mesure de remporter une médaille: Baala, Tahri, Mekhissi-Benabbad, Diniz et Lavillenie.

Les Championnats du monde d'athlétisme débutent samedi à Berlin. Performante à Paris en 2003 et Helsinki en 2005, l'équipe France a déçu deux ans plus tard à Osaka avec seulement deux médailles d'argent et se présente dans la capitale allemande sans beaucoup de certitudes. Cinq hommes semblent toutefois en mesure de remporter une médaille: Baala, Tahri, Mekhissi-Benabbad, Diniz et Lavillenie.Paris et Helsinki semblent désormais si loin. La France s'avançait alors avec le rang de place forte de l'athlétisme, avec 9 médailles à Saint-Denis en 2003 et 7 en Finlande. Pour son voyage à Berlin, la délégation tricolore dispose de nettement moins de certitudes dans ses bagages. A Osaka il y a deux ans, la moisson avait été de deux médailles d'argent (Mesnil, Diniz), et la cuvée 2009 ne devrait pas être beaucoup plus fertile. Ghani Yalouz, intronisé DTN au début de la saison estivale, ne fixe d'ailleurs pas d'objectifs chiffrés à ses ouailles, lui qui s'est couvert de succès dans sa discipline de prédilection, la lutte, à Pékin. "J'espère qu'il y aura des médailles à Berlin. Mais avant tout je veux voir des athlètes qui ont quelque chose dans le ventre, et qui se dépassent", explique ainsi le vice-champion olympique de lutte à Atlanta au quotidien Ouest-France. L'heure de BaalaAlors que l'objectif avoué est de préparer la nouvelle génération (Lemaître, Tamgho) pour les Jeux de Londres dans trois ans, quelques athlètes viseront tout de même le podium dans l'Olympiastadion. Au premier rang d'entre eux, Mehdi Baala, au plus haut niveau depuis désormais presque dix ans sur 1500 mètres et habitué à la pression des grands championnats. Une pression qu'il n'a d'ailleurs pas toujours su apprivoiser et qui, à trente ans, on l'espère, ne le poussera pas une nouvelle fois à la faute. Écarté des pistes pendant plus d'un mois en raison d'un décollement de l'aponévrose, le Strasbourgeois, champion de France à Angers, a prouvé sa forme une semaine plus tard à Monaco avec une belle impression laissée et surtout la troisième meilleure performance mondiale de l'année en 3'30"96. Toujours dans le demi-fond, la France peut viser une médaille grâce à ses steepleurs, Bob Tahri et Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Si le premier, souvent placé, jamais médaillé, est troisième aux bilans 2009, le second, vice-champion olympique, souffre d'une pubalgie et sa performance n'en est que plus incertaine.Une équipe rajeunie chez les femmesDeux autres athlètes pointent de leur côté en tête des bilans mondiaux cette saison. Le premier est apparu aux yeux de la planète athlé un soir de juin lors des Championnats d'Europe par équipes au Portugal avec un saut à 6,01 mètres. Renaud Lavillenie s'avance donc désormais avec une pancarte de favori dans le dos, une situation qu'il assume puisqu'il vise "le podium et la plus belle marche". Face à Hooker et Walker, son inexpérience pourrait cependant l'handicaper. "Il va y avoir une part d'inconnu parce que c'est une compétition que je ne connais pas, et donc une pression supplémentaire", reconnaît d'ailleurs le perchiste dans Le Parisien.Pour finir, Yohann Diniz est le seul marcheur à être descendu sous les 3h40 cette saison sur 50 kilomètres, mais dans une discipline où les athlètes se cachent et où la performance dépend également de la météo, le vice champion du monde en titre, qui ne supporte pas la chaleur, n'est assuré de rien. Outre ces cinq têtes d'affiche, Leslie Djhone, Teddy Tamgho, Romain Mesnil ou Salim Sdiri peuvent réussir un coup en profitant des opportunités. Chez les femmes en revanche, les successeurs de Christine Arron, Eunice Barber se font attendre et la seule infime chance de médaille est entre les mains de Hind Dehiba sur 1500 mètres. Pas de quoi bomber le torse pour le moment.