Les Bleus n'y vont pas en tongs

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Les Bleus n'y vont pas en tongs
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COUPE DU MONDE - Archi-favorite face aux Tonga, la France aborde cette rencontre avec sérieux.

Perdre de sept points au maximum ou ne pas concéder quatre essais (ou gagner, hein, c'est possible aussi), voilà ce qui est demandé au XV de France, samedi matin, face aux Iles Tonga. Le défi n'a évidemment rien d'insurmontable pour les joueurs de Marc Lièvremont. Mais voilà, avec la défaite, plus ou moins inquiétante selon les observateurs, concédée face aux Blacks le week-end dernier, les Bleus ont fait naître certains doutes. Et sont conscients qu'il faut en lever quelques-uns en allant "au charbon" contre les Tonga.

Tout le monde est conscient du danger. Un match n'est jamais gagné avant d'avoir été joué, la glorieuse incertitude du sport, toutes ces tartes à la crème, le XV de France semble les avoir fait siennes. A commencer par Marc Lièvremont, qui a souligné, vendredi, qu'avant de penser à se rassurer face aux Tonga, il fallait déjà assurer la qualification. "Le risque, c'est que l'on perde le match et que l'on fasse nos valises dimanche matin pour rentrer en France", a convenu le sélectionneur des Bleus. "C'est la compétition, c'est le sport, c'est quelque chose qui fait mal au ventre quand j'y pense en me disant que c'est possible. Mais dès lors que l'on n'a pas su prendre un point face à la Nouvelle-Zélande, on savait qu'on aurait un vrai huitième de finale pour la qualification." C'est une certitude : les Bleus ne se croient pas arrivés en quarts de finale. Et ils ont peut-être raison...

Les Tonga parlent aux Français

Les Tongiens ne sont pas des "peintres". En cas de victoire face à la France, les Tonga peuvent eux aussi se qualifier. Ils sont les derniers représentants du rugby des îles Pacifique à pouvoir espérer être en quarts de finale. Autant dire qu'ils vendront chèrement leur peau, aussi sûrement que les Samoans, qui ont fait vaciller l'Afrique du Sud, vendredi (courte défaite 13-5). Inférieurs sur le papier, les Tongiens ont néanmoins un argument à faire valoir : ils connaissent bien leurs adversaires, qu'ils côtoient chaque week-end. Sept joueurs du XV tongien qui débutera samedi évoluent en effet dans les différents championnats de l'Hexagone, du Top 14 (Perpignan, Lyon, Bordeaux-Bègles) à la Fédérale... 3 (Bergerac, Pamiers) en passant par la Pro D2 (Pau). Finau Maka, le capitaine, reconnaît que cela peut être un avantage pour son équipe. "Je crois que c'est une bonne chose de connaître leurs joueurs dangereux et leurs faiblesses", a expliqué l'ancien joueur du Stade toulousain. 'On sait pas mal de choses sur leurs joueurs donc ça aide beaucoup." Méfiance, donc.

Il faut se rassurer sur le plan du jeu. C'est peu dire que la France n'a pas encore "envoyé du rêve" depuis le début de la compétition : une première victoire poussive face au Japon (47-21), une deuxième à peine plus convaincante contre le Canada (46-19) et un revers assez lourd contre la Nouvelle-Zélande (17-37). "Paradoxalement, malgré le résultat, le match contre la Nouvelle-Zélande nous a donné un peu de confiance, sur ce que l'on était capable de faire mais aussi sur le plan physique", a expliqué Thierry Dusautoir, vendredi, en conférence de presse. "Maintenant, rugbystiquement, il faut que chacun se lâche et s'exprime à cent pour cent de ses capacités. Prendre des risques. Accepter parfois quand ça ne marche pas pour, petit à petit, revenir, et que l'on voie une grande équipe de France." Depuis quand, déjà, n'a-t-on pas vu une grande équipe de France ? Sans doute depuis le Grand Chelem réalisé dans le Tournoi des Six Nations 2010. Ça commence à dater.

Il faut travailler en vue des quarts de finale. Se qualifier face aux Tonga pour ensuite être éliminé par l'Angleterre (ou l'Ecosse, ou l'Argentine) dès les quarts, ça ferait mauvais genre. Il faudrait donc gagner et, si possible, gonfler les espoirs d’être dans le dernier carré. La charnière Yachvili-Parra, qui a offert quelques garanties face aux Blacks, devrait encore progresser. Une performance aboutie face aux Tonga permettrait également de souder un groupe qui a pu paraître désuni, au gré de telle ou telle déclaration d'après-match. "Je ne crois pas que mon équipe soit capable aujourd'hui de réaliser un match complètement abouti, un match comme en rêverait n'importe quel entraîneur, mais je juge malgré tout qu'elle a progressé sur les trois premiers matches", a expliqué Marc Lièvremont. "La dynamique en interne est plutôt positive, les joueurs échangent beaucoup et j'attends désormais de voir ces choses se réaliser pendant le match." Un point, c'est tout.