Les Bleus n'y étaient plus

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Les Bleus n'y étaient plus
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A l'image d'Earvin Ngapeth, exclu de l'équipe mercredi en raison d'un "comportement incompatible avec la vie d'une équipe en compétition", les Bleus se sont perdus en Italie. Au terme d'un premier tour pourtant prometteur, le groupe a explosé. Impossible dans ces conditions d'espérer atteindre le dernier carré du Championnat du monde offert à l'Italie qui sera opposée au Brésil.

A l'image d'Earvin Ngapeth, exclu de l'équipe mercredi en raison d'un "comportement incompatible avec la vie d'une équipe en compétition", les Bleus se sont perdus en Italie. Au terme d'un premier tour pourtant prometteur, le groupe a explosé. Impossible dans ces conditions d'espérer atteindre le dernier carré du Championnat du monde offert à l'Italie qui sera opposée au Brésil. Sa mission, gagner par 48 points d'écart face à l'Italie pour gagner son billet pour les demi-finales du Championnat du monde, était déjà compliquée, pour ne pas dire impossible. L'équipe de France a saboté son infime chance bien avant d'entrer sur le parquet de Rome mercredi pour y défier l'équipe hôte de la compétition. Jalousies, concurrence mal vécue au sein d'un groupe de 14 joueurs à la hiérarchie floue, management de Philippe Blain critiqué, le groupe a implosé. Une déliquescence qui a atteint son paroxysme à la mi-journée quand Earvin Ngapeth a été exclu de l'épreuve "en raison de l'altercation dans le vestiaire après France-Japon, des manquements à la discipline et du comportement incompatible avec la vie d'une équipe en compétition" a justifié Philippe Blain, le sélectionneur tricolore, devant le staff et les joueurs. Les faits remontent à la semaine dernière. Invité à entrer en jeu contre le Japon, lors du dernier match de la deuxième phase de poules, le jeune réceptionneur-attaquant de Tours, barré à son poste par l'expérience de Stéphane Antiga et de Nicolas Maréchal et déjà déçu de son faible temps de jeu, demande à arrêter le match pour aller... aux toilettes. Un manque de professionnalisme qui a le don d'irriter son sélectionneur, lequel lui fait savoir à l'issue du match lors d'une explication musclée. Les mots sont durs. Jusqu'aux insultes de la part du fils de l'ancien international Eric Ngapeth, dérapage dont Philippe Blain aurait eu vent que quelques jours plus tard. Une altercation qui n'est pas sans rappeler les tensions apparues au sein du groupe France avant l'Euro polonais l'année dernière mais qui cette fois-ci se révèle destructrice pour une équipe dès lors démobilisée comme en atteste la déroute vécue contre les Etats-Unis. Blain ira-t-il plus loin ? "Depuis trois jours, une chape de plomb s'est abattue sur l'équipe. Ça explique notre baisse de régime", a confirmé Gérard Castan, le manager de l'équipe de France en plein match contre l'Italie au micro de Sport+. "On ne pouvait pas laisser passer ça." Après quelques jours de réflexion qui devaient permettre aux joueurs de réagir, sans résultat pour preuve les derniers entraînements des Bleus, la sanction est prise : une exclusion pure et simple de la compétition comme celle qui a touché Nicolas Anelka lors de la Coupe du monde de football. Castan refuse le parallèle. Mais les conséquences sur la vie et les performances du groupe France sont les mêmes. A l'instar de l'autre banni du sport français, présenté comme le grand espoir du volley tricolore, qui confiait lui-même sur sa page de messagerie personnelle ne "plus y être" depuis plusieurs jours, ses coéquipiers n'ont pas réussi à faire abstraction de ce psychodrame qui n'aura peut-être pas le même écho dans la presse mais risque d'entraîner de sérieux remous au sein des instances fédérales. Passés au travers contre les Américains, dans des conditions désormais connues, Oliver Kieffer et ses coéquipiers n'ont rien pu faire mercredi contre une équipe d'Italie plus motivée que jamais à l'idée de décrocher son billet pour le dernier carré. Si la défense tricolore fait illusion, les attaques bleues manquent singulièrement de tranchant pour espérer rivaliser avec des Italiens qui avaient dominé cette équipe de France à trois reprises lors de la Ligue mondiale. Le bon passage au service de Pujol, qui permet aux Bleus de signer un 4-0 et de revenir à 8-10 dans le premier set, ne fera que retarder l'échéance, le malheureux Le Roux offrant la manche à l'Italie sur une attaque dévissée (18-25). Dépassés dans le deuxième set (20-25), les Bleus offrent une réaction digne dans la troisième manche, symbolisée par le passage au service de Samica, pour sauver l'honneur (27-25). Pas plus, les Italiens reprenant le fil du match dans le quatrième set (25-19) pour gagner le droit de défier les doubles champions du monde brésiliens pour une place en finale. Les vice-champions d'Europe en titre n'auront eux pour autre ambition de tenter de décrocher la neuvième place. Loin du potentiel de cette équipe qui s'est délitée en Italie. En poste depuis bientôt 10 ans, Philippe Blain, qui a offert deux médailles d'argent européennes à la France (2003 et 2009) et une médaille de bronze mondiale (2002) à la France, promet déjà de faire le bilan de cette expérience. Sa dernière dans la peau de sélectionneur ?