Les Bleus, l'ambition en plus

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Les Bleus, l'ambition en plus
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L'annonce de la composition des équipes de France pour le championnat du monde qui se déroulera à Bercy en août prochain marque le vrai départ de la préparation des Bleus. Mais avant de se lancer vers Rio pour un dernier Grand Chelem ou directement vers les nombreux stages, l'heure était à la satisfaction d'en être et au rêve éveillé de succès attendus par les judokas et l'encadrement qui promet des médailles.

L'annonce de la composition des équipes de France pour le championnat du monde qui se déroulera à Bercy en août prochain marque le vrai départ de la préparation des Bleus. Mais avant de se lancer vers Rio pour un dernier Grand Chelem ou directement vers les nombreux stages, l'heure était à la satisfaction d'en être et au rêve éveillé de succès attendus par les judokas et l'encadrement qui promet des médailles. Des sourires et la « gagne » dans toutes les bouches. Suite à l'annonce des sélectionnés pour les Mondiaux, ce mardi au siège du CNOSF à Paris, les sourires étaient aussi larges que la préparation s'annonce rude et poussée. Car la perspective des Mondiaux à Paris figure en bonne place dans toutes les têtes du judo tricolore. Jean-Claude Senaud, le DTN, et René Rambier, le directeur du haut niveau, n'ont d'ailleurs pas créé de surprises en égrenant un à un les noms des heureux élus pour enflammer Bercy à la fin de l'été, à la fois pour les compétitions individuelles et par équipes. Des perspectives qui font encore saliver les -66kg et les -81kg (seul Schmitt est assuré d'en être) puisque ces deux catégories n'ont pas encore fait le plein. C'est seulement après le Grand Chelem de Rio que les décisions finales seront prises. Teddy Riner (+100kg), Lucie Décosse (-70kg), Gévrise Emane (-63kg) ou encore Frédérique Jossinet figurent parmi les têtes de pont d'une sélection tricolore qui ne manque pas d'ambition. Première nation européenne après les championnats continentaux disputés en avril en Turquie, deuxième derrière le Japon lors des Mondiaux qui ont eu lieu l'été dernier à Tokyo, la France a un standing à tenir dans son antre de Bercy. "On espère beaucoup de médailles, et de l'or, j'en suis sûr", annonce Jean-Claude Senaud qui ne veut pas se montrer trop précis dans ses prospectives en raison d'une "grosse concurrence". Avec 900 athlètes pour environ 110 nations, les Tricolores ne seront effectivement pas seuls ! Riner et Décosse connaissent la route "Je suis pressé d'y être, de m'affûter, d'effectuer les réglages et d'être au top", glisse un Teddy Riner pas encore tout à fait en mode compétition et qui vient de s'enfiler deux crêpes au sucre, un beignet au chocolat et un fanta au goûter. Le colosse avoue encore se faire plaisir et malgré les grosses doses d'entraînements, il accuse encore 137kg alors qu'il entend peser 130kg en août. Rien d'inquiétant puisque les excès vont prendre fin dès lundi prochain et que malgré un excédent plus conséquent, il avait été champion d'Europe en avril. Non, ce Riner encore souriant et affable va bientôt se transformer. "Les stages du Touquet et en Espagne seront importants. Il faut que je me règle le plus vite possible pour être rapide dans les attaques, précis dans mes schémas et dans le kumikata afin de ne pas douter", ajoute le quadruple champion du monde qui entend "conserver un temps d'avance" pour remporter un cinquième titre mondial et entrer dans la légende de son sport. Lucie Décosse, double champion du monde, est un petit peu dans la même optique. Elle n'a qu'une idée en tête: "remporter un troisième titre". Bien sûr, elle s'attend "à une grosse pression car tout le monde pense que je vais gagner" mais plutôt que de subir la pression, la Guyanaise compte prendre tout ça comme un défi. Elle compte d'ailleurs mettre tous les atouts de son côté en ne pensant plus que judo à partir de la fin juin afin de ne pas se disperser. D'ici là, elle va pouvoir peaufiner une technique hors norme et travailler en mode "guerrier" afin d'être certaine de ne pas se reposer sur ses lauriers. Tout à fait lucide sur sa saison et un Euro qu'elle a pris "comme un entraînement", Décosse sait où elle va et surtout ce qu'elle veut. Des bobos à soigner Tout n'est pas encore parfait pour les Bleus puisque si Ugo Legrand (-73kg) va d'abord reposer une épaule qui le tracasse, Anne-Sophie Mondière soigne, elle, une subluxation sterno-claviculaire qui l'empêche de travailler depuis l'Euro. Cela ne les empêche pas d'avoir des perspectives. "Je sais que j'ai la possibilité de battre les meilleurs, je vais arriver confiant sans me poser de questions. Je sais que c'est possible dès cette année", explique le pensionnaire de l'US Orléans. "J'ai commencé par un Euro à Paris et j'avais terminé 2e, j'espère faire au moins aussi bien. En général, on est porté par le public, Bercy sera plein, ce sera extraordinaire pour nous", sourit l'expérimenté française qui entend aiguiser son "sens de l'anticipation" tout en étant au "maximum sur l'offensive" car c'est de là que viendra le plaisir. Automne Pavia, elle, sort d'une opération de l'appendicite qui ne l'empêchera pas de se rendre au Grand Chelem de Rio qu'elle va prendre "comme un entraînement". Une opération qui n'aura finalement pas d'incidence pour celle qui a remporté cette année le Tournoi de Paris à Bercy. "Je sais que j'ai ma place. J'espère pouvoir m'exprimer comme lors des derniers tournois. Et puis ce sera à Paris, on aura un plus avec le public, on connaît la salle, c'est une chance à ne pas manquer", glisse celle qui évoluera en -57kg avec Morgane Ribout qui avait été sacré championne du monde en 2009. Avec Audrey Tcheumeo et Lucie Louette (-78kg) ou la championne d'Europe Pénélope Bonna (52kg), les têtes d'affiche tricolores ne seront pas seules. On s'en régale d'avance.