Les Bleus dévissent

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Les Bleus dévissent
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L'équipe de France n'a pas réussi son pari de ramener la Coupe Davis de son séjour à Belgrade. Michaël Llodra, comme Gaël Monfils avant lui contre Novak Djokovic, n'a pas existé dimanche contre un Viktor Troicki impérial (6-2, 6-2, 6-3). Si le coup est dur pour les Français qui menaient 2-1 dans cette finale, les deux derniers simples ne laissent que peu de place aux regrets. Les Serbes sauront fêter le premier saladier d'argent de leur histoire.

L'équipe de France n'a pas réussi son pari de ramener la Coupe Davis de son séjour à Belgrade. Michaël Llodra, comme Gaël Monfils avant lui contre Novak Djokovic, n'a pas existé dimanche contre un Viktor Troicki impérial (6-2, 6-2, 6-3). Si le coup est dur pour les Français qui menaient 2-1 dans cette finale, les deux derniers simples ne laissent que peu de place aux regrets. Les Serbes sauront fêter le premier saladier d'argent de leur histoire. Dimanche noir pour les Bleus à Belgrade. En position de force pour apporter au pays sa dixième victoire en Coupe Davis, gonflée à bloc à l'issue de la victoire héroïque dans le double, l'équipe de France a vécu une terrible troisième journée. Avec deux cartouches en poche pour conclure, les Français avaient de quoi être optimistes à la lecture des statistiques. En effet, sur les huit fois où une équipe de France avait mené 2-1 dans une finale, à sept reprises elle avait soulevé le saladier d'argent. La seule exception datait de leur dernière finale en 2002 à Bercy. Mais ni Gaël Monfils ni Michaël Llodra ne sont parvenus à rapporter ce troisième point décisif dans la besace du camp tricolore. Comme lors des deux premiers matches du vendredi, il n'y a eu aucun suspense lors des deux derniers simples. Contrairement à la journée inaugurale, ce sont les deux Serbes qui ont écrasé toute tentative de résistance adverse. Novak Djokovic et Viktor Troicki sont ce soir les héros de tout un pays. Ils resteront à jamais les premiers joueurs serbes à avoir remporté la Coupe Davis. Belgrade, qui a vécu tennis au fil des événements depuis trois jours, saura on n'en doute pas célébrer ses champions. Forget: "C'est très frustrant" Le premier aura tenu à merveille son rôle de n°1 en remportant ses deux simples en trois sets. Le second, touché moralement après sa défaite lors du double samedi, a su rebondir vingt-quatre heures plus tard pour sortir "le match de (sa) vie". Préféré à Janko Tipsarevic pour ce cinquième match décisif, le 30e joueur mondial a livré un récital face à un Michaël Llodra qui n'avait plus rien à voir avec le merveilleux serveur-volleyeur demi-finaliste à Bercy il y a trois semaines. Sur une surface plus lente, le Parisien a vécu un cauchemar dans la Beogradska Arena qu'il avait pourtant climatisée la veille au côté d'Arnaud Clément. Breaké lors de huit de ses dix-sept engagements, «Mika» n'a jamais, comme Monfils quelques instants avant lui devant Djokovic, donné l'impression de pouvoir vaincre. Ou si peut-être, mais seulement l'espace des deux premiers jeux qu'il a failli gagner. La suite fut un cavalier seul du Serbe, sur un nuage, et ce dans tous les compartiments du jeu. Ses retours et passings millimétrés, côte revers notamment, auront fait beaucoup de mal à Llodra parfois réduit au rôle de spectateur sur le court. Le score final, 6-2, 6-2, 6-3, le tout en 2h13, est dur mais reflète pourtant bien la physionomie d'un match à sens unique. En larmes sous sa serviette, Llodra sera difficile à consoler. La voix tremblante, Guy Forget, qui a perdu en tant que capitaine sa troisième finale depuis 1999, volait néanmoins au secours de ses deux joueurs sèchement défaits. "Il ne faut pas oublier que si on est en finale c'est grâce à Mika (Llodra) et Gaël (Monfils), a-t-il tenu à souligner au micro de France Télévisions. Mais c'est terrible. Ce matin, je disais à Arnaud Boetsch (vainqueur du trophée en 1999, ndlr) qu'on est à la fois si proche et si loin. (...) Mais on n'a pas vu une seule fois la victoire lors de ces deux derniers simples. Mika, je le vois jouer depuis plusieurs mois et je ne l'ai jamais vu se faire bouger comme aujourd'hui face à Troicki. Il n'a jamais pu espérer l'emporter. Il est tout simplement tombé sur plus fort que lui. Pareil pour Gaël face à Djokovic. C'est très frustrant." Tout est dit. Mais pendant que les Serbes fêtent leur trophée, et que tous les joueurs sont déjà passés à la tondeuse comme l'avait promis Djokovic, il ne faut pas oublier la belle campagne des Français dans cette Coupe Davis 2010. Une campagne qui restera inachevée.