Les Bleus au crible

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Les Bleus au crible
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Les « sales gosses » sont passés tout près d'être champions du monde. Ce raccourci traduit la drôle de Coupe du monde vécue par le XV de France. Poussifs en début de compétition, méconnaissables contre les Tonga, les Bleus ont retrouvé les valeurs qui faisaient leur force en 2010 à partir des quarts de finale. Retour sur la performance des 31 vice-champions du monde en Nouvelle-Zélande.

Les « sales gosses » sont passés tout près d'être champions du monde. Ce raccourci traduit la drôle de Coupe du monde vécue par le XV de France. Poussifs en début de compétition, méconnaissables contre les Tonga, les Bleus ont retrouvé les valeurs qui faisaient leur force en 2010 à partir des quarts de finale. Retour sur la performance des 31 vice-champions du monde en Nouvelle-Zélande. PILIERS Hommes forts de la conquête du Grand Chelem 2010, les piliers n'ont pas offert la même assurance en Nouvelle-Zélande. En l'absence de Thomas Domingo, jugé trop juste pour la compétition, ou de Sylvain Marconnet, écarté après la préparation, Jean-Baptiste Poux (7 matches, 412 minutes), le polyvalent aux trois Coupes du monde, et Fabien Barcella (7 matches, 226 minutes), qui n'avait plus joué depuis un an, se sont partagé le poste à gauche, avec un avantage au premier, titularisé lors des trois matches de phase finale. De l'autre côté, Luc Ducalcon (3 matches, 162 minutes) a profité de la blessure de Nicolas Mas pour gratter du temps de jeu mais le retour du Perpignanais (4 matches, 320 minutes) pour les quarts de finale a stabilisé la mêlée et redonné du souffle aux « gros ». Indispensable ! TALONNEURS Mort de faim, Dimitri Szarzewski (6 matches, 186 minutes) aura vécu cette Coupe du monde dans la peau de doublure de William Servat (7 matches, 347 minutes). Dans un premier temps parce que le Toulousain, arrivé à court de compétition après avoir été opéré du genou en juin, avait besoin de temps de jeu. Puis parce que « La Bûche », solide en mêlée, précis sur ses lancers et percutant dans ses percées, s'est révélé indispensable au poste. Invité surprise de la première ligne, Guillem Guirado (1 match, 27 minutes) s'est contenté d'un bout de match contre le Canada. DEUXIEMES-LIGNES Par son expérience, son aura sur le groupe et sa présence sur le terrain, Lionel Nallet (6 matches, 458 minutes, 1 essai) était intouchable en deuxième ligne. Le premier capitaine de Marc Lièvremont est monté progressivement en puissance dans cette Coupe du monde, retrouvant beaucoup de mordant dans les rucks lors des trois derniers matches qu'il a disputés intégralement. A ses côtés, Pascal Papé (7 matches, 429 minutes, 1 essai), remplaçant lors du premier match, a gagné ses galons de titulaire aux dépens de Julien Pierre (7 matches, 170 minutes, 1 essai), grâce à un abattage qu'on ne lui connaissait plus. De retour dans le groupe France à l'occasion de cette Coupe du monde, Romain Millo-Chluski (1 match, 63 minutes) n'a pas réussi à bousculer la hiérarchie. TROISIEMES-LIGNES En 2009, Marc Lièvremont regrettait de ne pas avoir trente joueurs du niveau de Thierry Dusautoir. Avec Julien Bonnaire (7 matches, 480 minutes), le sélectionneur a trouvé un autre joueur exemplaire, le plus régulier de cette Coupe du monde, un plaqueur implacable et un capitaine de touches qui n'a offert à Fulgence Ouedraogo que des miettes (2 matches, 10 minutes). Au repos contre le Canada, Dusautoir (6 matches, 480 minutes, 1 essai) a lui semblé subir son statut de capitaine lors de la phase de poules, ne retrouvant sa ligne de conduite qu'à partir des quarts de finale pour finir en apothéose contre les Blacks en finale, une prestation saluée par l'essai de la révolte malheureusement insuffisant. Au centre de la troisième ligne, Raphaël Lakafia, la surprise de la liste, n'a pas su saisir sa chance (2 matches, 130 minutes). Pas plus que Louis Picamoles (3 matches, 128 minutes), sacrifié à la mi-temps contre la Nouvelle-Zélande en phase de poules. Finalement, c'est Imanol Harinordoquy (7 matches, 452 minutes), remplaçant contre les Blacks et les Tonga, qui s'est imposé au poste de n°8. CHARNIERE Morgan Parra et Dimitri Yachvili ont commencé la Coupe du monde en tant que rivaux pour le poste de demi de mêlée. Le Clermontois et le Biarrot l'ont terminée côte à côte. La blessure de David Skrela (1 match, 11 minutes) contre le Japon a propulsé le premier à l'ouverture un peu par hasard. Une rentrée remarquée au point de pousser Marc Lièvremont à retenter l'expérience contre le Canada puis à désavouer François Trinh-Duc (6 matches, 238 minutes, 2 essais), mal entré dans sa compétition et réduit ensuite à un rôle de doublure, relégation qu'il a digérée pour se montrer décisif contre l'Angleterre et contre les Blacks en finale. Doublé à la mêlée par Yachvili (7 matches, 408 minutes, 39 points), qui a conduit son équipe en patron, Parra (7 matches, 405 minutes, 1 essai, 37 points) a fait preuve d'une étonnante maturité et pris ses responsabilités pour assumer avec courage la charge d'ouvreur. Appelé pour pallier le forfait définitif de Skrela, Jean-Marc Doussain (1 match, 4 minutes) a eu le privilège de connaître sa première sélection en finale, quatre minutes qui n'auront rien changé... TROIS-QUARTS Papa des lignes arrières, Aurélien Rougerie (7 matches, 498 minutes) a parfaitement joué son rôle, malgré une épaule en vrac qui l'a contraint à jouer avec un strap, au point de se montrer détestable avec les journalistes pour protéger ses jeunes coéquipiers. Vincent Clerc (7 matches, 526 minutes, 6 essais) n'a pas eu besoin de cette protection pour jouer libéré et réussir une grande Coupe du monde dont il restera le meilleur marqueur d'essais. Son pendant à gauche, Alexis Palisson (4 matches, 320 minutes), revenu de blessure face aux Tonga, a convaincu Marc Lièvremont d'en faire un titulaire, le néo-Toulonnais affichant une belle envie et une grosse détermination en défense malgré son petit gabarit. Au poste de premier centre, Fabrice Estebanez (3 matches, 80 minutes) a donné l'impression de pouvoir concurrencer Maxime Mermoz (6 matches, 479 minutes, 1 essai) mais un plaquage-cathédrale l'a écarté des phases finales. Le Perpignanais en a profité pour jouer, pas pour briller... David Marty (3 matches, 124 minutes) s'est contenté du costume de remplaçant. ARRIERES Maxime Médard mobilisé à l'aile pour pallier l'absence de Palisson, Cédric Heymans (3 matches, 120 minutes) a commencé la Coupe du monde à l'arrière mais n'a pas convaincu. Damien Traille (3 matches, 155 minutes, 1 essai) aurait pu être un recours mais sa prestation contre les Blacks en phase de poules et surtout ses déclarations d'après-match (il a exprimé publiquement sa déception d'avoir été remplacé à la pause) l'ont sorti du jeu, le Biarrot faisant tout de même un retour remarqué contre la Nouvelle-Zélande en finale. Le poste aura finalement permis à Médard (7 matches, 498 minutes, 1 essai) d'exprimer son énorme potentiel, le Toulousain se révélant comme le seul à pouvoir allumer la lumière dans cette équipe.