Les Bleus à l'attaque

  • A
  • A
Les Bleus à l'attaque
Partagez sur :

L'équipe de France a l'occasion d'ouvrir les Championnats du monde de Shanghai en fanfare. Après avoir répondu présents dans la matinée en séries, Camille Muffat, Yannick Agnel, Sébastien Rouault et les relayeurs du 4x100 mètres nage libre ont rendez-vous en finale dans la soirée (entre midi et 14 heures en France). L'occasion de lancer la machine et d'offrir à la France un titre qui lui a fait défaut en 2009 à Rome.

L'équipe de France a l'occasion d'ouvrir les Championnats du monde de Shanghai en fanfare. Après avoir répondu présents dans la matinée en séries, Camille Muffat, Yannick Agnel, Sébastien Rouault et les relayeurs du 4x100 mètres nage libre ont rendez-vous en finale dans la soirée (entre midi et 14 heures en France). L'occasion de lancer la machine et d'offrir à la France un titre qui lui a fait défaut en 2009 à Rome. "Cette première journée est importante car elle va fixer le tempo." S'il tentait encore vendredi de dédramatiser la situation, échaudé par l'exemple de Budapest (malgré la déception de l'argent du 4x100 NL le premier jour, la France avait décroché six médailles le lendemain), Christian Donzé, le DTN de la natation française, ne faisait pas de mystère de l'importance de cette première journée de compétition à Shanghai dans les rangs tricolores. Ambitieuse à un an des Jeux Olympiques de Londres, l'équipe de France abat tout simplement trois de ses meilleures cartes ce dimanche dans le grand bain de l'Oriental Sport Center, trois chances plus une, Sébastien Rouault s'étant invité en finale du 400 mètres nage au côté de Yannick Agnel. Du haut de ses 19 ans, le Niçois s'est encore fait une belle frayeur dimanche matin pour ses premiers Mondiaux. Pourtant échaudé par son raté en séries du 200 mètres nage libre à Budapest, le protégé de Fabrice Pellerin a échappé de peu à la même sanction, seulement troisième de sa série derrière l'Américain Peter Vanderkaay (3'45"02) et l'Allemand Paul Biedermann (3'45"18). Un raté tactique ? Pas à écouter l'intéressé. "J'avais vraiment les crocs, j'ai voulu donner tout ce que j'avais. On m'a dit que j'étais parti vite. Il fallait faire la course avec les autres et voir celui qui serait le plus résistant. Je n'ai pas de regrets", réagissait-il à chaud, dans l'attente angoissante des résultats de la dernière séries. "Tout juste", pouvait-il finalement souffler en rejoignant le vestiaire, soulagé de s'en sortir avec le sixième temps des séries (3'46"72) juste derrière Sébastien Rouault (3'46"60), la belle surprise de la matinée, auteur de son meilleur temps sur la distance. "Le travail paie", savourait le Mulhousien. "Maintenant, en finale, tout est ouvert !" Relais, on prend les mêmes Son compère veut croire la même chose, lui qui sait plus que tout combien une contre-performance sur sa distance de prédilection, celle sur laquelle il s'est préparé, lui serait difficilement reproché après avoir fait l'impasse sur le relais 4x100m nage libre pour préserver ses chances individuelles. Sa partenaire d'entraînement, Camille Muffat, engagée elle aussi sur 400 mètres, se présentera avec moins de pression sur une distance qu'elle qualifie de "bonus" et sur laquelle elle n'envisageait pas même de s'aligner avant de réussir un bon chrono lors de l'Open EDF en juin (4'03"23, deuxième meilleure performance mondiale de l'année). De quoi aborder ce premier rendez-vous de la semaine "structurée, sereine et confiante", selon Fabrice Pellerin. "Elle a conscience du niveau qu'elle a aujourd'hui et qu'elle n'a à rougir devant personne", ajoutait-il. La preuve dans l'eau où la Niçoise, bien décidée à "mettre le bordel" sur la distance, a réussi le deuxième temps des séries (4'05"), juste derrière la protégée de Philippe Lucas, l'Italienne Federica Pelligrini (4'04"76). "J'étais un peu seule donc il ne fallait pas trop se la couler douce. Je voulais nager 4'06, je l'ai fait assez facilement et avec pas mal de gestion. J'étais vraiment très facile, surtout sur les premiers 200", se félicitait la Française qui dégage depuis son arrivée à Shanghai une étonnante sérénité. "C'est de bon augure pour ce soir." Même conclusion pour Fabien Gilot après avoir conclu le travail dimanche matin en 3'12"09, meilleur temps des séries devant les Etats-Unis (3'13"50), la Russie (3'13"61), l'Italie (3'13"61) et l'Australie (3'13"79). "Tout le monde a bien nagé. Ça avait l'air d'être assez relâché, assez contrôlé donc c'est de bon augure pour ce soir. Vivement ce soir, je sens qu'on a un relais solide." Le stage de Singapour a visiblement fait du bien, y compris pour Alain Bernard, auteur de son meilleur chrono de l'année sur 100 mètres à l'attaque de ce relais. "Un très bon chrono. Ça fait vraiment plaisir", souriait-il. "Mon esprit est focalisé sur ce relais. Le 50 mètres, c'est encore loin. Moi, je suis vraiment dans un état d'esprit collectif. Mes collègues ont vraiment nagé." Jérémy Stravius (47"87) mieux que William Meynard (48"23), de quoi faire taire les mauvaises langues : "Il y a peu de gens qui pensaient que je pourrais faire moins de 49 secondes. Il fallait que je prouve que j'avais ma place dans ce relais. C'est fait. J'ai hâte d'être à cet après-midi." Les quatre Mousquetaires repartiront ensemble, et dans le même ordre, à l'assaut d'un premier titre en grand bassin, quelques mois après avoir fait sauter le verrou en petit bassin à Dubaï. "Chaque chose en son temps, réclame l'Antibois. On a assuré ce matin. Il faut bien récupérer, ce soir ce sera une autre paire de manches." D'autant que les Etats-Unis devraient bénéficier des renforts de Nathan Adrian ou de Jason Lezak, homme de mauvais souvenir pour Bernard et les Bleus depuis les JO de Pékin, voire de Michael Phelps. L'heure de la revanche a-t-elle enfin sonné ?