Les bancs vont bouger

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Les bancs vont bouger
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La saison à peine terminée, certains clubs s'apprêtent à effectuer le grand ménage au sein de leur effectif. Mais avant de recruter, beaucoup ont besoin de savoir qui sera l'entraîneur, or, plusieurs équipes de Ligue 1 vont en changer, de Lyon, où Claude Puel ne devrait pas rester, en passant par Bordeaux, Auxerre ou Nancy. Du côté de Marseille, l'incertitude demeure quant au sort de Didier Deschamps qui veut des garanties. Petite revue de détail.

La saison à peine terminée, certains clubs s'apprêtent à effectuer le grand ménage au sein de leur effectif. Mais avant de recruter, beaucoup ont besoin de savoir qui sera l'entraîneur, or, plusieurs équipes de Ligue 1 vont en changer, de Lyon, où Claude Puel ne devrait pas rester, en passant par Bordeaux, Auxerre ou Nancy. Du côté de Marseille, l'incertitude demeure quant au sort de Didier Deschamps qui veut des garanties. Petite revue de détail. Ils vont partir Si un départ est certain, c'est celui de Pablo Correa qui a décidé de mettre un terme à son aventure nancéienne après quasiment dix ans de bons et loyaux services (on parle d'Elie Baup pour lui succéder). A côté, plusieurs entraîneurs devraient faire leurs valises dans les jours ou semaines à venir: on pense bien évidemment à Claude Puel qui, malgré le soutien de ses dirigeants la semaine dernière lorsqu'il a été pris pour cible par des supporters, ne «survivra» pas à la saison tourmentée de l'OL. Dimanche après la victoire à Monaco qui a permis de sauver l'essentiel, la troisième place qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions, le conseiller du président Jean-Michel Aulas, Bernard Lacombe, n'a pas fait mystère des intentions des dirigeants, déclarant, à propos du bilan de la saison: "On a été dans le dur toute la saison. On est troisièmes avec une qualité de jeu qui a été médiocre parfois et bonne à certains moments. On voulait conquérir le titre de champion mais ce fut compliqué. Il y a tellement de choses à améliorer." Dont le jeu, ce qui passera par un changement sur le banc et le départ anticipé de Claude Puel, à qui il reste un an de contrat. Un peu plus au nord, à Auxerre, Jean Fernandez, gagné par une usure certaine et sollicité de toutes parts (Bordeaux, Nancy...), devrait rapidement annoncer son départ, d'autant que les récents soubresauts (et ce n'est peut-être pas fini) à la tête du club ne sont pas de nature à l'encourager à rester malgré la «danse du ventre» entreprise par le nouveau président, Gérard Bourgoin, pour tenter de le retenir. Dimanche soir après le succès à Lorient (2-1), l'ancien Marseillais a ainsi commenté: "Il faut se poser la question de savoir si, après cinq ans, le message passe toujours aussi bien. Je vais bien réfléchir, je me laisse un délai de 3-4 jours avant d'annoncer ma décision." En fin de semaine donc. Un départ pour Bordeaux reste dans l'ordre du possible, même s'il n'est visiblement pas le seul sur les rangs (Paul Le Guen, Ricardo...), une chose est sûre: après le départ de Jean Tigana, un nouvel entraîneur débarquera en Gironde, Eric Bédouet ne souhaitant pas prolonger un intérim pourtant plutôt réussi avec une septième place finale à la clé. Enfin, du côté des relégués, Laurent Banide est candidat pour faire remonter directement l'AS Monaco, reste à connaître le choix de ses dirigeants qui aimeraient bien attirer dans leur filet un ancien pilier de la maison, Claude Puel, champion en 2000, tandis que Jean-Louis Garcia quitte Angers pour remplacer Laszlo Bölöni, une «erreur de casting», à Lens et que Faruk Hadzibegic est un jour dedans, un jour dehors du côté d'Arles-Avignon. Bernard Casoni, Patrice Carteron et Olivier Pantaloni resteront quant à eux en poste chez les trois promus, Evian-Thonon-Gaillard, Dijon et Ajaccio. Ils restent Pour la majorité des clubs de Ligue 1, l'intersaison ne devrait pas changer la donne au niveau de la direction technique. Soit parce que la saison a été réussie ou satisfaisante, soit parce que se séparer de l'actuel entraîneur en place serait une solution trop onéreuse dans un contexte économique toujours guère florissant. A tout seigneur tout honneur, Rudi Garcia, qui a réussi la performance de mettre fin à plus d'un demi-siècle sans trophée à Lille, avec, cerise sur le gâteau un doublé Championnat-Coupe de France, se voit bien évidemment conforté dans son statut d'entraîneur du LOSC. Et même si les prestations de Lille ne sont pas passées inaperçues en Europe, au point que le nom de l'intéressé a été cité à droite ou à gauche (notamment à la Roma), on voit mal Garcia, qui fut si près de la sortie il y a deux ans au point d'être un temps remercié avant d'être réintégré, ne pas toucher la récompense de cette incroyable saison en ne disputant pas la Ligue des champions sur le banc nordiste. Même s'il sera très compliqué de faire mieux en 2011-12... Du côté des autres «restants», Antoine Kombouaré, s'il a fini la saison sans titre ni Ligue des champions, a récemment rempilé jusqu'en 2013, ses dirigeants lui sachant gré d'avoir ramené le calme au Camp des Loges et le beau jeu au Parc des princes. A charge pour lui de franchir un palier avec un effectif qui sera sans doute remanié cet été, surtout si la vente du club permet de dégager des moyens supplémentaires. Sons de cloche à peu près identiques à Rennes, où Frédéric Antonetti a également prolongé jusqu'en 2013 avec, lui aussi, l'ambition (et la mission) de faire grandir un club dont le bilan 2010-11 a été quelque peu terni par une fin de saison ratée, et à Toulouse, avec là encore une prolongation jusqu'en 2013 pour Alain Casanova qui peut se targuer d'une satisfaisante huitième place finale. "Je dois encore beaucoup apporter au club. Je me sens très bien ici, je suis fier qu'Olivier Sadran (le président du TFC, ndlr) ait voulu continuer avec moi. Il y a très peu d'entraîneurs qui ont une telle qualité de travail", s'est réjoui l'ancien gardien de but mi-avril au moment de sa prolongation. Prolongation jusqu'en 2013 également pour René Girard qui regrettera la fin de saison «en roue libre» de ses joueurs, qui ont lâché après la finale de la Coupe de la Ligue perdue contre l'OM, pas de quoi remettre en cause son nouveau contrat, d'autant que Montpellier ne roule pas sur l'or. A Saint-Etienne, Christophe Galtier va continuer un travail entrepris à l'hiver 2009 en remplacement de son ancien mentor, Alain Perrin, tandis que Christian Gourcuff à Lorient, Philippe Montanier à Valenciennes (même si l'ancien gardien de Caen suscite pas mal d'intérêt en Ligue 1), Alex Dupont à Brest, Franck Dumas à Lorient et Eric Roy à Nice seront, sauf gros rebondissement, sur les mêmes bancs la saison prochaine. Ils hésitent Le principal concerné par cette rubrique est Didier Deschamps qui, vendredi dernier, a confié être "en réflexion" à propos de son avenir. Fort de son indéniable succès sur le banc de l'Olympique de Marseille qui, depuis son arrivée, a renoué avec les trophées (deux Coupes de la Ligue, un titre de champion de France), «DD» fait monter la pression sur ses dirigeants, à qui il demande des réponses rapides sur les moyens mis à sa disposition pour recruter. D'autant que certains joueurs qu'il a fait venir, particulièrement Lucho Gonzalez et Heinze, ont demandé à partir, plus ou moins fâchés avec le président Jean-Claude Dassier qui n'a pas fait grand-chose pour les retenir. Ce dernier fait mine pour l'instant de prendre les menaces de Deschamps pour de la pacotille, mais il ferait bien de se méfier car l'intéressé, qui n'a pas hésité en son temps à claquer la porte de l'AS Monaco et de la Juventus, a maintes fois fait preuve de son indépendance, lui dont l'argent n'est plus le moteur. D'autant que de nombreux clubs européens sont disposés à lui dérouler le tapis rouge... Dans le même registre, mais à un degré moindre, Francis Gillot, qui a réussi la performance de hisser Sochaux à la cinquième place alors que beaucoup promettaient la Ligue 2 aux Franc-Comtois, aimerait, comme Deschamps, obtenir quelques garanties, notamment celles de ne pas être pillé cet été de ses meilleurs éléments (Martin, annoncé partant, Ideye, Maïga, Boudebouz...). Lui non plus n'est pas du genre à transiger et ses dirigeants seraient bien inspirés de lui donner quelques gages, sinon il n'hésitera pas à répondre à d'éventuelles sollicitations.