Les absents n'avaient pas tort

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Les absents n'avaient pas tort
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Si elles ont fait couler beaucoup d'encre, les évictions des Toulousains (Poitrenaud, Clerc, Picamoles), des Bastareaud et autre Malzieu, mais aussi de Maxime Médard et d'Imanol Harinordoquy en cours de tournée, prennent un autre relief à la lumière de la déroute concédée face aux Wallabies et de la déliquescence du jeu tricolore cet automne. Sans juger, Louis Picamoles évoque son incompréhension face à ce terrible constat d'échec.

Si elles ont fait couler beaucoup d'encre, les évictions des Toulousains (Poitrenaud, Clerc, Picamoles), des Bastareaud et autre Malzieu, mais aussi de Maxime Médard et d'Imanol Harinordoquy en cours de tournée, prennent un autre relief à la lumière de la déroute concédée face aux Wallabies et de la déliquescence du jeu tricolore cet automne. Sans juger, Louis Picamoles évoque son incompréhension face à ce terrible constat d'échec. "Sincèrement je ne crois pas que ce soit un choix d'hommes". Marc Lièvremont, sommé de se justifier, n'en démord pas: il reste persuadé que les sélectionnés de cet automne étaient les meilleurs Bleus du moment et que rien, ni personne n'aurait pu empêcher le cataclysme de la bérézina du Stade de France samedi face aux Australiens (59-16). Pourtant, aujourd'hui, et même s'il peut sembler facile de tirer des conclusions a posteriori, le gain des expérimentations de ce mois de novembre, et notamment les apparitions des Huget, Estebanez et autre Porical, auxquels Lièvremont a souhaité accorder autant de crédit, semble bien faible, pour ne pas dire nul, au regard du chantier que demeure le jeu de ce XV de France. A l'entame de cette série de tests, les absences de cadres tels que Clément Poitrenaud, Vincent Clerc, Mathieu Bastareaud, mais aussi Julien Malzieu ou Louis Picamoles, avaient marqué les esprits. Aujourd'hui, elles laissent songeur... Sans même parler des évictions injustifiables d'un Maxime Médard, qui restera le seul Français de cet automne à avoir inscrit un essai sur une passe, ou d'un Imanol Harinordoquy, nommé pour le titre de meilleur joueur IRB, mais sacrifié sans sommation... Picamoles: "Jamais réjouissant de voir le XV de France s'incliner comme cela..." A Toulouse, où la vie ne s'est pas arrêtée pour les Bleus malgré un contingent d'internationaux réduit comme peau de chagrin (Dusautoir, Servat, Jauzion), on jette un regard attristé sur ce spectacle de désolation, à l'image d'un Louis Picamoles, solidaire de ses camarades: "Ce n'est jamais très agréable de voir l'équipe de France perdre de cette façon", souligne le troisième ligne, apparu très à son avantage vendredi dernier, à Grenoble, avec les Barbarians face aux Tonga, au même titre que ses partenaires du Stade, ainsi que d'un Mathieu Bastareaud revigoré avant de céder sa place sur blessure. "Ce sont des choses qui arrivent, et moi aussi, avec les Bleus, ça m'est arrivé... Il n'y a pas si longtemps que cela. Ça me rappelle la tournée de cet été. (...) Ce sont toujours des moments difficiles à vivre pour les joueurs et il faut espérer que ça n'endommage pas trop leur moral et leur enthousiasme. Ce n'est jamais réjouissant de voir le XV de France s'incliner comme cela." "Quand on est en dehors du groupe, c'est toujours compliqué de donner son avis et de voir ce qui n'a pas marché", complète encore Picamoles sans volonté de tirer sur l'ambulance. "C'est difficile de comprendre la différence de niveau qu'il y a eu entre la première et la deuxième mi-temps. De l'extérieur, il est plus facile de dire les choses, alors que quand on est sur le terrain, on sait qu'il est parfois délicat de trouver des solutions. (...) On avait l'impression de voir une certaine facilité dans le jeu des Wallabies. C'est pour cela que je comprends très bien les réactions des joueurs français, qui ont du mal à expliquer ce qu'il s'est passé. Quand il y a une déferlante comme ça et que l'on ne trouve pas de solutions collectives face à des adversaires en état de grâce, comme samedi, cela donne un score lourd, beaucoup trop lourd." Dimanche, comme un symbole, Frédéric Michalak, après de longues semaines de convalescence, a enfin rejoué en compétition avec les Espoirs du Stade. A huit mois de l'ouverture de la Coupe du monde. Michalak, un autre profil à l'ouverture, l'éternel revenant...