Les 75% d'Hollande vont faire suer la L1

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Les 75% d'Hollande vont faire suer la L1
@ REUTERS
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LA POLITIQUE EN SHORT - Le candidat PS veut taxer les gros salaires. Les footballeurs sont concernés.

Si Yoann Gourcuff a regardé l’émission politique sur TF1 Paroles de candidat, il a peut-être avalé de travers sa pizza quatre fromages. Sur le plateau, François Hollande  a étonné tout le monde en lançant l’idée de taxer à 75 % les salaires de plus d’un million d’euros par an. Si les patrons du CAC 40 et les gros actionnaires peuvent se faire du souci, les footballeurs de Ligue 1 ne sont pas non plus à l’abri.

Rien qu’au PSG, les gros salaires sont devenus la norme depuis l’arrivée des Qataris à la tête du club. Javier Pastore (350.000 euros brut par mois), Nenê (335.000), Diego Lugano (330.000), Mamadou Sakho (320.000), Mohammed Sissoko (320.000), Kévin Gameiro (280.000) seraient tous concernés par cette taxe.

Si le club parisien est devenu une exception en Ligue 1 avec ces salaires astronomiques, il ne faut pas oublier que le salaire moyen est de 45.000 euros par mois dans le championnat. La plupart des joueurs des petites équipes ne rentreraient donc pas dans cette fourchette.

"Des joueurs pourraient quitter la France"

Pour l’économiste du sport Frédéric Bolotny, « cette mesure pourrait toucher entre 50 et 100 joueurs de Ligue 1, soit 15 à 20 % de l’ensemble des footballeurs. Ça serait l’un des secteurs les plus impactés par la proposition de François Hollande ». Outre les grosses stars du PSG, des joueurs de l’OM, de l’OL ou encore de Lille seraient également visés.

Si François Hollande a estimé mercredi matin entre "200 à 300 millions d'euros" le gain de cette mesure, les conséquences pourraient être plus importantes pour le football français. « Cette taxe aurait un impact immédiat sur la compétitivité des clubs français », explique Frédéric Bolotny. « L’offre de ces équipes serait moins attractive. Par conséquent, des joueurs pourraient vouloir quitter la France » pour retrouver de meilleurs avantages fiscaux dans d’autres pays européens. Une inquiétude partagée par Philippe Diallo, le vice président de l’UCPF, le syndicat des clubs professionnels, dans les colonnes du Parisien : « il y aura une fuite de nos talents ».

Depuis quelques années, le foot français n’est pas vraiment au top. Les clubs perdent de l’argent, l’image est sérieusement écornée depuis le fiasco de la Coupe du monde 2010 et l’affluence des stades est en baisse. « Ce n’est pas vraiment le bon timing pour cette mesure », estime Frédéric Bolotny. « Avec l’Euro 2016 à l’horizon, il y avait un élan d’optimisme. Cette mesure sonnerait comme un sérieux coup d’arrêt ».