Les 100 km/h sont tombés !

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Les 100 km/h sont tombés !
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C'est une barre mythique qui a été franchie mardi à Lüderitz, en Namibie, puisque le Français Alexandre Caizergues, qui avait été dépossédé de son record absolu de vitesse sur l'eau (50,57 noeuds) par l'Hydroptère (51,36 noeuds) il y a un an, a repris son bien, mais surtout passé les 100 km/h, avec un run chronométré à 54,10 noeuds (100,19 km/h) sur 500 mètres !

C'est une barre mythique qui a été franchie mardi à Lüderitz, en Namibie, puisque le Français Alexandre Caizergues, qui avait été dépossédé de son record absolu de vitesse sur l'eau (50,57 noeuds) par l'Hydroptère (51,36 noeuds) il y a un an, a repris son bien, mais surtout passé les 100 km/h, avec un run chronométré à 54,10 noeuds (100,19 km/h) sur 500 mètres ! Après le véliplanchiste Antoine Albeau, les kite-surfeurs Sébastien Cattelan et Alexandre Caizergues, Alain Thébault sur son Hydroptère, le record absolu de vitesse reste dans le giron des marins français, avec la reprise de pouvoir des «kiteurs», et quelle reprise de pouvoir ! Arrivé sur le spot de Lüberitz, en Namibie, fin septembre avec l'objectif de reprendre à l'Hydroptère ce record (51,36 noeuds sur 500 mètres), Alexandre Caizergues, qui l'avait détenu un an (50,57 en septembre 2008), l'a cette fois atomisé, réussissant une moyenne de 54,10 noeuds sur 500 mètres, soit 100,19 km/h et 2,74 noeuds gagnés ! La barre des 100 km/h, derrière laquelle tous ces mordus de vitesse sur l'eau courent depuis quelques années, est donc tombée dans l'escarcelle du rider de Port-Saint-Louis-du-Rhône, âgé de 31 ans, et pas peu fier d'être le premier à l'avoir franchie. "C'est énorme ! Je me suis surpassé. J'ai l'impression d'avoir réalisé quelque chose de fou ! Je savais que j'avais les capacités de reprendre le record du monde de vitesse absolu à la voile mais de là à aller aussi vite... Nous avons bénéficié d'une météo très bonne sur ce magnifique spot namibien. J'en ai encore sous le pied. Nous pouvons aller encore plus vite dans les semaines qui viennent." Et le «Usain Bolt» des flots de se féliciter de voir son travail récompensé, lui qui s'était familiarisé la semaine dernière lors de deux sorties avec la nouvelle configuration du spot de Lüderitz, un canal creusé parallèlement à la plage: "Je me suis entraîné toute l'année pour cette échéance, ma préparation a donc payé." L'Hydroptère a déjà été à 55,5 noeuds... Déjà auteur d'un chrono à 50,98 noeuds le 14 novembre 2009, Alexandre Caizergues a franchi un gros palier, mais, comme il l'indiquait mardi, ce n'est peut-être pas fini, puisque le Lüderitz Speed Challenge, qui réunit tous les ans tous les fondus de vitesse en kitesurf de la planète, dure jusqu'à la fin du mois d'octobre, ce qui laisse la porte ouverte à de possibles nouveaux records. Pour les autres, la barre devient très haute, mais pas impossible à atteindre, notamment pour l'Hydroptère qui, lors de son record le 4 septembre 2009, avait atteint une vitesse maximale de 55,5 noeuds (103 km/h), mais pas sur 500 mètres. Ce sera plus difficile en revanche pour les anciens rois de la discipline, les véliplanchistes, notamment le plus rapide d'entre eux, le multiple champion du monde Antoine Albeau, qui en mai 2009, nous confiait à propos de cette barre de 100 km/h: "Je pense que c'est faisable. Maintenant, le record du monde, c'est vraiment à part, il ne faut faire que ça, il faut passer du temps sur place pour préparer une base, donc il faut de l'argent. Les kite-surfeurs ne font que ça. Moi, quand j'ai battu le record, j'ai payé l'inscription au canal (des Saintes-Maries de la Mer, ndlr) 5000 euros et j'ai dû prendre cinq mois sur mon entraînement hivernal pour le faire. Je me considère donc comme un amateur par rapport aux kite-surfeurs." D'autant que contrairement aux kite-surfeurs, qui disposent avec Lüderitz du terrain de jeu idéal pour faire tomber les records, les véliplanchistes ne bénéficient pas d'un canal spécifique, celui des Saintes-Maries étant aujourd'hui certes le plus approprié mais pas forcément optimal pour eux: "Les kite-surfeurs arrivent à naviguer dans des endroits avec dix centimètres d'eau, ils peuvent avoir un angle plus ouvert de vent sans que le clapot se forme puisqu'il n'y a pas de profondeur, alors que nous, quand on a un angle plus ouvert, il nous faut un mètre d'eau, on a donc plus de risques qu'un petit clapot se forme. Le canal est un peu entre le Mistral et la Tramontane, il n'y a pas assez de jours de vent, mais pour l'instant, c'est notre endroit le meilleur pour ce genre de tentative." Le véliplanchiste de l'île de Ré envisageait de s'attaquer au record en fin d'année, ce n'est plus tout à fait la même musique...