Leonardo, un soutien ambigu

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Leonardo, un soutien ambigu
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Dans une interview accordée conjointement au Parisien et à L'Equipe de mardi, Leonardo, le directeur sportif du Paris Saint-Germain, est revenu sur les dernières rumeurs faisant état de l'arrivée dans la capitale de Carlo Ancelotti, déclarant qu'il "n'y a jamais eu de proposition directe". Pour le Brésilien, la situation d'Antoine Kombouaré, qu'on dit menacé, "n'a pas changé", à charge pour le coach du PSG de gagner le Championnat...

Dans une interview accordée conjointement au Parisien et à L'Equipe de mardi, Leonardo, le directeur sportif du Paris Saint-Germain, est revenu sur les dernières rumeurs faisant état de l'arrivée dans la capitale de Carlo Ancelotti, déclarant qu'il "n'y a jamais eu de proposition directe". Pour le Brésilien, la situation d'Antoine Kombouaré, qu'on dit menacé, "n'a pas changé", à charge pour le coach du PSG de gagner le Championnat... Feuilleton Kombouaré, suite et (sans doute) pas fin. Depuis le début de la saison, rares sont les moments de répit pour l'entraîneur d'un Paris Saint-Germain passé dans une autre dimension depuis sa reprise par un fonds qatarien, QSI. Entre rumeurs d'arrivée imminente de Carlo Ancelotti, de licenciement proche ou d'ultimatum, le Néo-Calédonien vit sous une pression permanente, peu aidé il est vrai par des patrons qui ne le soutiennent que du bout des lèvres. Arrivé dans la capitale l'été dernier, le directeur sportif brésilien, Leonardo, fait partie de ceux-là, lui qui ne fait pas grand-chose pour dissiper le flou, rencontrant ici et là d'éventuels candidats à la succession de Kombouaré, tout en assurant que ce dernier reste jusqu'à nouvel ordre en poste. Au lendemain de l'annonce par Carlo Ancelotti lui-même de son désir de rester en Angleterre et donc de refuser le défi parisien, l'ancien entraîneur de l'Inter Milan sort ainsi du bois pour, dans une longue interview conjointe accordée à L'Equipe et au Parisien, évoquer la situation de l'actuel entraîneur du PSG. Une interview dont il ressort que si l'ancien coach de Valenciennes est confirmé dans ses fonctions, l'équilibre reste très précaire et ne résistera pas à une série de mauvais résultats ou à un échec final dans la course au titre. Une obligation de résultats revue à la hausse Les rumeurs de départ de Kombouaré ? "Aujourd'hui, on doit s'habituer à tous ces bruits, répond Leonardo. Quelle est la réalité ? On parle du PSG partout. En Espagne, en Italie, au Japon, on a entendu parler de Wenger, de Mourinho, de Benitez et maintenant Ancelotti. Désormais, ces bruits vont arriver continuellement." Ce serait donc le lot de clubs médiatiques, sauf que ces rumeurs ont pris corps parce que Leonardo et Ancelotti se sont rencontrés récemment. Ce dont le Brésilien convient: "Il était à Paris et je l'ai vu, oui. Mais j'ai rencontré Kaka aussi et d'autres, sans que vous le sachiez. Aujourd'hui, tout le monde s'intéresse au PSG et c'est très bien. Les bons joueurs, les bons entraîneurs, les bons sponsors ont envie de faire partie du projet. C'est nouveau et c'est très positif (...) Il ne s'agit pas seulement d'Ancelotti, on cherche ce qui sera le meilleur pour le club et on doit se préparer à tout." Mais si rencontre il y a eu, Leonardo affirme que les discussions ne sont jamais allées très loin avec celui qu'il a côtoyé et appris à apprécier à l'AC Milan: "Il n'y a jamais eu de proposition directe." Donc pas d'intention délibérée de lui confier le poste d'Antoine Kombouaré ? "On avait la possibilité de changer Kombouaré dès le début, hein ? Personne ne m'obligeait à rien", rétorque Leonardo. Reste que si aujourd'hui, "la situation n'a pas changé" pour l'actuel entraîneur du Paris SG, elle demeure soumise à une obligation de résultats revue à la hausse pour une équipe première du classement de Ligue 1. "En début de saison, l'objectif était la qualification pour la Ligue des champions, poursuit Leonardo dans L'Equipe. Mais la situation a changé: on est premiers du Championnat. Qu'est-ce que je fais ? Je suis obligé de penser à gagner le titre. Sincèrement, on n'avait jamais pensé être premiers aussi vite. Mais aujourd'hui, on se doit de se maintenir à cette place, et c'est très dur (...) On a fait de bonnes choses, il y aussi des choses sur lesquelles on doit faire mieux.""L'idée, c'est de tout gagner" En gros, Paris aurait été plus vite que la musique en s'installant très vite sur la plus haute marche du podium du Championnat, du coup, son chef d'orchestre se retrouve sommé de suivre le rythme, c'est-à-dire gagner le titre, faute de quoi il tombera de son fauteuil. Quand on lui demande si l'ancien défenseur parisien sera toujours sur le banc la saison prochaine, le directeur sportif répond ainsi: "L'idée, c'est celle-là. C'est aussi de tout gagner, dans le sens, en tout cas, d'être compétitifs dans toutes les compétitions. On a les moyens d'y arriver. Après, quand Marseille a perdu trois matches, c'était la folie et on parlait d'un changement d'entraîneur. C'est la vie de l'entraîneur, ce n'est pas un problème (...) La pression dans le football, c'est normal (...) Je ne sais pas ce qu'il peut se passer, tout peut se passer." En ce sens, Kombouaré a déjà échoué en partie, puisque le PSG est passé au travers d'une première compétition, la Coupe de la Ligue, tombé à Dijon (3-2) une défaite visiblement restée en travers de la gorge de Leonardo: "On ne peut pas perdre à Dijon, rentrer à Paris et manger tranquillement en se disant: «C'est la vie». Si tu penses comme ça, la défaite devient la normalité. Moi, je ne serai jamais satisfait." Jamais satisfait et surtout pas disposé à ce l'équipe de la capitale lâche des matches, notamment en Ligue Europa: "Je comprends que certains clubs soient obligés de faire des choix en raison de leur effectif. Mais pas à Paris. Jamais." Au final, un discours assez ferme, mais aussi suffisamment évasif pour laisser les portes ouvertes à toute éventualité de la part d'un Leonardo qui affirme que, quoi qu'il arrive, il ne remplacera pas Kombouaré sur le banc parisien: "Je ne dis pas que je n'entraînerai plus jamais de ma vie, mais je n'entraînerai pas le Paris Saint-Germain, ça c'est sûr. Cela n'aurait pas de sens."