Leonardo: "Un rêve si fort"

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Leonardo: "Un rêve si fort"
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Souriant, profondément heureux d'être de retour à Paris, Leonardo a longuement expliqué ce qui l' a séduit dans le projet parisien. Le nouveau directeur sportif du PSG appelle cependant à la patience et demande du temps pour mettre en place ses idées. "C'est aujourd'hui que ça commence", dit-il, ému et heureux de retrouver un club avec qui il a noué des "liens très forts"

Souriant, profondément heureux d'être de retour à Paris, Leonardo a longuement expliqué ce qui l' a séduit dans le projet parisien. Le nouveau directeur sportif du PSG appelle cependant à la patience et demande du temps pour mettre en place ses idées. "C'est aujourd'hui que ça commence", dit-il, ému et heureux de retrouver un club avec qui il a noué des "liens très forts." Leonardo, quel est votre sentiment au moment d'endosser ce costume de directeur sportif du PSG ? Je suis vraiment content d'être là, c'est un souvenir très fort pour moi, 14 mois intenses. C'était alors difficile de quitter Paris, j'ai toujours pensé que je pourrais revenir sans savoir quand et si ça pourrait se faire. Tout ça est arrivé tellement vite. La dernière fois que je suis venu, c'était pour le jubilé de Rai. Et, en tant que joueur, c'était pour Brésil-Chili lors de la Coupe du monde 1998. Revenir au Parc, c'est une grande émotion. Il faut rester ici dans ce stade. C'est très important pour le club et pour moi aussi (en écho aux annonces de déménagement au Stade de France, démenties par le président, ndlr).Ce n'était pas facile pour moi de quitter l'Italie mais je suis vraiment content car j'ai été choisi par des gens qui veulent faire quelque chose de spécial, bien organisé, on espère que ce sera positif pour le PSG. Vous a-t-on fixé des objectifs précis à atteindre ? Non, je crois tout d'abord qu'il y a beaucoup de choses encore à connaitre. Le club n'a été acheté que le 30 juin. Ce n'est pas un club à inventer, il a 40 ans, une histoire des traditions. La dernière saison a été positive. Je suis là pour un gout personnel, le lien que j'ai avec le PSG. Il ne faut pas tout réinventer au vu des résultats de l'an passé mais travailler pour arriver au niveau que toutes les équipes européennes veulent atteindre, soit jouer en Ligue des champions, être compétitif en France et en Europe. Maintenant, c'est le moment de voir, étudier ce qu'il y a au sein de ce club, les gens présents au sein du club et importants pour maintenir le niveau de ce club. Il est en très bonne santé. Il y a des changements c'est vrai, et c'est normal que cela pose quelques difficultés pour mettre en place une organisation. Le club a été acheté il y a 13 jours, et je suis arrivé aujourd'hui ! Ce ne serait pas logique de faire entrer des gens. Une personne arrive pour être dans la structure qui existe déjà, et cette personne, c'est moi ! Que vous ont dit les dirigeants qatariens pour vous convaincre ? Nous n'avons parlé du projet que dernièrement. Ce qu'ils ont envie de faire, c'est du long terme. Ils n'ont pas envie d'acheter dix Messi et de voir ce qui se passe. Ce n'est pas comme ça que cela marche, qu'on construit une équipe. Il y a beaucoup d'exemples d'équipes comme ça et je crois que ce n'est pas dans cette direction que le propriétaire veut aller. La base existe déjà, il faut l'améliorer. L'identité du club est là, les dernières années n'ont pas été faciles, c'est le moment d'organiser la base d'un nouveau projet. Et ça, ce n'est pas facile, n'attendez pas que ce soit la fête directement. Ca n'existe pas dans le football. "Ce qui me lie au PSG ne sera jamais un contrat" Au niveau du recrutement, de nombreuses pistes ont été évoquées comme vos compatriotes Ganso ou Lucas, qu'en est t-il aujourd'hui ? Le mercato est fou ! Tout le monde parle, évoque des millions d'euros. La première chose est de parler avec l'entraîneur, je crois que c'est très important. Je n'ai jamais parlé avec lui parce que je n'étais pas encore au PSG donc je n'avais pas le droit. C'est aujourd'hui que ça commence. Je dois parler pour savoir la condition, la réalité de l'équipe, ceux qui vont rester, partir, les joueurs importants, les positions. Le mercato se termine le 31 aout mais on ne fait pas ce projet pour gagner le premier match mais pour du long terme. Je dois vraiment étudier, doucement construire un projet. Avez-vous cependant déjà pris contact avec des joueurs ? On n'est pas pressé ! La précipitation n'est pas bonne pour moi. Je n'ai pas de contact direct. Sincèrement il y a des joueurs avec qui j'étais en contact pour l'Inter. Car j'organisais une saison pour l'Inter. Et ce jusqu'au 24-25 juin. Tout commence maintenant. Vous parlez de temps, pour quelle durée vous-êtes vous engagés à Paris ? On a parlé d'un contrat de trois ans au début. On a parlé de cinq ans mais c'est plutôt moi qui ai dit trois ans. J'ai un rôle mais avec un contrat indéterminé en fait. Ce qui me lie au PSG ne sera jamais un contrat mais le travail effectué et la volonté du propriétaire. Si un jour j'arrive à la conclusion que je ne suis pas capable de faire quelque chose ici, je serai le premier à partir. Mais c'est du long terme et c'est cela qui est stimulant pour moi. Pour être sincère, c'est le même contrat qu'à l'Inter, on n'a jamais parlé d'argent. On parle beaucoup de chiffres, j'en ai lu des incroyables. Je n'ai jamais discuté argent pour le contrat, c'est Nasser qui a décidé. "Le potentiel est tellement fort mais on a besoin de temps" Vous allez avoir beaucoup de responsabilités, êtes-vous conscient de l'ampleur de la tâche qui vous attend ? Sincèrement, si j'avais été libre, il n'y aurait pas eu beaucoup à réfléchir. Car je savais qu'un jour je pourrais arriver ici. J'ai été contacté par le PSG en 2004, 2006, je suivais toujours un peu les choses même si je n'ai été qu'un an ici. J'ai toujours dit à Nasser (al-Khelaifi, ndlr) que je croyais que cela ne serait pas possible car j'avais de très bons rapports avec Moratti. Je suis content qu'ils aient insisté pour me parler mais pour moi c'était alors seulement une présentation d'un projet, comme il y a cinq ans. J'ai vécu 14 ans en Italie ! J'étais joueur du Milan, entraîneur du Milan, de l'Inter. Même pour vous, je crois que c'était difficile de comprendre car j'ai une vie personnelle à Milan, c'était quitter la ville autant que le club. C'était dur... Lors de ma conférence à Milan, des journalistes français étaient là mais ce n'était pas le moment de parler de Paris. Je n'avais de toute façon rien à dire à ce moment là sur le PSG. Comment voyez-vous ce défi ? C'est très stimulant. Si tu fais bien, tu restes, sinon tu pars. Je n'ai pas peur des responsabilités, le football va vite. Le rêve de faire quelque chose ici est très fort, tellement fort. Paris est la seule capitale européenne qui n'a pas une équipe compétitive en Europe. Avec une ville comme Paris, 13 millions d'habitants, le potentiel est tellement fort. Paris, c'est Paris avec la tour Eiffel comme emblème. Penser un rêve comme ça est extraordinaire. Mais on a besoin de temps. Cela veut-il dire que vous allez par exemple conserver Alain Roche au recrutement ou par exemple faire appel à Jean-Michel Moutier ? Je ne sais pas. Je vais voir, je n'ai discuté avec personne encore. J'ai de très bonnes relations avec Jean-Michel comme d'autres anciens du club. Au niveau des échelons importants, je parle du board, du conseil, ca n'a rien à voir avec moi. C'est une autre gestion, je n'ai rien à voir avec le changement politique du club. J'arrive pour faire un projet sportif du club. Je suis donc à 100% à disposition. Les autres décisions sont à voir avec le propriétaire. Allez-vous suivre l'équipe qui part au Portugal demain en stage de préparation ? C'est autre chose, je vais parler avec Antoine Kombouaré ce soir pour savoir un peu le programme. Il y a un match amical contre le Benfica vendredi mais je ne veux pas changer la routine de l'équipe. Jusqu'à un mois, j'étais entraîneur d'une équipe, l'entraîneur gère l'équipe, l'entraîne. Je ne veux pas bouger ça, je vais discuter, voir pour organiser mais cela me semble déjà organisé et c'est normal puisque le championnat débute bientôt.