Lemonchois: "Passer à 80 pieds"

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Lemonchois: "Passer à 80 pieds"
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Et un nouveau projet de multicoque pour Lionel Lemonchois ! Avec son partenaire, le skipper de Prince de Bretagne a pour ambition de rallonger l'ancien trimaran Orma, Sodebo, de 60 à 80 pieds pour participer dans les années à venir à des courses dans la catégorie Ultime. L'objectif principal: la Route du Rhum 2014, dont l'intéressé est double tenant dans deux classes différentes.

Et un nouveau projet de multicoque pour Lionel Lemonchois ! Avec son partenaire, le skipper de Prince de Bretagne a pour ambition de rallonger l'ancien trimaran Orma, Sodebo, de 60 à 80 pieds pour participer dans les années à venir à des courses dans la catégorie Ultime. L'objectif principal: la Route du Rhum 2014, dont l'intéressé est double tenant dans deux classes différentes. Ce projet de rallonger un trimaran Orma, vous y pensiez déjà depuis longtemps, non ? Oui, c'est un projet que j'avais initié chez Gitana et qui a vu le jour sans moi (remplacé par Yann Guichard, lui-même remplacé après la dernière Route du Rhum par Sébastien Josse, ndlr). Depuis, j'avais toujours cette idée de pouvoir recycler un vieux bateau Orma pour en faire un bateau plus performant, open, sans jauge. Et lorsque mon partenaire est venu vers moi en me demandant de lui proposer différents projets pour grossir dans le milieu de la voile, il faisait partie de ceux que je leur ai présentés, et c'est celui qui a été retenu. Il y avait aussi le MOD70. Votre choix s'est porté sur l'ancien 60 pieds Sodebo de Thomas Coville, parce que c'est le dernier qui restait ? Disons qu'il faisait partie des bateaux qui m'intéressaient depuis longtemps, par sa largeur surtout. C'est un des bateaux les plus larges, donc dans une perspective de rallonger un bateau, ça paraissait plus logique de choisir celui-là. En plus, ça faisait quatre-cinq ans qu'ils avaient le bateau sur le quai et qu'ils voulaient s'en débarrasser, ils étaient plutôt intéressés à l'idée de le vendre... Avez-vous déjà une idée dues grandes lignes du chantier et avez-vous choisi le chantier qui s'occupera de la modification ? Pour l'instant, on en est vraiment au début du projet, on a loué le bateau jusqu'à la fin de l'année pour se donner le temps d'étudier tout ça, de faire travailler les architectes de VPLP, qui ont construit le bateau et feront donc les modifications sur le papier, et de choisir le chantier, sachant que ma décision n'est pas encore prise. Le seul précédent à ce jour, Gitana 11, a été rallongé de 60 à 77 pieds, quelle longueur souhaitez-vous pour ce futur Prince de Bretagne ? L'idée, ça serait de faire un bateau de 80 pieds, mais les études ne sont pas finies. Etait-ce beaucoup moins cher pour vous de rallonger un trimaran comme ça plutôt que d'en faire construire un neuf ? Oui, ça n'a rien à voir. C'est un gros chantier, mais on va faire un bateau entre 75 et 80 pieds pour moins du prix d'un 60 pieds de l'époque, c'est du recyclage financièrement intéressant ! "Presque refaire un bateau complet" Même si les ponts ont été rompus avec Gitana, avez-vous eu des retours d'expérience de l'allongement de Gitana 11 ? Oui, j'ai eu officieusement quelques retours d'expérience, bien sûr. Les enseignements ? C'est qu'on va essayer de faire mieux (rires) ! A l'époque, j'avais proposé de changer la coque centrale, parce que je pensais qu'il fallait repositionner le mât, la dérive, les appendices, pour retrouver un bateau équilibré. Ça n'a pas été fait chez Gitana, parce qu'ils se sont contentés de changer les flotteurs, de rallonger devant et derrière, du coup, ils se sont retrouvés avec une dérive qui n'a pas bougé sur un bateau pas mal rallongé, donc l'équilibre du bateau n'était pas celui qu'il fallait, à mon avis... Donc l'idée, là, c'est de refaire la coque centrale ? Oui, la coque centrale et les flotteurs, presque de refaire un bateau complet. Mais on récupère quand même une paire de bras, un mât, une bôme, deux dérives, des foils, les safrans, l'accastillage... Pour pratiquement le prix d'un mât, on a tout ça. Vous voulez intégrer la Classe Ultime qui n'a disputé qu'une course à ce jour, la Route du Rhum en 2010, la prochaine édition est-elle l'unique objectif de ce bateau ? Non, j'ai d'autres idées en tête, il y a des projets de courses pour ces bateaux-là qui, je pense, vont se faire, peut-être pas l'année prochaine, mais pour 2013. Je pense aussi que Pen Duick (organisateur de la Route du Rhum et de la Transat Jacques-Vabre, ndlr) laissera à terme la Transat Jacques-Vabre aux grands bateaux. Après, il y a plein de petites courses près de chez nous qui permettent de donner une visibilité au sponsor, comme l'Armen Race, le Tour de Belle-Ile, le Record SNSM, le tour de l'île de Wight, Cowes-Dinard, le Fastnet... Si on veut naviguer, il y a de quoi faire ! Et les records ? Peut-être. Pour l'instant, ce n'est pas l'idée, on verra déjà ce que donnera le bateau au niveau des performances, si on se rapproche des 100 pieds existants, comme Sodebo (le maxi-trimaran de Thomas Coville, ce dernier ayant auparavant navigué sur le trimaran de 60 pieds du même nom qui va être rallongé pour Lionel Lemonchois, ndlr) et Idec (Francis Joyon). Ce sera une décision à prendre. "On dit bien jamais deux sans trois" Lors de l'unique coure disputée par la Classe Ultime, la Route du Rhum 2010, Gitana 11 a terminé assez loin des bateaux plus grands, Groupama 3, Idec et Sodebo, ça ne vous a pas refroidi au moment de vous lancer dans ce projet ? Non, ça ne m'a pas refroidi. Parce qu'il y a des paramètres qui font que je reste convaincu que ce sera un bon investissement. Et je pense qu'on pourra se rapprocher des performances des bateaux plus grands. Ce ne sera peut-être pas dans toutes les conditions, quand la mer sera un peu formée, un bateau plus grand ira certainement un peu plus vite. Mais un bateau comme Sodebo fait aujourd'hui 12 tonnes, nous on fera 7 tonnes. On fera 20 pieds de moins mais 5 tonnes de moins aussi. Ce sera un bateau rapide et facile à manier. Vous avez gagné la Route du Rhum 2006 en 60 pieds, record à la clé, puis en 2010 en 50 pieds, ce serait une belle trilogie de remettre ça en 2014, en 80 pieds, non ? Ce serait pas mal, hein ! On dit bien jamais deux sans trois. C'est l'idée, évidemment, ce serait bien. Quel est le planning pour ce futur Prince de Bretagne ? S'il est à l'eau en fin d'année 2012, ce serait bien, mais je ne me mets pas la pression. On fera la saison 2012 avec le 50 pieds, pendant que l'autre sera en travaux. D'ici là, il y a une Transat Jacques-Vabre qui se profile fin octobre sur votre trimaran de 50 pieds, dont vous êtes l'un des favoris, comment voyez-vous cette course ? J'espère que ça va se jouer à quatre avec Crêpes Whaou! (Franck-Yves Escoffier-Antoine Koch), Actual (Yves Le Blévec-Sam Manuard) et Loïc Féquet qui, avec son Maître Jacques, le vieux Crêpes Whaou!, a démontré qu'il était au niveau des autres, ça va être une belle bagarre. Vous la disputerez au côté de Mathieu Souben, pourquoi ce choix ? Parce que j'avais envie de naviguer avec un jeune, je trouvais sympa de mettre le pied à l'étrier à un jeune dans ce domaine car je trouve qu'il n'y a pas assez de jeunes qui arrivent dans le milieu du multicoque océanique. Mathieu a une grosse formation dans l'olympisme, en Tornado, tout ce qui est régate en multicoque. Il a donc déjà un toucher assez abouti en multicoque, et c'est quelqu'un qui a l'envie, il y a plein de bonnes raisons.