Legrand: "J'ai changé de statut"

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Legrand: "J'ai changé de statut"
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La médaille de bronze mondiale autour du cou et le sourire aux lèvres, Ugo Legrand s'est présenté devant la presse évidemment ravi. S'il est passé tout près d'une première finale mondiale, ce résultat lui convient à merveille. Auteur d'une compétition de gros calibre, il a pris conscience de ses capacités en sortant notamment Wang, le numéro 1 mondial. Le voilà désormais entré dans une nouvelle ère.

La médaille de bronze mondiale autour du cou et le sourire aux lèvres, Ugo Legrand s'est présenté devant la presse évidemment ravi. S'il est passé tout près d'une première finale mondiale, ce résultat lui convient à merveille. Auteur d'une compétition de gros calibre, il a pris conscience de ses capacités en sortant notamment Wang, le numéro 1 mondial. Le voilà désormais entré dans une nouvelle ère. Que ressentez-vous après l'obtention de cette médaille de bronze ? C'est énorme ! Pour ma deuxième participation à un Mondial, je rapporte le bronze, je ne peux pas me plaindre, je suis le plus heureux des hommes. C'est vraiment magnifique, je savoure car j'aurai pu finir cinquième. Après, la finale m'a échappée parce que je n'ai pas été suffisamment bon, je ne la méritais pas aujourd'hui. Dans quel état d'esprit étiez-vous après la demi-finale ? J'étaid au fond du trou, par terre en sanglot, je ne pouvais pas me relever. Ensuite un petit groupe est venu et je les remercie. Il y avait aussi Benjamin (Darbelet) et ça m'a beaucoup touché. A chaud, c'était difficile d'être objectif, de se rendre compte mais avec 3 drapeaux bleus contre moi, je ne peux que me taire. Il fait deux grosses actions et moi une, à la fin on se rend compte que l'arbitre a raison. Cela a-t-il été difficile lors de la fin de combat pour la 3e place ? Je ne sais pas comment j'ai pu rebondir, mon coprs avançait tout seul. J'ai vraiment tout donné, j'ai même failli tomber dans les pommes sur la fin car j'ai pris un impact, j'étais sonné ! C'était presque automatique, j'ai eu cette force intérieure pour aller chercher une médaille. "Wang, cela faisait partie des choses à faire" Il y a aussi eu votre succès contre Wang, le numéro 1 mondial. Quelle est l'importance de ce succès ? Cela faisait partie des choses à faire. Après le tirage, je savais que j'avais le numéro 1 mondial en huitièmes de finale. C'était lui ou moi, et ça a été expéditif, c'est une chance car cela m'a permis de conserver de l'énergie. A qui dédiez-vous cette médaille ? (Il réfléchi très ému) Je pense à plein de monde, à ma copine, mes grands parents, ma famille, mes amis, sans oublier mes deux clubs de coeur : celui de Grand Quevilly et l'US Orléans. Je les remercie. En quoi Danny Fernandes (son entraîneur à Orléans), un ancien de la catégorie vous aide-t-il ? C'est énorme d'avoir quelqu'un qui a confiance en moi 7 jours sur 7. Il m'a apporté ce grain de folie, ces choses qui permettent de lancer des attaques plutôt que d'être sur la défensive. Si j'ai gagné, c'est aussi parce que j'étais précis sur le kumikata (la prise de garde) or pour moi, le meilleur dans ce domaine, c'était lui. "Je ne suis plus le petit jeune qui arrive" Considérez-vous avoir franchi un cap ? Oui, je pense avoir pris conscience que je pouvais atteindre les podiums mondiaux. J'ai su faire chuter, ce que je ne faisais pas avant. Plus on réussit, plus on est confiance et les résultats suivent. C'était super difficile mais j'ai peut-être changé de statut, je ne suis plus le petit jeune qui arrive. Peut-être que Wang m'a pris à la légère, je crois qu'on ne va pas me sous-estimer lors des prochaines compétitions. Le fait d'évoluer à Paris a-t-il été positif ? Au début, ça a été difficile, je savais que j'étais attendu, regardé. J'ai débuté avec un poids sur les épaules et sur le premier combat la belle technique m'a permis de me libérer. Ensuite, je suis vraiment resté concentré sur les deux premiers combats car je voulais rencontre Wang. Et ça a été le coup de grâce. Il y a aussi les JO en ligne de mire... Le titre olympique, on y pense tous, on vit pour ça. Il y a les championnats du monde et surtout les Jeux Olympiques. Je ne connais pas cette compétition mais les anciens m'ont dit que c'était spécial, à part. Je dois encore travailler sur les asiatiques qui me posent encore des soucis, je dois aussi m'étoffer physiquement et être plus percutant dans mes attaques pour gagner des combats comme la demi-finale. Pour moi, la qualification n'est pas acquise, je suis encore en concurrence avec Darbelet.