Leçon n°1: savoir souffrir

  • A
  • A
Leçon n°1: savoir souffrir
Partagez sur :

Après une semaine de préparation à la Coupe du monde, les Bleus, soumis à un programme dantesque, censé leur donner les moyens de leurs ambitions en Nouvelle-Zélande, ne cachent pas pour la plupart être dans le dur. Des jeunes Médard et Palisson à l'expérimenté Dusautoir, qui a pourtant vécu l'expérience de 2007, tous avouent une souffrance qu'ils savent pourtant nécessaire pour briller dans deux mois.

Après une semaine de préparation à la Coupe du monde, les Bleus, soumis à un programme dantesque, censé leur donner les moyens de leurs ambitions en Nouvelle-Zélande, ne cachent pas pour la plupart être dans le dur. Des jeunes Médard et Palisson à l'expérimenté Dusautoir, qui a pourtant vécu l'expérience de 2007, tous avouent une souffrance qu'ils savent pourtant nécessaire pour briller dans deux mois. "On n'est pas là pour faire de la trottinette." Avec sa faconde habituelle, Maxime Médard fait mouche lorsqu'il s'agit de décrire le quotidien des Bleus réunis depuis une semaine à Marcoussis pour y préparer la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.). L'arrière toulousain ne fait pas figure d'exception et comme chacun de ses coéquipiers sélectionnés en bave comme jamais pour arriver fin prêts dans deux mois, à Auckland, au coup d'envoi de leur Mondial face au Japon. Déjà huit jours d'un travail de titans, d'un quotidien sans relâche, ou presque, qui de 7 heures du matin à 21h30 soumet les Bleus, répartis en groupes et par ateliers (cardio-training, musculation, travail avec ballons, étirements...), à un régime global et surtout inédit dans le contexte d'une équipe de France offerte à un tel luxe tous les quatre ans seulement. "C'est vraiment ce que j'ai connu de plus dur, consent l'arrière toulousain dans un sourire. Je m'attendais à ce que ce soit dur, mais pas autant... Je n'ai jamais fait autant de musculation et de physique. Une préparation de deux mois, c'est quelque chose qui n'existe pas en club, où on n'a pas le temps. C'est dur, mais c'est normal, ça ne me dérange pas ; j'ai travaillé 4 ans pour être là." Pas question de se plaindre: "On se lève tous les jours à 7 heures, mais on n'est pas là non plus pour se reposer. Et les mecs qui sont à la mine... Il y a des métiers qui sont plus durs." Médard: "Pour une fois que je vais pouvoir voir mes abdos... (rires)" Autre néophyte, invité à participer à sa première Coupe du monde, Alexis Palisson ne diffère pas dans l'appréciation du programme concocté par le staff tricolore: "Ce n'est pas loin d'être pire que ce que j'attendais, mais ce n'est jamais trop car il faut absolument aller au bout de nos capacités. Et puis, on s'occupe de tout pour nous ici alors on peut profiter de chaque minute disponible pour récupérer." La récupération, tout aussi primordiale, qui offre les Bleus à une escouade de kinésithérapeutes et autres mains expertes à travers autant de protocoles de prévention personnalisés qu'il y a de sélectionnés, mais rallongent d'autant leurs interminables journées... Après les quelques semaines de repos que les internationaux se sont octroyées, la transition est forcément sévère. "C'est normal. On a eu trois semaines de vacances..., admet Médard, qui ne cache pas traîner quelques kilos superflus: "Il faut que je perde du gras, j'ai toujours été un peu boudiné ; pour une fois que je vais pouvoir voir mes abdos... (rires)" Un investissement total, dont tous comptent toucher les bénéfices: "J'espère être meilleur partout grâce à cette préparation, dit Médard. On savait qu'on allait en chier (sic). Tant mieux. Il n'y a que comme ça qu'on arrivera à un niveau d'excellence." Fort de son expérience de l'édition 2007, Thierry Dusautoir, du haut de son statut de capitaine, abonde dans ce sens: "Il faut se remettre en question tous les jours. Etre prêt pour être dans le dur dès 7 heures, c'est déjà une petite victoire. Mais il ne faut pas lâcher. Tout le monde le fait, même ceux qui sont handicapés." Serrer les dents pour briller plus tard: le deal est clair.