Le Vendée Globe fait sa pub

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Le Vendée Globe fait sa pub
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Notre série sur les chercheurs de Globe, Jérémie Beyou, Yann Eliès et Samantha Davies, racontait la difficulté de certains skippers de renom à se présenter au départ du prochain Vendée Globe. La SAEM Vendée, organisatrice du tour du monde, a réagi en organisant jeudi, à 14 mois du départ, une conférence de travail pour mettre en relation les marins avec des prescripteurs pour gonfler le nombre de participants.

Notre série sur les chercheurs de Globe, Jérémie Beyou, Yann Eliès et Samantha Davies, racontait la difficulté de certains skippers de renom à se présenter au départ du prochain Vendée Globe. La SAEM Vendée, organisatrice du tour du monde, a réagi en organisant jeudi, à 14 mois du départ, une conférence de travail pour mettre en relation les marins avec des prescripteurs pour gonfler le nombre de participants. "Laissez-vous tenter." Voilà résumé le message délivré par les acteurs (organisateurs, skippers, sponsors...) du Vendée Globe à 14 mois du départ du prochain tour du monde en solitaire et sans escale. Là où le cru 2008-2009 avait su rassembler un nombre record de 30 participants, la limite de capacité d'accueil du port des Sables d'Olonne, la septième édition, dont le départ sera donné le dimanche 11 novembre 2012, ne réunit pour l'heure que douze bateaux (voir ci-contre). Mais attire toujours une autre douzaine de marins, incapables de finaliser leur budget pour prétendre participer à la plus grande course en solitaire au monde. Parmi eux, des grands noms de la voile, comme Jean Le Cam, Yann Eliès, Dee Caffari, Jérémie Beyou ou encore Sam Davies, tous au départ de la précédente édition. Désireuse de ne pas laisser ces derniers à quai, pas plus que Raphaël Dinelli, Steve White, Jean-Baptiste Dejeanty, Alessandro di Benedetto, Marc Emig, Louis Burton, Juan Merediz et Boris Herrmann, eux aussi en attente de budget, la SAEM Vendée avait réuni jeudi, à leur demande, une conférence de travail regroupant sponsors, prescripteurs, banquiers, attachés de presse ou journalistes. Le but de cette réunion organisée au Pavillon de l'Eau à Paris ? "Accompagner, mettre des outils en place, en résumé faire le métier pour aider les marins qui ne sont pas forcément les meilleurs vendeurs de leur personne", justifie Guillaume Henry, le nouveau directeur général de la SAEM. Le Vendée en danger ? Pendant près de deux heures, Bruno Retailleau, le président de la SAEM, Louis Guédon, le député maire des Sables d'Olonne, Denis Horeau, le directeur de la course, Jean-Pierre Champion, le président de la Fédération française de voile, Luc Talbourdet, le président de l'Imoca (la classe des 60 pieds sur lesquels se disputent la course), et encore Pascal Cadorel, le directeur de la communication de Sodebo, Christophe Chabot, le PDG d'Akéna Vérandas, Régis Faour, le directeur de la communication de Paprec, et Jean-Bernard Le Boucher, responsable du programme voile chez Macif, se sont succédé à la tribune pour vanter les mérites du Vendée Globe et rappeler un mot d'ordre : "il n'est pas trop tard !" Les prescripteurs présents dans la salle auront entendu que le Vendée Globe restait une "aventure humaine" dans laquelle "le public se reconnaît" pour preuve les 15 à 20 000 spectateurs recensés par jour pendant trois semaines en 2008 (autant qu'à Roland-Garros pendant quinze jours). Ils auront surtout compris, à travers ces exposés, l'intérêt de miser (entre 1 et 2 millions d'euros par an, hors communication donc pour la seule partie sportive sans compter l'achat ou la location du bateau) sur un skipper. La présence sur le marché d'une dizaine de bateaux compétitifs (le Foncia avec lequel Desjoyeaux a gagné en 2009, l'ancien Gitana Eighty de Peyron, l'ancien Virbac-Paprec de Dick, l'ancien BT vainqueur de la Route du Rhum avec Jourdain à la barre, l'ancien Brit Air de Le Cléac'h...) à moitié prix n'est qu'une carotte. L'objectif, c'est le retour sur investissement (de trois à cinq selon la mise de départ). Renforcement de l'image et de la notoriété de la marque, motivation interne décuplée et accélération du business, c'est le jackpot à écouter les sponsors qui sont déjà jetés à l'eau. Alors pourquoi les investisseurs sont-ils aussi frileux ? La crise économique de 2008 est passée par là. Le Vendée Globe subit-il aussi la concurrence de l'Extreme Sailing Series et du MOD70 ? Luc Talbourdet n'y croit pas : "Les sponsors qui s'engagent dans l'Extreme Sailing Series n'y vont pas pour la même chose, pour les mêmes valeurs. C'est un super événement qui fait venir des sponsors à la voile, donc c'est très bien. Pour le MOD70, du large, on peut se poser la question. Mais les skippers qui vont sur cette classe amènent avec eux des sponsors qui avaient déjà deux ou trois Vendée Globe à leur actif et avaient besoin d'autre chose. Et le MOD70 a encore tout à prouver là où le Vendée Globe est déjà éprouvé." Pas d'inquiétude, malgré cette mobilisation pour vendre la course, le mythe ne serait pas en péril. "Non, le Vendée Globe n'est pas en danger", assure Guillaume Henry qui rappelle qu'on est encore à 14 mois du départ. "On sait qu'il y a des projets qui grenouillent, il y a des contacts avancés. Et puis, la moyenne de participants au Vendée Globe est de 18. L'année 2008 avec 30 partants était une anomalie statistique", rappelle-t-il avant de lancer, à ceux qui n'auraient pas compris, un dernier message: "C'est une course unique, avec les fondamentaux les plus simples possibles, qui mettent en avant l'aventure d'un homme sur un bateau dans les mers les plus difficiles." Tout un programme. Qui vaut apparemment la peine de sortir le chéquier.