Le sud prend l'avantage

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Le sud prend l'avantage
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Partie dimanche dernier de Bénodet, la flotte des 17 solitaires engagés sur la Transat Bénodet-Martinique n'a pas traîné en route, puisqu'elle approche des Açores en ordre dispersé. Vendredi, ce sont les partisans de l'option sud, Frédéric Rivet et Eric Péron, qui se sont emparé des commandes de la course, tandis que les nordistes (Erwan Tabarly, Nicolas Lunven, Jeanne Grégoire, Gildas Morvan, Fabien Delahaye) s'apprêtent à essuyer un fort coup de vent.

Partie dimanche dernier de Bénodet, la flotte des 17 solitaires engagés sur la Transat Bénodet-Martinique n'a pas traîné en route, puisqu'elle approche des Açores en ordre dispersé. Vendredi, ce sont les partisans de l'option sud, Frédéric Rivet et Eric Péron, qui se sont emparé des commandes de la course, tandis que les nordistes (Erwan Tabarly, Nicolas Lunven, Jeanne Grégoire, Gildas Morvan, Fabien Delahaye) s'apprêtent à essuyer un fort coup de vent. Les premières options ont livré leur verdict. Après une traversée du Golfe de Gascogne en rangs serrés, la flotte des 17 Figaro engagés sur la Transat Bénodet-Martinique s'était scindée en plusieurs groupes au passage du Cap Finisterre avec d'un côté le gros du peloton, emmené par le tenant du titre, Gildas Morvan, misant sur une route directe cap vers les Açores, de l'autre quelques francs-tireurs, en premier lieu Eric Péron et Frédéric Rivet, décidés à jouer leur carte au sud. Une carte pour l'instant gagnante, puisque vendredi matin, Frédéric Rivet a pris le pouvoir devant Eric Péron, les deux hommes se tenant en cinq milles. Joint à la vacation matinale, le skipper de Vendée 1 et nouveau leader se montrait plutôt satisfait de son choix d'une route sud a priori plus risquée car rallongeant la route: "J'ai fait le choix assez rapidement après le Cap Finisterre, j'avais plutôt envie de faire du sud, j'ai poussé le vice à fond dans l'option, ça a payé, tant mieux, je suis content." Content mais lessivé, les solitaires ayant peu dormi depuis le départ, comme le confiait le Frédéric Rivet: "Depuis le début de la course, j'ai vraiment l'impression de vivre une étape de Solitaire, j'ai même eu des débuts d'hallucinations, j'entendais la radio alors qu'il n'y avait pas la radio ! Je me dis que je ne vais jamais pouvoir tenir comme ça jusqu'au bout, heureusement je vais pouvoir passer en mode un peu plus océanique." Drouglazet prédit "une course de sanglier" La journée de vendredi arrive en effet à point nommé pour recharger les batteries, puisque les sudistes vont retoucher les premiers du vent stable leur permettant de mettre le cap à l'ouest, une situation que décrivait, tôt vendredi, Eric Péron: "La fin des galères, c'est fini ! On sort depuis une demi-heure du vent instable, ça faisait 24 heures que c'était vraiment pénible. Là, c'est revenu stable, on devrait ouvrir les voiles au fur et à mesure, ça devrait bien glisser toute la journée dans une quinzaine, voire une vingtaine de noeuds." Et le skipper de Macif 2009 de se montrer plutôt optimiste vis-à-vis de la concurrence des nordistes: "Avec un peu de chance, les autres ne sont pas encore partis, ils sont un peu dans le mou encore, c'est top, je pense qu'on va pouvoir s'échapper encore un peu, c'est de bon augure." Reste que la suite ne sera pas de tout repos, puisque, après un bord vers l'ouest, les solitaires vont, selon Eric Drouglazet, troisième dans une position intermédiaire entre les deux sudistes et le groupe des nordistes, dans lequel figurent nombre de favoris, de Nicolas Lunven à Gildas Morvan, en passant par Erwan Tabarly, Fabien Delahaye ou Jeanne Grégoire, "mettre le clignotant à gauche pour descendre fort dans du vent de nord, à fond les ballons, sans doute sous spi." Et le vétéran de la classe Figaro, vainqueur de cette transat en 2005 lorsqu'elle reliait Saint-Nazaire à Cuba, de prédire: "Ça risque d'être une course de sanglier dans du vent fort, il faut donc ménager sa monture." Ménager sa monture notamment dans le coup de vent qui risque de s'abattre sur la flotte en début de week-end au niveau des Açores, dans lequel, selon Eric Péron, "il faudra être bien vigilant pour ne pas casser car on devrait avoir une mer dégueulasse, très hachée." Mais là encore, les sudistes, qui bénéficieront d'un angle de vent plus favorable (de travers là où les nordistes auront le vent dans le dos) pourraient s'en sortir plus rapidement...