Le sud ne paie pas

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Le sud ne paie pas
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Plus d'une semaine de mer sur la Transat Jacques-Vabre et la météo a livré son verdict: partis dans une option au nord-ouest, au plus près de la route directe, Virbac-Paprec 3 (Dick-Beyou) et Hugo Boss (Thomson-Altadill) ont pris la poudre d'escampette, l'option sud suivie par Banque Populaire (Le Cléac'h-Pratt), Macif (Gabart-Col) Safran (Guillemot-Eliès) et Groupe Bel (de Pavant-Régniau) s'avérant très coûteuse en milles.

Plus d'une semaine de mer sur la Transat Jacques-Vabre et la météo a livré son verdict : partis dans une option au nord-ouest, au plus près de la route directe, Virbac-Paprec 3 (Dick-Beyou) et Hugo Boss (Thomson-Altadill) ont pris la poudre d'escampette, l'option sud suivie par Banque Populaire (Le Cléac'h-Pratt), Macif (Gabart-Col) Safran (Guillemot-Eliès) et Groupe Bel (de Pavant-Régniau) s'avérant très coûteuse en milles. Aspirés dans une dorsale ! Alors qu'ils espéraient mardi contourner une zone sans vent par le sud pour toucher enfin les alizés et dévaler l'Atlantique à grande vitesse vers les Antilles, les tenants de l'option sud, Banque Populaire, Macif, Safran et Groupe Bel, ont été victimes d'une extension de cette bulle anticyclonique, une dorsale dans le jargon météo, qui les a considérablement ralentis et dont ils n'ont pu s'extraire que mercredi en fin de journée. Dans le même temps, les deux partisans de la route directe, Virbac-Paprec 3 et Hugo Boss, continuaient à bénéficier d'un bon flux de nord-ouest en passe de tourner au nord-est, leur permettant de garder une bonne vitesse de croisière et de surtout de creuser l'écart en tête de flotte. Les conséquences au classement ? En 48 heures, Banque Populaire (Le Cléac'h-Pratt), troisième mardi, a vu son retard sur le leader, Virbac-Paprec (Dick-Beyou), passer de 40 à 280 milles, Macif (Gabart-Col), Groupe Bel (de Pavant-Régniau) et Safran (Guillemot-Eliès) accusant jeudi matin respectivement 310, 400 et 404 milles de handicap ! Un écart irrémédiable ? Joint jeudi à la vacation matinale, François Gabart ne se faisait guère plus d'illusions sur ses chances de revenir, à la régulière, sur le duo de tête: "Je viens de regarder le classement, le décalage est fait. Clairement, ils sont devant et il y a peu de raisons qu'ils ne le restent pas. Quand on fait tourner les routages, ils sont dans une position favorable. Après, ça reste une course, avec tous les aléas qu'il y a sur une course, il peut y avoir de la casse." Thomson et Altadill créent la surprise, les frèrs Burton aussi Bref, la partie semble perdue pour les sudistes qui boivent le calice jusqu'à la lie, puisqu'ils se sont même fait rattraper par les retardataires, le surprenant Bureau Vallée des frères Louis et Nelson Burton, qui font leur première apparition en Imoca sur cette Jacques-Vabre à bord de l'ancien Delta Dore de Jérémie Beyou, Gamesa (Golding-Dubois) et Mirabaud (Wavre-Paret), respectivement troisième, quatrième et sixième jeudi matin. Même si la route est encore longue (2500 milles jeudi matin), avec notamment une dernière partie piégeuse en mer des Caraïbes entre l'arc antillais et le Costa Rica, on se dirige vers un duel final pour la victoire entre Virbac-Paprec 3 (Dick-Beyou) et un Hugo Boss (Thomson-Altadill) qui, 20 milles derrière, n'en finit pas de surprendre. A la barre du bateau vainqueur de la dernière Route du Rhum (Veolia Environnement alors skippé par Roland Jourdain), victime d'un chavirage sur la dernière Jacques-Vabre (sous le nom de BT avec le tandem Josse-Cuzon aux commandes), l'Anglais et l'Espagnol, "deux têtes brûlées" selon Michel Desjoyeaux qui nous faisait les présentations avant le départ, ont réussi à passer à travers les fronts de la première semaine de course, sans casser, ce qui en étonnera plus d'un, au vu de la réputation de casse-cou d'Alex Thomson, un skipper certes rapide mais qui termine rarement ses courses. Et si c'était la bonne ? Du côté des autres classes, Actual (Le Blévec-Manuard) continue son cavalier seul en Multi 50, avec plus de 400 milles d'avance sur le seul autre trimaran encore en course, Maître Jacques (Féquet-L. Escoffier), tandis qu'en Class 40, la démonstration d'Aquarelle.com (Bestaven-Drouglazet) se poursuit, le leader depuis le départ du Havre comptant jeudi matin 100 milles d'avance sur ERDF-Des Pieds et des Mains (Séguin-Richomme) et 182 sur Groupe Picoty (Fournier-Caso).