Le speaker, l’autre showman de Bercy

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Le speaker, l’autre showman de Bercy
@ MAXPPP
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TENNIS - Le speaker Marc Maury annonce en musique l’entrée des joueurs au tournoi de Bercy. 

Sur le court, Gaël Monfils assure le show. Même s’il a été prématurément éliminé par Feliciano Lopez, mercredi soir, au deuxième tour (6-3, 6-4), il reste l’un des seuls joueurs capables de retournements de situation incroyables. Pris de vitesse dans l’échange, d’un coup de raquette impensable ou d’un saut de cabri, "Sliderman" arrive à sauver des points là où la plupart des joueurs auraient lâché l’affaire. Lui ne joue pas mais il est sur le court à chaque match. Avant chaque rencontre, c’est lui qui présente l’arrivée des tennismen. Lui, c’est Marc Maury, la voix de Bercy. 

La salle plongée dans le noir, un halo de lumière et une musique fracassante, les joueurs entrent sur le court comme dans une arène de boxe. Pour faire encore monter l’ambiance d’un cran, Marc Maury présente les acteurs en quelques phrases. Depuis plus de quinze ans, c’est lui qui vous fait vivre ce rituel si particulier. Depuis 1994 très exactement et depuis l’autorisation de l’ATP d’accompagner l’entrée des joueurs en musique. Mais ce grain de voix si particulier, vous pourrez aussi l’entendre à Roland-Garros, à Marseille, à Monaco et Montpellier. 

575 fiches de joueurs 

Cet ancien sportif, décathlonien, mais aussi joueur de rugby à Aurillac dans les années 1980, a toujours "adoré le sport". Mais ce qui lui plaît par-dessus tout, c’est "l’interactivité entre les joueurs et le public". Et d’expliquer : "avant 1994, les tennismen n’avaient que les medias en face d’eux". Désormais, il y a Marc Maury qui assure la présentation avant les matches et qui interviewe aussi les joueurs à la fin. 

Avant d’entrer dans l’arène, Marc Maury n’a pas vraiment de rituel. "Je ne suis pas superstitieux". Pas de grigris ni de vocalises pour chauffer sa voix avant de prendre le micro, mais une excellente connaissance des joueurs. "J’ai 575 fiches de joueurs", confie-t-il à Europe1.fr. "Ma technique est toujours la même, j’inscris leur palmarès, leurs résultats dans l’année et tous leurs parcours en France". Du coup, il connaît les joueurs sur le bout des doigts. "Je me rappelle la première victoire sur le circuit de Roger Federer. C’était contre Guillaume Raoux, à Toulouse en 1998". Et de glisser une petite anecdote sur l’ancien numéro un mondial : "avant d’être le joueur exemplaire qu’on connaît, Federer cassait deux à trois raquettes par match". 

"Ce n’est pas fini, tu peux repartir"

Marc Maury baigne dans le sport toute l’année. Commentateur de temps en temps pour Eurosport, il est aussi speaker sur les championnats de France d’athlétisme. Mais son CV n’a pas vraiment de limite. Un peu de théâtre, "pratique pour rentrer dans la peau de son personnage de speaker", mais aussi du cinéma où il a donné la réplique il y a quelques à Jeanne Moreau dans le Miraculé, ou encore participé au premier film de Cédric Klapish, Rien du tout. 

Mais ses meilleures anecdotes, elles viennent du bord du terrain où il passe le plus clair de son temps. Il raconte par exemple que "certains joueurs n’aiment pas trop sa venue". Et d’expliquer : "quand je m’approche du court, c’est qu’on n'est pas loin de la fin. Un jour à Monaco, l’Argentin Guillermo Coria, mené un set à rien et 5-2 dans la deuxième manche contre Paul-Henri Mathieu, m’a interpellé : "ce n’est pas encore fini, tu peux repartir". Il a réussi à revenir et gagner le match. A la fin, il est venu me voir pour me narguer gentiment". Depuis, Guillermo Coria a pris sa retraite (en 2009). D’autres joueurs ont pris sa place. Mais le showman de Bercy, lui, n’a pas bougé.