Le signe hellène est vaincu

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Le signe hellène est vaincu
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Malgré une peur bleue nourrie à coups de boutoir adverses trois quarts-temps durant, la France a gagné son billet pour le dernier carré de l'Euro 2011, jeudi, en dominant la Grèce sur le parquet de Kaunas 64-56. Le traumatisme de l'Euro 2005 ainsi digéré, les hommes de Vincent Collet ont désormais rendez-vous avec la Russie. Un billet pour le tournoi pré-olympique en poche.

Malgré une peur bleue nourrie à coups de boutoir adverses trois quarts-temps durant, la France a gagné son billet pour le dernier carré de l'Euro 2011, jeudi, en dominant la Grèce sur le parquet de Kaunas 64-56. Le traumatisme de l'Euro 2005 ainsi digéré, les hommes de Vincent Collet ont désormais rendez-vous avec la Russie. Un billet pour le tournoi pré-olympique en poche. Rarement une Marseillaise n'avait plongé une sélection tricolore dans un tel état de concentration, dans une telle introspection. Tony Parker, Boris Diaw, Mickaël Gelabale et Florent Pietrus, à voir la mine de ces quatre-là, quatre mutilés de l'Euro 2005, barrés par la Grèce aux portes de la finale pour une poignée de secondes, l'équipe de France avait soif de revanche ce jeudi à Kaunas. D'autant que l'histoire, cette fois, semblait devoir lui sourire. Au vu de son parcours en poules, au vu des forces en présence... Spanoulis, Schorzanitis, Diamantidis ou Papaloukas aux abonnés absents côté hellène, l'équipe de Vincent Collet pouvait légitimement prétendre au statut de favori. Après quatre jours de repos plus ou moins contraints, les Bleus étaient prêts disait-on, prêts à relever le challenge grec et à éviter ses pièges. Ce fameux faux-rythme imposé à l'intox et au physique, avec de longues possessions destinées à sevrer l'adversaire de ballons. Et pourtant la douche froide était de mise pour les Parker et consorts. Censée attendre et ralentir le jeu, la Grèce débutait le choc tambour battant, infligeant un 7-0 à la France en deux minutes. Et déjà ce goût amer de revenir dans les bouches tricolores... Une amertume qui se faisait tenace, même si De Colo secouait les siens dans le premier quart pour que ceux-ci restent au contact. Avec 30% seulement de réussite dans la raquette sur cet acte initial, la France s'en sortait bien à 14-17 au premier buzzer. Mais il fallait encore toute l'audace de l'ancien Choletais pour maintenir les Bleus à flots en début de deuxième période: de 14-21, le score passait à 21-21 sous l'impulsion de De Colo. Un petit miracle qui n'empêchait pas les Grecs de virer en tête à la pause (27-31). Non sans l'abattage d'un Bourousis omniprésent et crédité au final de 17 points et 11 rebonds. Parker: "Avant, on n'aurait pas gagné..." A mi-parcours, c'est bien dans la raquette que les troupes d'Elias Zouros faisaient la loi (8-16 en faveur des Hellènes dans la peinture). Une constante que Pietrus, bien plus efficace qu'un Gelabale aligné dans le cinq majeur mais manifestement convalescent, s'employait à nuancer au coeur du troisième acte. A l'arraché, les Tricolores revenaient ainsi à hauteur (40-40), mais ce diable de Calathes rendait trois longueurs d'avance à son équipe sur un shoot primé ultime (40-43). Les débats promettaient d'être irrespirables jusqu'au bout. Du moins le croyait-on. Car à l'approche du verdict, Parker, jusqu'alors bien discret, embrassait enfin ses responsabilités de meneur décisif. En deux perforations, l'intéressé donnait l'ascendant aux Français, pour la première fois du match (49-45, 32e). Le vent avait définitivement tourné, d'autant que Batum prêtait main forte à son leader. 52-47 puis 60-54, en remontant à 43% de réussite près de la cible tandis que les Grecs piochaient au-delà de la ligne (3 sur 21 sur l'ensemble de la partie), les Bleus se détachaient inexorablement pour s'imposer 64-56, presque confortablement... "Pendant un gros quart d'heure, les Grecs ont cassé le jeu, on a eu du mal à imposer notre jeu, mais on n'était qu'à -4 à la mi-temps en ne produisant pas notre meilleur basket. En deuxième mi-temps, on a réussi à mettre des shoots, on a fait beaucoup de progrès, car ce match, avant, on ne l'aurait pas gagné, là, on n'a pas paniqué, réagissait à chaud "TP", 18 points au compteur, au micro de Canal + Sport. J'espère que demain, on va faire un meilleur match parce qu'on espère se qualifier pour les Jeux olympiques." En attendant une nouvelle confrontation qui s'annonce épique face à la Russie, vendredi soir, en demi-finale de cet Euro 2011, la France peut déjà savourer un premier accessit. La voilà qualifiée pour le très prisé tournoi pré-olympique menant à Londres. Plus forte que jamais maintenant que la malédiction grecque est brisée...