Le Pen hors-jeu avec son carton rouge

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Le Pen hors-jeu avec son carton rouge
@ REUTERS
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LA POLITIQUE EN SHORT - La candidate du FN a adressé un carton rouge à Nicolas Sarkozy.

Ça y est, le premier carton rouge du match présidentiel est sorti. Dimanche soir en meeting à Lille, c'est Marine Le Pen qui l'a dégainé, appelant les électeurs à "sanctionner" le chef de l'Etat dès le premier tour de l'élection. Une image empruntée au jargon sportif mais une action pas vraiment très bien amenée. Explication.

En terme d'image pure, le carton rouge est plutôt efficace. "C'est un langage universel, tout le monde le comprend", explique le politologue Laurent Dubois. Les 2.000 sympathisants présents dans la salle dimanche soir ont suivi leur candidate en brandissant à leur tour des cartons rouges.

L'image est très compréhensible mais en même temps, "elle en devient banalisée", estime Laurent Dubois. "C'est trop classique. C'est un peu pauvre comme image et ça révèle d'ailleurs un manque d'imagination dans sa campagne".

Les amateurs de sport pourront peut-être apprécier le clin d’œil. Mais d'un autre côté n'importe quelle personne qui a déjà regardé un match de sport collectif a certainement vu l'erreur de Marine Le Pen. "En sortant un carton rouge, elle se place dans la position d'arbitre. Mais elle a oublié qu'elle était aussi joueuse dans cette partie". On n'a jamais vu un match de foot ou de rugby où un joueur adresse un carton à un de ses adversaires. "C'est comme si un joueur de l'OM expulsait un joueur du PSG au cours d'un Clasico", poursuit Laurent Dubois.

"Elle se met elle-même hors-jeu"

Dimanche soir à Lille, Marine Le Pen a donc inventé une nouvelle règle en plein match. "Elle a sorti une sorte de carton noir, l'expulsion de Nicolas Sarkozy et rentrer à sa place dans le même temps". Pour les amateurs de foot, c'est une sorte de double peine (carton rouge et pénalty).

L'image est donc mal maîtrisée par la candidate frontiste. "Elle descend dans les vestiaires mais elle ne comprend pas ce qu'il s'y passe", estime le politologue Laurent Dubois. "Pire, en se transformant en arbitre, elle se met hors-jeu toute seule, comme si elle n'était pas sur la pelouse".