Le Péchoux: "J'ai tout fait à l'envers"

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Le Péchoux: "J'ai tout fait à l'envers"
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Erwann Le Péchoux est sorti totalement dévasté par un revers inattendu dès le deuxième tour des championnats du monde. Conscient de ne rien avoir fait comme il faut, il admet avoir manqué une très belle opportunité de briller devant son public. Jamais vraiment dans le coup, il n'est tout simplement pas entré dans ce tournoi qui le faisait pourtant rêver. Amer et frustré, il va sans doute avoir besoin de temps avant de rebondir.

Erwann Le Péchoux est sorti totalement dévasté par un revers inattendu dès le deuxième tour des championnats du monde. Conscient de ne rien avoir fait comme il faut, il admet avoir manqué une très belle opportunité de briller devant son public. Jamais vraiment dans le coup, il n'est tout simplement pas entré dans ce tournoi qui le faisait pourtant rêver. Amer et frustré, il va sans doute avoir besoin de temps avant de rebondir. Comment expliquez-vous cette défaite ? Je n'ai pas bien abordé ma compétition, je ne suis pas bien entré dans le match, d'entrée j'ai pris des touches de retard, je connaissais l'adversaire, je savais qu'il me poserait des problèmes. Avec du retard, il fallait que je fasse le moins d'erreurs possibles. J'ai tout fait à l'envers, je me suis précipité, plus je prenais des touches et plus je voulais en mettre, ça s'est enchaîné. A aucun moment, je n'ai réussi à me ressaisir, à avoir un petit sursaut d'orgueil. Un manque de combativité, je suis passé complètement à côté, ça m'arrive rarement mais là, il n'y a rien à dire car je prends 15-8 face à un mec qui est loin d'être fort. Avez-vous subi trop de pression ? Non, je ne pense pas, la pression serait venue au fur et à mesure de la compétition, là, il n'y avait pas beaucoup d'enjeu, c'était un adversaire à ma portée. Un deuxième tour de championnat du monde, ce n'est pas non plus... Le public, on l'entend mais quand on est sur la piste, on ne pense pas à ça. Le fait de ne pas disputer le premier tour ne vous a-t-il finalement pas joué un mauvais tour ? Peut-être, tout le monde me disait : « tu n'a pas tiré, c'est bien » mais ce n'était pas facile, je n'étais pas dans le même rythme. Peut-être que ça m'a manqué sur les premières touches avec un manque d'agressivité. Ça a peut-être joué. "J'avais un boulevard..." A quoi avez-vous pensé à l'issue du combat, vous paraissiez effondré ? Je repense à tout ce que j'attendais de ce championnat du monde, j'avais un tableau qui pour une fois était presque facile avec des adversaires qui me correspondaient bien, la grosse tête de série avait perdu au premier tour (il parle de l'Italien Cassara), j'avais un boulevard et je me suis dit que c'était la bonne occasion. Je m'étais bien préparé, j'y croyais. Après coup, j'ai pensé à tout ce que j'avais fait, à ce que j'aurais pu vivre... Le fait d'avoir un boulevard n'a-t-il pas eu un effet négatif ? Non, je ne crois pas car je ne l'ai su quelques minutes avant, peut-être qu'inconsciemment j'ai su que c'était le match à gagner car l'adversaire contre qui je perds (Maor Hatoel) n'est pas fort mais il ne me convient pas, j'ai des problèmes sur lui, je savais que c'était le match à passer car après, j'avais des adversaires qui me convenaient bien. C'est sûr que j'ai dû y penser à un moment, mais ce n'est pas pour ça que je perds. C'est une belle opportunité manquée... Oui, ce n'était pas aujourd'hui ou jamais mais ça fait longtemps qu'on me dit que je suis bon, que je peux, que je dois mais que je n'y arrive pas. Je m'étais bien préparé, j'espérais que cet endroit me porte, me transcende, je n'ai pas eu le temps de voir ce que ça faisait de tirer-là parce que je ne suis pas entré dans mon match et que je n'ai rien ressenti. Ça aurait pu être une très grande journée si tout se passait bien, vivre un championnat du monde chez soi et aller au bout, ça aurait pu être une belle chose. Au final, il ne se passera rien et ce sera encore plus dur après.