Le paradoxe Diarra

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Le paradoxe Diarra
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Resté sur le banc pendant toute la rencontre face au Luxembourg vendredi dernier en éliminatoires de l'Euro 2012, Alou Diarra sera sans doute titulaire et capitaine mardi soir au Stade de France pour la réception amicale de la Croatie. Une situation particulière pour un joueur qui semble perdre sa place en Bleu, victime de l'émergence du Rennais Yann M'Vila.

Resté sur le banc pendant toute la rencontre face au Luxembourg vendredi dernier en éliminatoires de l'Euro 2012, Alou Diarra sera sans doute titulaire et capitaine mardi soir au Stade de France pour la réception amicale de la Croatie. Une situation particulière pour un joueur qui, inexorablement, semble perdre sa place en Bleu, victime de l'émergence du Rennais Yann M'Vila. Diarra ou le yoyo bleu, un coup dedans, un coup sur le banc. Depuis l'arrivée de Laurent Blanc aux commandes de l'équipe de France, le Bordelais cultive en effet un étrange paradoxe, celui de ne pas débuter tous les matches, preuve qu'il n'est pas toujours un premier choix aux yeux du sélectionneur, mais de se retrouver propulsé capitaine lorsqu'il est titulaire. Sur le banc face à la Biélorussie pour le premier match officiel de l'ère Blanc (0-1), Diarra avait ensuite retrouvé une place dans le onze de départ en Bosnie, avec à la clé son deuxième brassard (il avait porté le premier lors de l'ultime match en Afrique du Sud, soldé sur une défaite 2-1) et surtout une probante victoire 2-0 qui lui avait permis d'enchaîner deux titularisations face à la Roumanie (2-0) et au Luxembourg (2-0). Le match amical à Wembley face à l'Angleterre a changé la donne, avec une composition d'équipe plus offensive décidée par Laurent Blanc, en 4-1-4-1, qui a eu raison de l'ancien joueur du Bayern, relégué sur le banc au profit de Yann M'Vila, qui a réussi l'exploit en une poignée de matches de devenir un cadre de la "nouvelle" équipe de France. Et si Diarra est entré après l'heure de jeu, c'était après la démonstration collective des Bleus, à un moment où les partenaires de Benzema venaient de marquer un deuxième but et avaient décidé de gérer leur avance. La suite ? Toujours du yoyo, avec une titularisation de prestige face au Brésil (victoire 1-0), encore le brassard autour du bras, mais, pour le premier match à enjeu de l'année, vendredi dernier au Luxembourg, un retour sur le banc qui aura duré 90 minutes, Laurent Blanc n'ayant procédé à aucun changement. "Je me sens dans la peau d'un capitaine" Faut-il en déduire qu'Alou Diarra est devenu un remplaçant, même de luxe, aux yeux de celui qui en fit son capitaine aux Girondins ? Disons plutôt que sa présence dans le onze de départ dépend de l'adversaire et du schéma tactique mis en place par Laurent Blanc: si ce dernier décide de miser sur l'offensive dans son dispositif en 4-1-4-1 (ou 4-2-3-1 mais avec Gourcuff en relayeur à côté de M'Vila), comme ce fut le cas face à l'Angleterre ou au Luxembourg, le natif de Villepinte se retrouve sur le banc, si le "Président" a besoin de muscler son entrejeu, comme en Bosnie en septembre, Diarra et son impact physique redeviennent indispensables. Un statut un peu hybride pour un joueur qui, malgré ce rôle d'intermittent, reste un cadre de l'équipe de France, d'où son rôle régulièrement confirmé de capitaine. A ce titre, il reste dans les clous, se montrant peu disert lorsqu'on l'interroge sur une éventuelle déception de n'avoir pas débuté vendredi dernier au Luxembourg: "Je suis déçu quand l'équipe de France perd. Je me tiens à la disposition du coach, il connaît mes qualités, il me connaît par coeur. Je n'ai pas joué le match du Luxembourg, mais j'étais prêt pour ce match. Demain (mardi), il y a un autre match, je me prépare en conséquence", a-t-il ainsi expliqué lundi en conférence de presse au Stade de France. Reste que Diarra, le joueur le plus souvent nommé capitaine par Laurent Blanc depuis sa prise de fonction (quatre fois), tient à son statut, alors même que le "vrai" capitaine sera nommé en fin de saison, après la mini-tournée dans les pays de l'Est: "Oui, je me sens dans la peau d'un capitaine, maintenant on est plusieurs à postuler à ce rôle, c'est bien, ça responsabilise plusieurs joueurs, c'est important d'avoir plusieurs leaders." Tout comme il est important d'être un titulaire indiscutable pour porter le brassard...