Le paradoxe agenais

  • A
  • A
Le paradoxe agenais
Partagez sur :

Sensation de la première moitié de saison, Agen, brillant 4e du Top 14 avant son match en retard face à Toulon ce mardi, à Mayol, s'apprêterait pourtant à tourner le dos à son binôme Lanta-Deylaud que le club lot-et-garonnais ne devrait pas conserver en fin de saison. Une issue qui inquiète, voire même scandalise une frange des supporters encore marquée par la relégation du SUA consécutive au premier départ du duo en 2006.

Sensation de la première moitié de saison, Agen, brillant 4e du Top 14 avant son match en retard face à Toulon ce mardi, à Mayol, s'apprêterait pourtant à tourner le dos à son binôme Lanta-Deylaud que le club lot-et-garonnais ne devrait pas conserver en fin de saison. Une issue qui inquiète, voire même scandalise une frange des supporters encore marquée par la relégation du SUA consécutive au premier départ du duo en 2006. Un succès ce mardi, à Mayol, sur Toulon et Agen, moins de deux ans après son retour dans l'élite, pourrait s'installer sur le podium du Top 14, à la troisième place du classement dans le sillage du leader toulousain et de son dauphin clermontois. Une huitième victoire cette saison qui, pourtant, pourrait avoir un goût amer dans la bouche des supporters, dont le bonheur de revoir le SUA tutoyer les sommets est gâché. La faute à cette rumeur, qui n'en est plus une, et qui annonce le départ programmé en fin de saison du duo d'entraîneurs en place. L'avenir de Christian Lanta et Christophe Deylaud, sous les ordres desquels Agen s'est extirpé du purgatoire de la Pro D2 pour retrouver le haut niveau, ne s'écrirait plus en Lot-et-Garonne, le contrat des deux entraîneurs, arrivant à échéance en juin prochain, n'ayant pas vocation à être renouvelé sans que l'on sache exactement s'il s'agit de la décision du président Alain Tingaud ou d'un choix assumé des deux techniciens. Au terme des dernières entrevues entre les trois hommes, l'homme fort du SUA continue de certifier que rien n'est entériné et renvoie tout son monde à la fin d'année: "Je ne dirai plus rien jusqu'au 20 décembre", donne rendez-vous Tingaud, qui ce jour-là pourrait, à l'occasion d'un déjeuner-presse, réserver un cadeau de Noël plutôt indigeste à ses supporters... "J'annoncerai alors quels sont nos projets pour la saison prochaine et avec qui. Mais pour l'heure rien n'est décidé." Labit-Travers, le précédent à Montauban Reste que les Néo-zélandais Pat Lam (ex-Auckland Blues) et Ian Foster (ex-Waikato Chiefs) auraient été approchés. Surtout, la réussite de Lanta et Deylaud à la tête du club lot-et-garonnais n'est pas passée inaperçue et a suscité des convoitises du côté notamment de Bayonne, où l'on dit les deux hommes favoris à la succession de Jean-Pierre Elissalde et de son staff par intérim une fois que ce dernier aura mené à bien sa mission sauvetage de l'Aviron. Fraîchement élu à la présidence du club basque, Alain Afflelou, interrogé sur France 3 Aquitaine, ne s'est d'ailleurs pas caché de cette approche: "C'est vrai qu'ils font partie des choix potentiels", suivi de près par Elissalde, sondé par Canal+: "Ces noms ont été avancés à juste titre, mais rien n'est encore concrétisé." En attendant, aux abords d'Armandie et dans la ville, l'émotion est grande car on garde en mémoire les conséquences du premier départ des deux entraîneurs en 2006, qui avait précédé la relégation historique du SUA la saison suivante. Un traumatisme suffisant pour que certains supporters aient choisi de ne pas attendre la décision du président Tingaud, mais de faire pression sur ce dernier. Ovalie 47, l'une des quatre associations de supporters du club, a justement été créée en 2007 en plein émoi lié à la chute en Pro D2. Sa pétition "pour le maintien de Lanta et Deylaud", disponible sur le blog de l'association, a pour vocation à être diffusée sur l'ensemble du département. "On est écoeurés, il faut qu'on agisse maintenant, s'insurge son président Pierre Freyche, toujours dans les colonnes de Sud-Ouest. Les joueurs sont complètement déstabilisés, j'ai l'impression de revivre 2007. On court à la catastrophe, je ne sais pas comment ils vont finir la saison. Si les coachs ne sont pas reconduits, c'est la Pro D2, voire pire, qui nous attend dans quelques mois." Un discours alarmiste qui traduit surtout l'incompréhension d'un public placé devant la réalité du rugby pro. Lors de la saison 2008-2009, Laurent Labit et Laurent Travers, qui composait un autre duo d'entraîneurs à succès, n'avait pas hésité à annoncer en cours de saison à Montauban leur départ programmé pour Castres. Un choix responsable et assumé. Pas sûr qu'Agen offre un contexte aussi favorable et apaisé.