Le monde à l'autre bout du monde

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Le monde à l'autre bout du monde
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Eclaboussé par l'affaire Contador, le milieu du cyclisme va tenter de se recentrer, du moins le temps d'une course, sur la compétition. Les Championnats du monde de Melbourne s'achèvent dimanche matin par la course en ligne, avec le Belge Gilbert en favori, devant une meute de prétendants. Les Français, eux, attendent sagement de s'engouffrer dans une brèche.

Eclaboussé par l'affaire Contador, le milieu du cyclisme va tenter de se recentrer, du moins le temps d'une course, sur la compétition. Les Championnats du monde de Melbourne s'achèvent dimanche matin par la course en ligne, avec le Belge Gilbert en favori, devant une meute de prétendants. Les Français, eux, attendent sagement de s'engouffrer dans une brèche. Grande première en Australie Pour la première fois de son histoire, l'Australie reçoit les Championnats du monde de cyclisme sur route. Et comme le hasard fait bien les choses, le champion du monde sortant est australien, il se nomme Cadel Evans, sacré l'an dernier à Mendrisio. Jamais les meilleurs coureurs de la planète n'avaient fait un aussi long chemin pour se disputer le maillot arc-en-ciel. Il y a bien eu le Japon en 1990 avec la victoire du Belge Rudy Dhaenens à Utsunomiya. Mais, cette année, c'est aux antipodes que le peloton s'est donné rendez-vous, symbole de la mondialisation du cyclisme voulue par Pat McQuaid, le président de l'UCI. Melbourne, l'un des temples du tennis puisque la ville accueille le premier tournoi du Grand Chelem de la saison, sera le théâtre dimanche matin d'une course en ligne de plus de 260 kilomètres qui longera la baie avant de rejoindre le circuit de Geelong. Un parcours plus exigeant que prévu Les sprinteurs étaient au départ annoncés en grands favoris pour le titre mondial. Mais beaucoup ont revu leur jugement, estimant que le parcours conviendrait parfaitement à un puncheur. Après deux-tiers de course assez roulants, le circuit de Geelong, long de 15,9 kilomètres à boucler onze fois, comporte deux ascensions qui pourraient servir de rampes de lancement vers la victoire. "Ce n'est pas facile, avec deux côtes raides, la première ressemblant beaucoup à celle qu'il y avait l'année dernière aux championnats de Belgique à Aywaille", explique Philippe Gilbert. Le parcours semble en tout cas lui convenir, "parce que le début du circuit est technique et sinueux. Nous atteindrons le pied de la deuxième côte à faible allure. C'est ce qui la rendra particulièrement difficile". Même s'il passe bien les bosses, Mark Cavendish s'estime presque hors du coup: "Le parcours est sans doute trop dur pour moi. Je n'avais pas encore vu le circuit de mes propres yeux. Et d'après ce qu'on en disait je pensais que le maillot arc-en-ciel était accessible. Maintenant que j'ai pu le découvrir par moi-même, je dois revoir mes ambitions." S'il parvient à suivre les meilleurs, le Britannique sera l'homme à battre. Mais un favori se dégage: Philippe Gilbert. "Ça semble promis à Gilbert, même si ce sont les circonstances de course qui vont déterminer le vainqueur. Un championnat, c'est toujours compliqué. Mais Gilbert a le profil idéal pour s'imposer", nous a ainsi confié Anthony Geslin. Une ribambelle de prétendants Outre le Belge, plusieurs autres coureurs font les yeux doux au fameux maillot arc-en-ciel. Sylvain Chavanel les énumère: "Il y a pas mal de favoris qui sont cités tels que Philippe Gilbert, Fabian Cancellara, Filippo Pozzatto. Mais dans un deuxième temps, la course reste ouverte avec un circuit qui va faire mal aux jambes." Tout est donc envisageable, notamment pour les seconds couteaux comme les Australiens Simon Gerrans et Heinrich Haussler, les Espagnols Carlos Barredo, Samuel Sanchez et Luis Leon Sanchez. Sans oublier les sprinteurs comme Tyler Farrar, André Greipel et Oscar Freire, s'ils parviennent à suivre le rythme infernal de la fin de course. De son côté, Fabian Cancellara, pour la quatrième fois titré dans le contre-la-montre jeudi, vise un doublé inédit, une performance que Miguel Indurain avait failli réussir en 1995 à Duitama en Colombie, prenant l'or dans le chrono avant l'argent de la course en ligne derrière Abraham Olano. Les Français ont une carte à jouer Aucun des sept coureurs tricolores retenus par Laurent Jalabert ne fait figure de favori pour la victoire finale. Mais ce statut d'outsider pourrait leur permettre de créer la surprise, comme avait su le faire Anthony Geslin, dernier Français sur un podium mondial et médaillé de bronze à Madrid en 2005. Le coureur de la FDJ, présent à Melbourne, détaille la marche à suivre pour réussir un coup: "Si on est là, c'est que chacun d'entre nous a des qualités sur le terrain, mais ce ne sera pas évident. Il faudra soit partir dans un coup de loin, soit jouer avec les équipiers des "gros". Si l'un d'entre eux part, ils vont peut-être se marquer à la culotte. La tactique, ce sera de jouer un coup d'avance, et de ne pas être complexés." Sans complexe, c'est avec cet état d'esprit que Yoann Offredo et Cyril Gautier ont débarqué en Australie. Ils sont "jeunes et insouciants", pour paraphraser le titre de la biographie de Laurent Fignon. Le premier avait joué sa chance à fond dans le final de Milan-San Remo en début de saison. Alors pourquoi ne pas le refaire à Melbourne ?