Le Marrec: "Il faut que ça le fasse"

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Le Marrec: "Il faut que ça le fasse"
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Confronté à un calendrier difficile, Montpellier, sixième, n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre et doit impérativement dominer Ajaccio, samedi, à l'occasion de la 23e levée de Ligue A, s'il veut prétendre à un billet pour les play-offs. Débarqué l'été dernier dans l'Hérault, Loïc Le Marrec apporte toute son expérience à un jeune "groupe travailleur et ambitieux" et entend bien mener ses nouveaux coéquipiers vers la qualification.

Confronté à un calendrier difficile, Montpellier, sixième, n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre et doit impérativement dominer Ajaccio, samedi, à l'occasion de la 23e levée de Ligue A, s'il veut prétendre à un billet pour les play-offs. Débarqué l'été dernier dans l'Hérault, Loïc Le Marrec apporte toute son expérience à un jeune "groupe travailleur et ambitieux" et entend bien mener ses nouveaux coéquipiers vers la qualification. Loïc, l'étau se resserre en haut de tableau dans la course aux play-offs. Une victoire face à Ajaccio n'est-elle pas primordiale en vue d'une qualification pour le grand huit ? Oui, il n'y a qu'un seul objectif pour ce week-end, c'est de repartir avec les trois points face à Ajaccio. Rien n'est acquis, comme vous le dîtes, l'étau se resserre et on n'a pas une fin de championnat facile. Ce match est extrêmement important. Un succès est d'autant plus nécessaire que le calendrier ne vous est guère favorable avec la réception de Tours et un déplacement à Tourcoing qui pourrait s'apparenter à un match-couperet face à un concurrent direct. Complètement. Les autres équipes engagées dans la course aux play-offs sont un peu dans le même cas de figure que nous. Ajaccio est à notre portée. Ce sera compliqué car c'est une équipe qui joue bien, qui recommence à ramener des résultats. Ça va être dur mais il faut que ça le fasse. Comment expliquez-vous le revers en quatre sets concédé à la maison face à Paris le week-end passé ? On est passé à côté. Le rapport service-réception a largement tourné en leur faveur. La facilité voudrait qu'on dise qu'on a des joueurs blessés ou en méforme. C'est vrai, mais ça n'explique pas la défaite. On est dans le money-time du championnat, il n'y a qu'une chose qui compte c'est l'état d'esprit à présent. Tout le travail technique et tactique a été fait, maintenant, c'est le fait de vouloir gagner, de vouloir battre l'adversaire qui fera la différence. Ça ne suffit plus de bien jouer, il faut gagner. On a l'impression que Montpellier est en train de subir le contrecoup des efforts fournis tout au long de l'exercice. Qu'en pensez-vous ? Notre équipe ne peut bien jouer que si tout le monde est bon. On utilise beaucoup d'énergie dans notre jeu. Avant, on construisait nos victoires en se bagarrant sur tous les ballons, en ne lâchant rien. C'est ce qui faisait notre force et c'est ce qui nous manque actuellement. On ne joue pas mal mais on n'a pas cette petite flamme, cette petite énergie supplémentaire qui nous fait renverser les situations. Est-ce que c'est lié aux blessés, aux efforts fournis, je ne sais pas... "C'est parfois bon de calmer les esprits de temps en temps et de pousser un petit coup de gueule quand il faut" La pression se fait-elle ressentir dans les rangs montpelliérains à trois journées de la fin de la saison régulière ? On a une équipe assez jeune, on essaye de ne pas trop mettre de pression sur tout ça pour que chacun puisse jouer libéré. Néanmoins, on a tous des responsabilités. Il faut arriver à se mettre suffisamment de pression mais pas trop pour aborder les matches avec l'agressivité nécessaire. Car on est dans une situation de Coupe et si on perd, on ne passe pas. A 34 ans, vous êtes le vétéran de cette équipe montpelliéraine. On imagine que votre expérience est précieuse pour les jeunes pousses de l'équipe professionnelle. Les sentez-vous à l'écoute ? Oui, oui. Mon discours est bien perçu, écouté. On sent toute cette jeunesse qui veut éclater et même si je ne suis pas très interventionniste, un petit conseil de temps en temps, un peu d'expérience, ça peut faire du bien. C'est parfois bon de calmer les esprits de temps en temps en étant positif ou de pousser un petit coup de gueule quand il faut. On imagine qu'une qualification pour les play-offs serait une belle revanche après être passé tout près de la relégation administrative en Nationale 1 à l'intersaison. Oui, ce serait une petite victoire pour nous. Après tout ce qu'on a fait cette saison, ce serait une récompense également. On a quand même bien travaillé. Ce groupe est travailleur et ambitieux, c'est pour cela que ce serait amplement mérité. Vous êtes arrivés à l'intersaison à Montpellier alors que le club traversait une période délicate. Comment s'est passé votre intégration au sein du club héraultais ? Personnellement, c'était un peu compliqué. Dès mon arrivée, en juin, on a beaucoup discuté avec les joueurs et l'entraîneur pour pouvoir comment, de notre côté, on pouvait faire bouger les choses. On passait des coups de fil, on faisait appel aux journalistes afin qu'on parle de nous. L'intégration est passée par là et s'est faite assez rapidement. Avec moi, il y avait plusieurs autres nouveaux et donc tout le monde a dû faire des efforts pour s'intégrer dans l'équipe. "Tout se passe très bien physiquement jusqu'à maintenant, je touche du bois" Pourquoi avoir choisi de tenter l'aventure du côté de Montpellier après avoir évolué durant trois saisons à Tours? Pour plusieurs raisons. Déjà, c'est parce que l'entraîneur, Arnaud Josserand, est quelqu'un que j'apprécie beaucoup en tant qu'entraîneur mais aussi en tant qu'homme. Par rapport à cela, j'étais très inspiré pour venir. En plus, ça m'a permis de passer des diplômes pour mon après carrière, comme le BE2 ou les diplômes pour devenir entraîneur professionnel car tout ça se fait sur Montpellier, donc je me suis dit que si en plus de jouer au volley, je pouvais passer ces choses-là, ce serait du temps de gagner. Par ailleurs, on m'a proposé un projet sur trois ans. Et lorsque je me suis impliqué dans un club par le passé, ça a souvent été sous forme de projet de reconstruction de quelque chose. Quand le club n'est pas forcément très bien et se donne un peu de temps pour aller chercher le haut de tableau par exemple. Ce sont des choses que j'aime bien et c'est aussi pour cela que j'ai intégré le projet. A titre personnel, comment vous sentez-vous physiquement ? Bien, très bien même. J'ai souvent traîné des tendinites par le passé. Mais cette année, le fait d'avoir arrêté l'équipe de France m'a permis de me reposer, et a permis à mon corps de se rétablir. J'ai pu faire une saison complète en ne ratant pas un match ni un entrainement, et sans ressentir de douleur. Je ne dis pas qu'il n'y a pas un peu de fatigue de temps en temps, on fait quand même du sport de haut niveau. Mais tout se passe très bien jusqu'à maintenant, je touche du bois. Qu'est-ce qui vous avait poussé à prendre votre retraite internationale à l'été 2009 ? Beaucoup de choses. Au niveau familial tout d'abord, ça commençait à être dur pour moi, pour ma femme et mes enfants. Ça a beaucoup pesé dans la balance. Physiquement, je commençais à avoir du mal à enchaîner tout le temps le club et l'équipe de France. Je me suis dit qu'il était peut-être temps de me concentrer uniquement sur le club Et de le faire à fond plutôt que d'être en équipe de France à 60% et en club à 60%. Je me suis dit que ce n'était pas le bon fonctionnement pour moi. J'avais 33 ans, c'était pour moi le bon moment pour arrêter. Vous avez évolué dans quelques-uns des plus grands clubs français (Poitiers, Cannes, Tours), quel a été votre meilleur souvenir ? Le titre avec Cannes en 2005. C'était un titre de champion de France. J'en avais déjà eu un avant avec Poitiers mais à l'époque, je ne jouais pas beaucoup. Cette année était incroyable avec des play-offs incroyables où on avait failli sortir en quart de finale, une finale durant laquelle on avait eu dix ou onze balles de match contre nous et où on était revenu de nulle part pour l'emporter sur la fin. C'était une année avec un super groupe.