Le lock-out de la peur

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Le lock-out de la peur
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Si le lock-out, qui risque de paralyser la NBA à partir du 1er juillet prochain à moins que joueurs et propriétaires de franchises trouvent d'ici là un nouvel accord salarial, pourrait convaincre certains joueurs tricolores de revenir en France, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les Bleus dans l'optique de l'Euro 2011. Explications.

Si le lock-out, qui risque de paralyser la NBA à partir du 1er juillet prochain à moins que joueurs et propriétaires de franchises trouvent d'ici là un nouvel accord salarial, pourrait convaincre certains joueurs tricolores de revenir en France, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les Bleus dans l'optique de l'Euro 2011. Explications. Tony Parker et Alexis Ajinça à l'Asvel, Boris Diaw et Ronny Turiaf aux JSA Bordeaux, Mickaël Pietrus à Pau-Lacq-Orthez. Ces derniers jours, les plus folles rumeurs, confirmées ou non, circulent sur l'éventuel retour au pays de plusieurs internationaux français exilés en NBA. Des come-backs qui, bien sûr, feraient le plus grand bien au basket hexagonal, en mal d'exposition et de sensations depuis plusieurs années maintenant. Mais le lock-out qui devrait paralyser la ligue nord-américaine à partir du 1er juillet prochain, l'accord salarial entre joueurs et propriétaires de franchises arrivant à échéance le 30 juin, n'apportera peut-être pas que des bonnes nouvelles s'il se prolongeait un peu trop. "Tout le monde en parle, mais on ne sait pas trop ce qu'il va se passer. Les négociations vont débuter en juillet et on ne sait pas combien de temps elles vont durer", admettait il y a peu Tony Parker dans 20 Minutes. Lui a fait son choix: si le conflit traîne, il rejoindra Villeurbanne à la rentrée, club dont il est vice-président. "Je pourrais très bien évoluer dans une grosse équipe d'Euroligue à l'étranger, mais je ne le veux pas. J'ai déjà eu mon compte de gloire et de titres", a-t-il assuré dans Le Parisien. Une hypothèse qu'Alexis Ajinça n'exclut pas, lui non plus. "Ça pourra peut-être se faire...", nous a ainsi confié l'intérieur des Toronto Raptors. Avec eux et Mickaël Pietrus, qui a lui émis le souhait de revenir à Pau ou d'aller jouer en Espagne, la Pro A aurait une toute autre allure. Et la Pro B pourrait aussi être chamboulée puisque l'ailier des Charlotte Bobcats, Boris Diaw, ne serait pas contre l'idée de retourner à Bordeaux, une équipe qu'il préside et qui a validé ce week-end sa remontée après une saison en Nationale 1. "Boris a effectivement ça en tête, il nous en a fait part depuis pas mal de temps déjà, a révélé sur le site de Sud Ouest le manager aquitain Denis Lacampagne. Pour nous, ce serait bien à tous points de vue, aussi bien sportif que médiatique. Mais nous n'en sommes pas encore là." De Vincenzi: "Si on devait les assurer nous-mêmes, ça risque de coûter une fortune" Si contractuellement, il n'est pas certains que les joueurs NBA aient le droit de choisir leur destination, le lock-out pourrait avoir d'autres conséquences, plus néfastes pour l'équipe de France dans l'optique de l'Euro 2011, du 31 août au 18 septembre en Lituanie. "Si d'aventure devait arriver un lock-out, ça perturberait pas mal les opérations parce que ça voudrait dire que ces joueurs qui ont signé de nouveaux contrats, qui sont encore des contrats très élevés, devraient être assurés, expliquait récemment le directeur technique national, Jean-Pierre de Vincenzi, sur RMC. La question qui se pose est de savoir si la fédération française sera en mesure de sortir les sommes en question. Si on devait les assurer nous-mêmes, ça risque de coûter une fortune." Surtout pour des joueurs comme Tony Parker et Joakim Noah, qui ont prolongé leur contrat en début de saison pour des montants astronomiques. Selon Le Télégramme, le président de la FFBB, Jean-Pierre Siutat, a commandé une étude pour estimer le coût d'une telle prise en charge. "On aimerait bien que la Fiba Europe prenne les choses en main pour qu'on puisse mutualiser les assurances afin que ça revienne moins cher", notait-il au début du mois d'avril. Ce serait dans son intérêt, à moins que la fédération européenne ne veuille que sa compétition soit privée de la majorité de ses stars. Mais en a-t-elle les moyens ? La question vaut également pour la FFBB. Pour une fois que (presque) tout le monde veut venir en sélection...